Des experts décortiquent à Rabat la politique étrangère US suite à l’élection de Donald Trump

Republican presidential candidate Donald Trump speaks to supporters as he takes the stage for a campaign event in Dallas, Monday, Sept. 14, 2015. (AP Photo/LM Otero)

Plusieurs experts se sont penchés, vendredi à Rabat, sur les nouvelles orientations de la politique étrangère américaine et leurs impacts sur les relations de Washington avec de nombreux pays suite à l’élection de Donald Trump.

La victoire de Donald Trump dans la course à la Maison Blanche a surpris la majorité des observateurs, du fait que très peu d’experts avaient prédit son élection, a souligné d’emblée Robert Satloff, directeur exécutif du Washington Institute for Near East Policy (WINEP), à l’ouverture de cette rencontre co-organisée par le Centre Marocaine des Etudes Stratégiques et le WINEP.

Et de noter que c’est la première fois qu’un candidat n’ayant jamais occupé un poste gouvernemental ou fait partie de l’armée remporte les élections présidentielles américaines.

Lors de sa campagne, Trump a défini certains axes de sa politique étrangère, à savoir la destruction de l’Etat Islamique, l’adoption d’une ligne plus dure vis-à-vis de l’Iran et le renforcement des relations avec Israël, a-t-il dit lors de cette table ronde organisée sous le thème “Le président Trump, le Maroc et le Moyen-Orient : Défis et Opportunités”. S’agissant des relations entre Rabat et Washington, l’expert américain a estimé que le Royaume a un rôle important à jouer en ce qui a trait à la lutte contre le terrorisme, à l’élargissement des relations avec l’Afrique, au dialogue inter-arabe et à la relance des négociations israélo-palestiniennes, mettant en avant la longue amitié ainsi que le partenariat stratégique entre le Maroc et les Etats-Unis.


De son côté, le président du CMES, Mohammed Benhamou, a souligné que l’élection de Trump soulève beaucoup d’interrogations du fait de l’inexpérience et l’imprévisibilité du 45ème président des Etats-Unis. “Du temps de Barack Obama, la politique étrangère américaine était marquée par l’hésitation en particulier au Moyen-Orient et maintenant on constate que cette politique s’installe dans un nouveau cycle empreint d’ambiguïté et d’incertitudes”, a-t-il dit.

L’interventionnisme et les actions unilatérales ayant marqué la politique étrangère US à l’ère de Barack Obama ont eu des résultats catastrophiques dans certains pays, a relevé M. Benhamou, soulignant qu’il nécessaire aujourd’hui de réécrire les relations entre les Etats-Unis et le Moyen-Orient. S’agissant des relations maroco-américaines, l’expert marocain a souligné que le Maroc, havre de paix et de stabilité dans une région minée par les menaces et l’instabilité, a plusieurs atouts, à savoir sa stabilité, ses choix démocratiques irréversibles, son approche pragmatique et ses diverses relations basées sur des rapports win-win, notant que le Royaume demeure un acteur incontournable dans toutes les questions sécuritaires touchant la région, dont la lutte contre le terrorisme, le trafic d’armes et de stupéfiants ainsi que la criminalité transnationale.

“La nouvelle administration américaine aura besoin du Maroc dans ces dossiers”, a-t-il estimé, avant de souligner le rôle prépondérant du Royaume sur la scène africaine en termes de paix, de stabilité et de développement économique. Quant à Sarah Feuer, spécialiste de l’Afrique du Nord au Washington Institute for Near East Policy, il a souligné que les bonnes relations entre les Etats-Unis et les pays de l’Afrique du nord ont permis à la flotte américaine d’avoir une certaine liberté de mouvement en Méditerranée et de frapper certaines cibles terroristes, notamment en Libye.

Le Maroc est le pays de la région ayant les relations les plus privilégiées avec les Etats-Unis, a-t-elle poursuivi, rappelant l’accord de libre-échange signé entre les deux pays et la coopération croissante entre Rabat et Washington. L’experte américaine a aussi mis en avant le renforcement du leadership du Maroc sur la scène africaine en particulier dans les domaines économique et de sécurité, sans oublier le retour du Royaume à l’Union Africaine.