France : la comédie a-t-elle assez duré ?

France : la comédie a-t-elle assez duré ?

Par Gabriel Banon

La France qui devait reprendre sa marche en avant avec Macron, tourne en rond.Petit à petit, les « Gilets jaunes » ont transformé leur ras-le-bol, en un happening hebdomadaire agonisant.
Leurs revendications pour le pouvoir d’achat, contre les hausses du carburant, leur jacquerie fiscale, ont débouché sur un véritable nihilisme. Cette vieille tendance révolutionnaire des rejets des élites s’accompagne, à chaque manifestation, de heurts avec les forces de l’ordre et des dérapages inadmissibles.

Sans leader, sans projet, sans utopie mobilisatrice, ce mouvement fait penser à un serpent sans queue ni tête, qui s’agite sans savoir où il va.
Les Gilets jaunes, puisqu’ils s’appellent eux-mêmes comme cela, agrègent tous les extrémismes et donnent le champ aux idéologies les plus dangereuses pour qui ils ont libéré la parole.
Les médias leur offrent une caisse de résonnance qu’ils ne méritent plus, tellement ils se sont fourvoyés.

Ils avaient raison, lorsqu’ils se sont soulevés contre une fiscalité confiscatoire qui accapare 53% du PIB. Ils avaient raison lorsqu’ils ont réclamé un pouvoir d’achat décent, leur permettant de vivre dans la dignité. Toutes ces belles raisons sont, aujourd’hui, balayées par la violence et les dégâts qui accompagnent, chaque samedi, leurs manifestations.
Toutes leurs revendications sont balayées par les dommages causés à l’activité économique du pays.

Les Gilets jaunes, puisqu’ils s’appellent eux-mêmes comme cela, agrègent tous les extrémismes et donnent le champ aux idéologies les plus dangereuses pour qui ils ont libéré la parole.

Toute la sympathie qu’avait réunie leur mouvement, a été balayée par leurs outrances.

Ils se retrouvent, chaque samedi, de moins en moins nombreux, à un carrefour, devenu pour certains d’entre eux, le bal du samedi soir.
Le pouvoir malmené, a répondu par un débat national, des projets de plus d’impôts, l’instauration d’une taxe carbone flottante et d’une vignette poids lourds. Personne ne parle d’une diminution des dépenses publiques qui pourrait permettre une diminution des impôts.

Le grand débat va-t-il apporter une réponse aux questions posées ? Va-t-il aborder les enjeux vitaux pour l’avenir, le repositionnement de la France dans une Europe qui ne finit pas de se chercher, sa place dans un monde bousculé par le retour en force du nationalisme et du protectionnisme, et par le discours démagogue qui nourrit le populisme ?
Un débat sur de faux problèmes ne permettra pas de traiter les vrais.

Oublions le mythe de la démocratie directe qui détruit la démocratie représentative.

Oui, beaucoup d’élites ont failli à leur mission, mais on doit se souvenir que les révolutions, ce sont les élites qui les ont pensées et les bourgeois qui les ont faites.
Continuez à tourner, manèges, continuez à tourner dans un carrefour, tel celui de Raymond Devos dont toutes les sorties sont en sens interdit. Ce rondpoint est l’image d’une société bloquée qui cherche désespérément la porte de sortie. Vous avez cru voir en Macron l’homme providentiel attendu, le messie qui allait changer le monde. Il est, hélas, un homme, un politique, qui se trompe comme tous les autres hommes.

Continuez à tourner, manèges, continuez à tourner dans un carrefour, tel celui de Raymond Devos dont toutes les sorties sont en sens interdit

Tout au long de ces manifestations, on a entendu s’exprimer, sans retenue, la haine des riches et des bourgeois. Le fonctionnement de l’État, la marche de l’économie ont besoin d’eux comme ils ont besoin de toutes les forces vives de la Nation. Il faut raison garder.

Messieurs les Gilets jaunes, ne croyez-vous pas que la comédie a assez duré ?

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