Espagne: poursuites judiciaires contre le chef de la police catalane

Josep Lluis Trapero, chief of the Catalan regional police "Mossos D'Esquadra" gives a press conference in Barcelona on August 21, 2017. Spanish police said on August 21, 2017 that they have identified the driver of the van that mowed down pedestrians on the busy Las Ramblas boulevard in Barcelona, killing 13. The 22-year-old Moroccan Younes Abouyaaqoub is believed to be the last remaining member of a 12-man cell still at large in Spain or abroad, with the others killed by police or detained over last week's twin attacks in Barcelona and the seaside resort of Cambrils that claimed 14 lives, including a seven-year-old boy. / AFP PHOTO / LLUIS GENE

La justice espagnole “a convoqué en vue de leur inculpation” le chef de la police catalane ainsi qu’une de ses subalternes et deux dirigeants d’associations indépendantistes, dans le cadre d’une “enquête pour sédition”, a annoncé mercredi à l’AFP un porte-parole du tribunal.

L’enquête porte sur des faits survenus le 20 septembre, lorsque l’arrestation de 14 hauts responsables de l’exécutif séparatiste catalan avait provoqué d’importantes manifestations contre la Garde civile à Barcelone. Quatre personnes au total sont poursuivies: Josep Luis Trapero, chef des Mossos d’Esquadra, une autre responsable de la police régionale Teresa Laplana, ainsi que Jordi Sanchez et Jordi Cuixart, présidents des associations séparatistes Assemblée nationale catalane (ANC) et Omnium.

La convocation est liée “aux rassemblements et manifestations organisées pour empêcher par la force l’action des autorités et de ses agents dans l’exercice de leurs fonctions“, a précisé le porte-parole de l’Audience nationale, tribunal chargé des affaires complexes. Le 20 septembre, l’annonce des arrestations avait provoqué une manifestation de plusieurs milliers d’indépendantistes, encouragés par l’ANC et Omnium, devant le siège du département d’Economie de l’exécutif catalan à Barcelone où avaient lieu des perquisitions.

Les gardes civils n’avaient pas pu sortir du bâtiment jusqu’au petit matin et les manifestants s’en étaient pris à leurs voitures. Les Mossos d’Esquadra ont été accusés de ne pas être intervenus assez vite pour aider la Garde civile, ainsi que de ne pas avoir empêché l’ouverture des bureaux de vote lors du référendum d’autodétermination interdit dimanche, alors que la justice le leur avait ordonné.


L’annonce de ces convocations intervient au lendemain d’un discours du roi d’Espagne, lequel a assuré qu’il était de “la responsabilité des pouvoirs légitimes de l’Etat d’assurer l’ordre constitutionnel”.