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Et Dieu dans tout ça ?

Et Dieu dans tout ça ?

Par Gabriel Banon

On prête à André Malraux la célèbre phrase «le XXIe siècle sera religieux (spirituel) ou ne sera pas». Depuis l’avènement de ce siècle, les religieux, les fanatiques, les illuminés et le terrorisme dit religieux, font tout pour lui donner raison.

 La question n’est pas si le siècle sera religieux, mais si Dieu est toujours là pour les hommes.

La négation de l’existence de Dieu se répand auprès des adeptes du «politiquement correct» qui interprètent à leur façon René Descartes dans son Discours de la Méthode, pour justifier leur propre discours.

Dieu, qu’on l’appelle Être suprême, Architecte de l’Univers ou Puissance immanente, n’est pas le fruit de notre imagination, mais inspire la réponse à une nécessité, celle d’avoir des règles de vie pour accepter l’autre.

 La question de l’identité, à l’heure d’une globalisation sans merci, est, en grande partie, posée par la perte des repères, découlant souvent de l’absence de spiritualité.

Pendant le totalitarisme nazi et celui des communistes, plus de trois générations ont vécu sans contact avec la religion. Le retour des libertés de base a été, en même temps, le retour en force de Dieu.

L’absence de Dieu et des règles qu’il inspire, rendent le vivre ensemble illusoire et cette négation rend l’homme un loup pour l’Homme.

Même le philosophe Bento Spinoza, excommunié par les Rabbins d’Amsterdam, au prétexte qu’il niait l’existence de Dieu, ne l’a, en fait, jamais rejeté. Il s’offusquait de la représentation humaine que l’ancien testament en faisait et appliquait un raisonnement cartésien à sa lecture.

Les hommes politiques, défenseurs des droits de l’homme, ont, en Occident, combattu l’ordre divin, en s’attaquant à la famille, au principe fondamental qu’un enfant a droit à un père et une mère et que le mariage est une union sacrée entre un homme et une femme. Ils veulent faire du rôle fondamental de la femme un fond de commerce, sous le prétexte fallacieux du droit à l’enfant.

Ils ont combattu Dieu parce que, comme Spinoza l’a fort bien démontré, Dieu est aussi un instrument politique par excellence, qui agit puissamment sur les passions des hommes.

Pour Spinoza, Dieu est la puissance qui persévère à travers tous les êtres finis, et qui fait que chacun d’eux cherche à s’élever.

Le besoin du sacré, laissé orphelin par l’effondrement des grandes croyances collectives, se trouve désormais satisfait par le culte rendu aujourd’hui aux droits de l’Homme.

 Les tensions entre le politique et la religion ont toujours été un ressort majeur de l’histoire de l’Occident, liées à des crises et à des tournants historiques de grande importance. Elles constituent la racine dynamique de l’Occident dans l’histoire.

La montée du populisme et des extrêmes est la réaction du citoyen lambda devant l’agression des politiques. Ou bien nous sommes capables d’ouvrir une ère de spiritualité et de compréhension universelle dans laquelle la famille humaine saura dépasser toutes les divisions religieuses, ou bien nous prenons la voie de la radicalisation des religions, dans un mouvement qui ne conduira pas l’humanité vers plus d’intégrité, mais vers plus d’intégrisme.

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p style="text-align: justify;">Nier l’existence de Dieu n’est pas le signe d’une intelligence éclairée, mais la marque d’une solitude mortifère.  

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