France : Le «Grand débat national» lancé officiellement par le président Macron

France : Le «Grand débat national» lancé officiellement par le président Macron

Le président français Emmanuel Marcon a procédé, mardi à Grand Bourgtheroulde (Eure-nord de la France), au lancement officiel du «Grand débat national» auquel il avait appelé dans le sillage de la crise des «Gilets jaunes», mouvement né sur les réseaux sociaux en protestation contre la politique sociale et fiscale du gouvernement.

Intervenant devant les maires de Normandie, réunis pour l'occasion, le chef de l'Etat français a souligné notamment la nécessité d’une discussion «sans tabou».

«Il y a 35 questions» dans la lettre aux Français (adressée dimanche par M. Macron aux Français, Ndlr), mais «au-delà de celles qui sont écrites, toutes les questions sont ouvertes», a indiqué le président Macron soulignant que «s'il y a des questions intelligentes et des sujets que je n'ai pas vus qui émergent, ils seront aussi pris».

Ce déplacement en Normandie est le premier d'une série de rendez-vous de M. Macron dans les douze autres régions de France en vue d'accompagner cette grande consultation nationale.

Le chef de l'Etat français a évoqué, à cette occasion, une série de «fractures » -«territoriale», «économique», «démocratique» - qui ont fragilisé les classes moyennes et préparé, selon lui, l'éruption de la crise des «Gilets jaunes» depuis novembre 2018.

«Toutes ces fractures, on les a devant nous, et d'un seul coup, les choses s'effritent», a-t-il affirmé.

«Je pense qu'il ne faut pas du tout en avoir peur. Il faut refuser la violence parce qu'il ne sort rien de la violence. Il faut refuser la démagogie parce que l'addition des colères n'a jamais fait une solution, mais il nous faut construire les voies et moyens de construire des solutions pour le pays », a-t-il insisté.

Le «Grand débat national» a pour objectif déclaré de promouvoir le dialogue et les échanges sur les questions sujettes à contestation en vue de parvenir à des solutions qui puissent contenter les uns et les autres.

Prévu pour durer jusqu’à la mi-mars, ce débat, dont les contours ont été définis dimanche soir par M. Macron dans une lettre adressée aux Français, se déroulera autour de quatre thèmes principaux fixés par le gouvernement, à savoir : la transition écologique, la fiscalité et les dépenses publiques, la démocratie et la citoyenneté et l’organisation de l’Etat et des services publics.

Dans sa lettre, le président Macron avait notamment proposé de «bâtir», à travers ce Grand débat, qui ne sera «ni une élection, ni un référendum», un «nouveau contrat pour la Nation».

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«Vos propositions permettront donc de bâtir un nouveau contrat pour la Nation, de structurer l'action du Gouvernement et du Parlement, mais aussi les positions de la France au niveau européen et international», avait-il affirmé. «Je vous en rendrai compte directement dans le mois qui suivra la fin du débat», avait-il promis à l’adresse des Français en précisant que «tout ou presque sera sur la table».

Le chef de l’Etat français avait égrené, dans sa lettre, une trentaine de questions soumises à la concertation sur les quatre thèmes retenus, exhortant les citoyens à participer massivement à ce débat.

Faisant allusion aux manifestations à répétition des «Gilets jaunes» depuis le 17 novembre dernier, le chef de l'Etat français avait assuré qu'il entendait «transformer avec vous les colères en solutions».

Outre les thèmes retenus, les Français ont toute latitude d’en proposer d’autres sujets les intéressant.

«Pour moi, il n’y a pas de questions interdites. Nous ne serons pas d’accord sur tout, c’est normal, c’est la démocratie. Mais au moins montrerons-nous que nous sommes un peuple qui n’a pas peur de parler, d’échanger, de débattre», avait affirmé le président Macron.

«Evidemment, la parole est libre. Ceux qui viendront s'exprimer pourront le faire librement», avait souligné pour sa part le premier ministre, Edouard Philippe.

Sur le plan pratique, le principe de cette consultation sera d'organiser des discussions à l'échelon du quartier, dans les mairies, sur les marchés ou les lieux de travail.

Chaque français peut organiser un débat, en s'aidant d'un kit méthodologique comprenant notamment des cartes et des données, proposé par la Commission nationale du débat public (CNDP), autorité indépendante qui chapeaute l'organisation de la concertation. Une plateforme en ligne sera également mise en place pour recueillir les contributions des citoyens.

Le premier ministre français avait exprimé, à cet égard, la volonté de son gouvernement de répondre aux attentes des Français et de les associer «plus directement» à l'élaboration des politiques publiques du pays.

M. Philippe avait souligné, par la même, le rôle important que les Maires, présentés comme pivots locaux de ce débat, seront amenés à jouer pour faciliter les «réunions d'initiative locale».

Le premier ministre avait évoqué aussi «des conférences citoyennes régionales» qui «permettront à une centaine de Français tirés au sort dans chaque région, à la fin du processus, de pouvoir donner leur avis sur ce qu'ils ont entendu (...) et de venir ensuite nourrir la réflexion du Parlement, du gouvernement et du président de la République».

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