L’entrepreneuriat social: un mécanisme pour répondre aux problématiques sociales

Améliorer les conditions de vie des citoyens  tout en créant de la valeur sociale, écologique et économique,  telle est la vocation de l’entrepreneuriat social.  Une forme  d’entrepreneuriat qui accorde toute son importance à l’intérêt général et vise la valeur sociale et écologique de l’activité économique plutôt que la maximisation du profit.

Néanmoins, l’attrait de cette filière reste à ce jour marginal et  requiert davantage d’efforts et de mobilisation pour sa promotion. 

Considéré comme un véritable vecteur de développement socio-économique des communautés, l’entrepreneuriat social se fixe comme objectif de répondre aux problématiques sociales et d’apporter des solutions à fort impact pour améliorer les conditions de vie des populations, tout en garantissant une rentabilité financière à l’entreprise.

Le secteur assure ainsi une double mission comme le souligne Adnane Addioui, président du Centre marocain pour l’innovation et l’entrepreneuriat social (MCISE).

 «L’entreprise sociale traite simultanément des besoins sociaux tout en créant de la croissance économique, de l’emploi et de la valeur ajoutée. Elle se fixe comme mission de créer un impact social positif dans sa région.»,  précise-il.

De ce fait, l’entrepreneuriat social revêt une importance centrale au sein de la société. En effet, cette dernière mobilise tous les  moyens possibles afin d’inventer de nouveaux business models et faire face aux nouveaux enjeux sociétaux, énergétiques et environnementaux liés notamment à la pandémie de Covid-19.

L’objectif étant de réduire les inégalités économiques et sociales et de répondre au mieux aux besoins des  populations, notamment les plus défavorisées.

Contraintes juridiques, financières, humaines…les défis sont nombreux 

Certes, de multiples programmes ont été lancés, au cours des dernières années, pour soutenir l’entrepreneuriat sous toutes ses formes. On cite à cet égard l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), le programme Intelaka ou encore Forsa… Néanmoins, ces derniers ne s’intéressent que très peu aux questions liées à l’entrepreneuriat social.

Il convient de signaler à cet égard que la promotion de cette filière requiert impérativement la mise en place d’un nouveau programme qui tiendra compte de ses spécifiés et particularités et lui permettra de surmonter les multiples défis et aléas qui se dressent devant elle et entrave son développement.

Dans ce sens, le MCISE a réalisé récemment, en partenariat avec Unesco Maghreb, un Policy Paper  sur les enjeux et perspectives de développement de l’entrepreneuriat social au Maroc.

Intitulée «Entrepreneuriat social au Maroc, Algérie et Tunisie : challenges et perspectives post-Covid »,la publication dresse une analyse de la capacité de résilience des entrepreneurs sociaux face aux défis imposés par la pandémie au Maghreb.

A cet effet, le document signale que les contraintes légales et juridiques constituent l’unes des entraves majeures à la promotion du secteur.

«L’absence d’un statut juridique clair qui représente fidèlement l’entreprise sociale : une nouvelle ancienne entrave qui ne cesse de réapparaître en tête de liste des défis relevés par les acteurs de l’entrepreneuriat sociaux.», précise-t-il, soulignant que l’entrepreneuriat social reste dérisoirement abordé avec des textes ne reflétant pas la réalité du terrain, malgré l’existence des lois régissant le secteur d’économie sociale et solidaire.

Par ailleurs, le policy paper pointe du doigt d’autre défis, mais qui sont, cette fois-ci, d’ordre financier. En effet, le secteur souffre  lourdement des insuffisances au niveau des financements, du manque des structures d’investissement dans les secteurs vitaux ainsi que de l’absence de mécanismes de financement prenant compte des spécificités des projets à caractère social.

Outre ces contraintes, d’autres défis humains et culturels s’imposent. Ces derniers se résument, selon l’étude, en trois axes, à savoir le manque de sensibilisation des parties prenantes à l’efficacité de cette filière. Ajoutons à cela, le manque de talents et d’expertise locale ainsi que le nombre limité de success-stories et de champions nationaux, sachant que la valorisation de ces cas permet de cultiver l’espoir chez les entrepreneurs sociaux en difficultés.

Ainsi, la promotion de l’entrepreneuriat social, en tant que secteur à fort potentiel, créateur de valeurs sociale et économique, nécessite une révision des stratégies et politiques mises en place.

Il ne sert absolument à rien de  promulguer des lois qui ne seront pas appliquées effectivement sur le terrain et ne porteront jamais leurs fruits.

Le développement du secteur est intrinsèquement lié à l’engagement et la mobilisation de tous les acteurs et exige une amélioration qualitative des programmes d’accompagnement et d’incubation afin de favoriser le développement des entreprises sociales.

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