France : Les étudiants marocains de l’X font leur rentrée

©École polytechnique – J.Barande

Avec environ 300 nouveaux étudiants internationaux et plus de 88 nationalités présentes sur le campus, c’est dans un contexte particulier, marqué par la crise sanitaire, que l’École Polytechnique fait sa rentrée cette année. Parmi ces 300 nouveaux étudiants, 43 Marocains poursuivent leur cursus au sein de cette école, l’une des plus prestigieuses de France, faisant ainsi du Royaume la deuxième nationalité la plus représentée derrière la Chine. Alors que la France est parmi les pays les plus touchés par la Covid, quelle technique d’enseignement l’X a-t-elle adoptée pour concilier efficacité et sécurité ? Comment les étudiants marocains vivent-ils cette rentrée ?

L’école Polytechnique a adapté son modèle pédagogique en favorisant un équilibre entre le présentiel et le distanciel : les cours magistraux se feront préférentiellement à distance, tandis que les travaux dirigés et les cours en effectifs réduits se feront en présentiel, nous explique Gaëlle le Goff, directrice des relations internationales de l’X. Des modèles pédagogiques innovants ont été développés avec la cellule e-learning permettant de mettre en place une pédagogie alternative favorisant l’apprentissage et l’interaction tout en préservant les mesures sanitaires. Certains enseignements (sport, cours de langue, HSS) seront organisés selon des modalités spécifiques, dépendant fortement du contexte sanitaire. En cas de reconfinement ou pour les étudiants qui n’ont pas pu se rendre sur place, l’X a recours au MOOCs lancés en 2013. Elle a donc pu assurer la bascule numérique de ses enseignements dès le début de la période de confinement. Les étudiants ne pouvant rejoindre le campus bénéficient d’une offre de cours en ligne, via la plateforme Moodle, leur permettant de valider leurs crédits. Les activités militaires sont encadrées par les règles en vigueur dans les armées et applicables à tous les élèves officiers français du Cycle Ingénieur Polytechnicien.

Gaëlle le Goff, Directrice des relations internationales ©École polytechnique – J.Barande

Adoption du contrôle continu comme système de notation et suivi rigoureux
Pour l’évaluation des connaissances, le contrôle continu est favorisé pour les cours scientifiques. Des modalités d’examens en présentiel particulières seront définies pour les contrôles classants du Cycle Ingénieur. Un suivi de l’assiduité et de la progression des étudiants sera mis en place avec les professeurs et la cellule e-learning permettant de suivre à la fois les étudiants présents sur le campus et ceux à distance. Par ailleurs, l’X a pris la décision d’annuler cet automne les périodes de formation humaine et militaire à l’étranger qui font partie de la première année du cursus du Cycle Ingénieur Polytechnicien (une période de 4 à 6 mois qui commence à partir du mois d’octobre). L’ensemble des périodes de formations humaine et militaire auront lieu en France cette année. Les équipes des relations internationales ainsi que les équipes pédagogiques des différentes formations restent en contact avec l’ensemble des élèves quotidiennement. L’École polytechnique présente également l’avantage d’avoir une Direction de la Formation humaine et militaire qui, sur les parcours de Bachelor et Cycle Ingénieur, encadrent la vie étudiante et ont un contact privilégié avec les étudiants. Le retour à une vie de campus plus animée demeure un objectif partagé par toute la communauté polytechnicienne. Les activités des élèves et personnels et plus généralement la vie étudiante et professionnelle sur le campus sont accompagnées avec les adaptations nécessaires, afin d’offrir la meilleure expérience possible à tous dans un cadre contraint.

Témoignages d’étudiants marocains

Kenza –  1re année du Master STEEM (Energy Environment : Science Technology and Management)


« J’ai passé l’été au Maroc et effectivement, je craignais le moment du départ pour l’étranger. Les frontières du Maroc ont longtemps été fermées, mais les étudiants à l’étranger ont pu quitter le territoire en août. Pour ma part, j’ai fait mon visa étudiant français au Maroc avant de partir pour la Suisse en août (mon pays de résidence jusque-là), puis après quelques jours, j’ai pris le train pour Paris. Le tout s’est fait sans soucis, mais c’est vrai que le processus était un peu stressant en raison de l’instabilité globale de la situation. Heureusement, je me trouve aujourd’hui à Paris et je pourrai être présente pour la rentrée. »

« En ce qui concerne le suivi des cours, le Master que je m’apprête à faire a pour particularité d’être très international. Je me réjouissais à l’idée de rencontrer ma promotion et de créer des liens d’amitié avec tout le monde, il y aura sûrement des étudiants qui ne seront pas sur le campus les premières semaines, ce qui est un peu atypique par rapport à une rentrée en temps normal. Par ailleurs, il est fort probable qu’une bonne partie des cours se fasse en ligne, ce qui pourra changer l’ambiance que nous retrouvons habituellement lors des cours en présentiel. »

Ines Benbrahim – 1e année du programme Bachelor of Science

©École polytechnique – J.Barande

« En tant qu’étudiante marocaine, me rendre en France était régi par de nombreuses conditions (autorisation exceptionnelle de la préfecture, visa étudiant, test PCR…). Fort heureusement, malgré certaines procédures astreignantes, j’ai pu prendre un vol vers Paris 10 jours avant la rentrée. Quant à ma rentrée à l’École polytechnique, les semaines d’intégration se font en distanciel et sur campus, dans la mesure du possible et tout en respectant les consignes sanitaires en place. J’ai eu la chance de pouvoir me trouver sur le campus de l’X dans les délais. De plus, j’ai fait la connaissance de personnes de tous les horizons, j’ai échangé avec une équipe administrative et pédagogique d’un professionnalisme hors pair, j’ai participé à des cours enrichissants, je me suis surpassée au sport, j’ai fait des projets stimulants : j’ai appris la vie d’étudiant à l’X. Au final, le contexte inédit ne m’empêche pas de profiter de cette expérience extraordinaire ».


« Personnellement, j’ai la chance de vivre sur le campus depuis la rentrée. Je suis mes cours en visioconférence avec tous les étudiants de ma promotion dans l’attente de l’arrivée de toutes et tous. C’est pourquoi je bénéficie d’une véritable expérience étudiante malgré le distanciel. Bien sûr, je ressens une certaine différence par rapport au fait de ne pas pouvoir avoir cours en amphithéâtre ou en classe, mais cela ne donne lieu à aucun manquement. Grâce aux efforts d’adaptation de l’équipe pédagogique et des étudiants, tout se déroule correctement. »