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ONDH: Faible recours à l’intercommunalité, un outil « essentiel » de coopération

Le recours à l’intercommunalité au Maroc est faible en l’absence de mécanismes souples et incitatifs de coopération entre les communes, fait ressortir une évaluation de la gouvernance locale menée par l’Observatoire national du développement humain (ONDH).

Dans les espaces périurbains, cette intercommunalité « peut être vue comme un outil essentiel de solidarité, de coopération et de projets« , d’après « l’évaluation de la gouvernance locale et de la convergence territoriale des actions et de développement humain » dont les résultats ont été restitués mardi lors d’un webinaire co-présidé par le secrétaire général de l’ONDH, El Hassan El Mansouri et le Wali-Coordinateur national de l’Initiative nationale pour le développement humain (INDH), Mohammed Dardouri.

S’inscrivant dans le contexte des réformes territoriales à l’œuvre dans le Royaume, l’ONDH a fait le choix de mettre en place un cadre de suivi-évaluation de la gouvernance territoriale dont l’objectif est d’apprécier les avancées, mais aussi les limites inhérentes à la conception et à la mise en œuvre, à l’échelle communale, des programmes, projets et actions (PPA) de développement humain, indique un communiqué conjoint du département du chef du gouvernement et l’ONDH.

Cette évaluation, menée auprès d’un échantillon de collectivités locales a permis d’apprécier leur contexte politique et financier à des fins d’impulsion et de soutien des dynamiques de développement humain au niveau local. L’approche méthodologique adoptée a traité des dimensions liées aux capacités managériales des acteurs impliqués dans la mise en œuvre des PPA de DH, à la convergence de leurs actions respectives et à leur participation aux programmes, projets et actions de développement humain.

Selon le communiqué, l’évaluation relève une faiblesse des ressources humaines au niveau communal, ce qui est de nature à affecter la conception et la mise en œuvre des projets selon les normes requises, outre une tendance à la professionnalisation du tissu associatif rendue possible grâce à la mise en concurrence dans les procédures d’appel d’offres qui reste essentiellement limitée à la réalisation de prestation de services pour un opérateur technique.

Elle révèle, en outre, la présence d’entraves majeures à la mise en œuvre des programmes, projets et actions de développement humain dès lors que la capacité du conseil communal à créer du consensus politiques, à mobiliser des compétences humaines et des ressources financières, ainsi qu’à fédérer la société civile et d’autres partenaires autour des problématiques et des enjeux du développement est faible.

Une faiblesse de l’implication de la société civile dans la gestion et la planification en général a également été observée lors de l’évaluation qui relève, toutefois, que pour certains contextes socio-culturels spécifiques, la société civile est en mesure d’assurer le leadership nécessaire à la mise en convergence des efforts des différents acteurs pour la mise en œuvre des PPA de développement humain.

En sus, l’évaluation note l’importance du leadership porté par le Wali ou le Gouverneur pour dépasser les situations de blocage de PPA , « consécutives à la faiblesse des moyens financiers et humains des communes et à la déconcentration encore inachevée des départements sectoriels » et une gestion financière communale « partout problématique », aussi bien en zones rurales qu’urbaines« .

L’évaluation regrette une élaboration non concertée des documents de planification des différentes collectivités territoriales, ce qui nuit à la convergence des politiques publiques sur le terrain, ainsi qu’à leur efficacité.

A l’occasion de cette évaluation, les différentes échelles territoriales sont prises en compte. Ainsi, le niveau communal sera à nouveau privilégié comme lieu d’observation de la gouvernance des PPA de DH. La commune constitue un « acteur majeur » dans leur mise en œuvre et à ce titre, la dynamique communale, notamment le contexte politique et financier, les ressources humaines et la planification, « bénéficiera de toute l’attention nécessaire car elle conditionne le système de gouvernance des PPA« , souligne le communiqué.

Le rôle du cercle dans le nouveau contexte d’appropriation de la déconcentration s’avère « essentiel pour l’impulsion de l’intercommunalité et la construction de nouveaux espaces intermédiaires en milieu rural », regroupant des PPA et des services mutualisés, précise la même source. Cet échelon territorial s’impose désormais pour le recensement des PPA de DH et à ce titre, ses capacités à exercer des compétences intercommunales, à appuyer l’encadrement administratif des espaces concernés et à y accompagner les mutations démographiques, sociales et économiques, sont fondamentales.

« La région et la province sont des niveaux où se décident la priorisation, la localisation, la programmation et le financement des PPA de DH« , d’après les perspectives de cette évaluation. A ce titre, la mise en œuvre des principes de coordination et d’harmonisation des documents de planification (PAC, PDR et PDP) « devient une nécessité pour disposer d’une vision commune et partagée du développement local qui préciserait les besoins des populations à hauteur des capacités financières mobilisables par les communes« .

Le webinaire a connu la participation de représentants de départements ministériels, d’institutions de gouvernance, des chercheurs et praticiens et des représentants des agences des Nations Unies.

( Avec MAP )

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