Face à l’impact mondial du conflit russo-ukrainien, l’ONU prône une réponse multilatérale

Face à l’impact du conflit en Ukraine qui se fait ressentir de plus en plus sur les systèmes d’alimentation, d’énergie et de finance dans le monde, les Nations Unies ont souligné l’urgence d’apporter une réponse concertée entre toutes les parties prenantes pour surmonter la crise actuelle.

Dans un rapport publié mercredi à New York, l’organisation internationale a appelé tous les pays à continuer à s’engager dans les fora multilatéraux afin de résoudre les problèmes alimentaires, énergétiques et financiers mondiaux inhérents à la crise en Ukraine.

« Tout retard dans la prise d’une action collective risque d’exacerber les perspectives déjà inquiétantes de l’économie mondiale« , a mis en garde ce rapport qui retrace l’impact mondial du conflit en Ukraine sur les systèmes d’alimentation, d’énergie et de finance.

Dans toutes ses dimensions, le conflit en Ukraine donne lieu à des effets en cascade sur une économie mondiale déjà éprouvée par le Covid-19 et le changement climatique, indique l’ONU qui relève des impacts « particulièrement dramatiques » sur les pays en développement.

Elle a, dans ce cadre, expliqué que l’Ukraine et la Russie font partie des greniers à blé du monde puisqu’elles fournissent environ 30% du blé et de l’orge du monde, un cinquième de son maïs et plus de la moitié de son huile de tournesol.

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Dans ce rapport réalisé par le Groupe mondial de réponse à la crise sur l’alimentation, l’énergie et la finance, l’organisation indique aussi que la Russie est le premier exportateur mondial de gaz naturel et le deuxième exportateur de pétrole, ajoutant que la Russie et la Biélorussie voisine exportent également environ un cinquième des engrais du monde.

Relevant que l’impact de la crise actuelle aura des séquelles profondes et prolongées dans le temps, l’ONU a jugé essentiel d’adopter des politiques à moyen et à long terme ainsi que d’agir immédiatement pour soutenir les pays en développement affectés par la crise.

Elle a, dans ce sens, appelé tous les pays et parties prenantes à reconnaître que la nature même des chocs mondiaux de plus en plus courants, est telle que les pays ne sont pas individuellement responsables et que, par conséquent, les solutions doivent être fondées sur le risque mondial, et non uniquement national.

Il est question aussi d’utiliser immédiatement et efficacement tous les mécanismes existants pour venir en aide aux pays directement touchés par le conflit mais aussi pour redresser les conséquences globales de cette crise dans les pays en développement, souligne le rapport.

L’organisation a, en outre, appelé le secteur privé, la société civile et les secteurs philanthropiques à apporter de l’aide aux populations les plus vulnérables de par le monde dans le cadre de solutions coordonnées, notant que les interventions fragmentées ne donneront pas les meilleurs résultats.

Commentant le rapport, le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a souligné que moins d’attention a été accordée à l’impact global et multidimensionnel du conflit russo-ukrainien dans un monde qui vit déjà au rythme d’une montée de la pauvreté, de la faim et des troubles sociaux.

Ce conflit alimente une crise tridimensionnelle – alimentaire, énergétique et financière – qui écrase certaines des personnes, des pays et des économies les plus vulnérables du monde, a-t-il indiqué lors d’une conférence de presse.

« Tout cela survient à un moment où les pays en développement sont toujours aux prises avec une série de défis qui ne sont pas de leur fait, à savoir la pandémie de COVID-19, le changement climatique et le manque d’accès à des ressources adéquates pour financer la reprise dans le contexte d’inégalités persistantes et croissantes« , a déploré le SG de l’ONU.

(Avec MAP)

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