France : la mobilisation des «Gilets jaunes» reconduite pour le 9ème samedi consécutif

France : la mobilisation des «Gilets jaunes» reconduite pour le 9ème samedi consécutif

Alors que le gouvernement se dit fin prêt pour le lancement, mardi, du grand débat national annoncé par le président Emmanuel Macron pour sortir de la crise des "Gilets jaunes", ce mouvement né sur les réseaux sociaux a maintenu sa décision de reconduire, samedi, sa mobilisation à Paris et dans d'autres villes de France.

Pour cet acte IX de la mobilisation, qui intervient dans le sillage de l’acte I organisé le 17 novembre dernier, les "Gilets jaunes" entendent changer de stratégie en choisissant, pour la première fois, une petite ville du centre de la France, en l’occurrence Bourges, comme principal point de rencontre.

Selon des sources du mouvement, citées par certains médias, le choix de cette ville s’explique par le fait qu’elle soit "un peu moins connue des forces de l'ordre, pour éviter qu'il y ait du +nassage+ (encerclement) de fait, que la tension monte".

En tout cas, les autorités s'attendent à ce que la mobilisation soit "plus forte" que celle de la semaine dernière partout en France, a indiqué le directeur général de la police nationale (DGPN), Éric Morvan, sur France Inter.

Sur l'ensemble du territoire, "nous anticipons le fait qu'on puisse revenir à un niveau de mobilisation qui se situe avant les fêtes de Noël", a-t-il affirmé.

A Paris, "nous pensons que la mobilisation sera plus forte que samedi dernier d'une part et que le comportement au sein des groupes qui seront présents sera marqué par plus de radicalité, plus de tentations de violences", a déclaré pour sa part le préfet de police de Paris, Michel Delpuech.

Plusieurs responsables gouvernementaux ont lancé, tout au long de la semaine, des messages de fermeté à l'endroit des manifestants. "A l’ultra violence, nous opposerons l’ultra fermeté", avait notamment affirmé le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, il y a trois jours, lors des traditionnels voeux aux forces de l'ordre.

Sur le terrain, les autorités ont décidé de renforcer le dispositif de sécurité pour atteindre celui de début décembre afin d’éviter que les violences du week-end dernier ne se reproduisent pas.

Pas moins de 80.000 policiers et gendarmes seront ainsi mobilisés dans toute la France samedi, dont 5.000 à Paris. De même, 14 véhicules blindés seront déployés.

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L'objectif des forces de l'ordre reste "de quadriller, être mobile, être réactif, interpeller très vite dès que des dérapages se produisent", a expliqué le préfet de police de Paris.

Pour cela, des "détachements d'intervention rapide", composés notamment de fonctionnaires des brigades anticriminalité (BAC), doivent sillonner la capitale, a-t-il indiqué.

Outre Paris et Bourges, d'autres rassemblements sont annoncés dans plusieurs autres villes : Bordeaux, Marseille, Toulouse, Lyon, Strasbourg, Lille, Nantes ou Rennes.

Lundi dernier, le gouvernement français avait annoncé son intention de durcir les sanctions contre "les casseurs" et les manifestations non déclarées et de renforcer le dispositif de sécurité, au lendemain des violences ayant émaillé l'acte XIII de la mobilisation des «Gilets jaunes».

«Aujourd'hui, si l'on veut défendre la liberté de manifester (...) il faut faire évoluer notre droit et compléter notre dispositif législatif", avait indiqué alors le Premier ministre Edouard Philippe sur TF1, ajoutant que le gouvernement est «favorable» à ce que la loi soit modifiée et pour «sanctionner ceux qui ne respectent pas cette obligation de déclaration [de la manifestation]".

Selon le Premier ministre, il y a eu «plus de 1000 condamnations et 5.600 gardes à vue» depuis le début de la mobilisation des «Gilets jaunes», estimant que le mouvement «se réduit désormais à une minorité radicalisée».

Samedi dernier, la mobilisation des «Gilets jaunes» qui a réuni près de 50.000 personnes, avait connu un certain nombre de débordements, notamment une intrusion à l’aide d’un engin de chantier au sein des locaux du porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux, à Paris.

La capitale parisienne avait été également le théâtre de plusieurs incendies, dont une péniche et quelques véhicules près des Champs-Elysées et sur le boulevard Saint-Germain.

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