France: démantèlement d’une filière d’immigration clandestine vers la Grande-Bretagne

immigration clandestine

Pris en charge à Paris et convoyés vers des aires d’autoroutes, les migrants embarquaient ensuite dans des camions pour la Grande-Bretagne: sept membres d’un réseau d’immigration clandestine ont été interpellés la semaine dernière, a annoncé lundi la police française.

Après un an d’enquête, “on estime que le réseau a fait entre 1,5 et 3 millions (d’euros) de chiffre d’affaire”, chaque migrant devant débourser 3.000 euros pour un passage, a expliqué à l’AFP Jean Arvieu, chef adjoint de l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre (Ocriest).

“Cela se passait spécifiquement sur les aires d’autoroutes de la région Bourgogne” (centre-est de la France), que les organisateurs, d’origine irako-kurde, “se sont appropriées à la suite de guerres de territoire” avec d’autres réseaux, a ajouté le commissaire.

L’Ocriest a pu établir que cette équipe, baptisée “la Pierrefitte connexion” par les enquêteurs, avait organisé l’essentiel de son activité criminelle depuis Pierrefitte-sur-Seine, dans le département de Seine-Saint-Denis, en région parisienne.

Le réseau, dont les membres étaient tous établis légalement en France, était organisé de façon “pyramidale” avec un chef irakien “installé régulièrement en France”, un “bras droit” de sa famille et des “passeurs chauffeurs” dont les véhicules étaient fournis “avec la complicité d’un garagiste pakistanais”, a détaillé M. Arvieu.


Au plus fort de l’activité, les chauffeurs passaient chaque soir dans le nord de Paris et en Seine-Saint-Denis pour prendre en charge des candidats au départ et les conduire à la nuit tombée sur les aires d’autoroutes de Bourgogne, avant de les aider à monter clandestinement dans des camions à destination de la Grande-Bretagne.

Aucune complicité chez les chauffeurs de camion n’a été découverte durant l’enquête.

Parmi les migrants figuraient surtout “des Irakiens, des Iraniens, des Afghans, des Syriens et des Pakistanais”, dont la Grande-Bretagne est souvent l’objectif final.

Il s’agissait souvent d’hommes jeunes, âgés de 20 à 35 ans, et de familles.


Parmi les sept interpellés, trois ont été écroués et quatre placés sous contrôle judiciaire, dans le cadre d’une information judiciaire ouverte par le parquet de Bobigny, près de Paris, pour aide à l’entrée et au séjour irréguliers et participation à une association de malfaiteurs.

( Avec AFP )