France : les «Gilets jaunes» dans la rue pour le 11ème samedi consécutif

Gilets jaunes

Des centaines de «Gilets jaunes» sont descendus depuis les premières heures de la matinée dans les rues de plusieurs villes de France dans le cadre de leur 11ème samedi consécutif de mobilisation contre la politique fiscale et sociale du gouvernement.

Cette nouvelle journée de protestation, qui n’enregistre pas jusqu’à présent d’incidents majeurs, intervient alors que le président Emmanuel Macron poursuit son périple à travers les régions du pays pour aborder avec les Maires et les citoyens les différentes doléances qui s’expriment ça et là et qui tournent en général autour du renforcement du pouvoir d’achat.

Outre des rassemblements notamment à Paris, Bordeaux, Strasbourg, Montpellier et Evreux, des nocturnes sont proposées, pour la première fois, sur les réseaux sociaux par le groupe «Nuit Jaune».

Ces nocturnes ont pour objectif de créer un lieu d’«expression citoyenne sans violence», qui servira à «débattre, échanger et revendiquer nos véritables doléances», selon leurs initiateurs.

Cet acte XI de la mobilisation des «Gilets jaunes» intervient aussi à un moment où une contestation a surgi au sein du mouvement après l’annonce de la présentation d’une liste, en son nom, pour les élections européennes du 26 mai prochain.


Des partisans du mouvement «Ralliement d’initiative citoyenne» (RIC) ont en effet officiellement constitué, mercredi dernier, une liste menée par Ingrid Levasseur, aide-soignante et l’une des nombreuses figures de ce mouvement social.

«Le mouvement social citoyen né dans notre pays le 17 novembre 2018 fait apparaître la nécessité de transformer la colère en un projet politique humain, capable d’apporter des réponses aux Français qui soutiennent le mouvement depuis des mois», avait indiqué à ce propos un communiqué du RIC.

→ Lire aussi : France : des « gilets jaunes » présentent une liste aux élections européennes

Cette liste est composée de dix noms, en vue de constituer une liste complète de 79 candidats d’ici à mi-février, avait précisé la même source.


Mouvement apolitique né sur les réseaux sociaux, les «Gilets jaunes» mènent depuis plus de deux mois une mobilisation inédite sous forme de rassemblements et de manifestations.

Chaque samedi, ils sont des dizaines de milliers à investir les rues des principales villes de France, notamment de Paris, épicentre de la contestation.

Face à cette grogne, l’exécutif français a annoncé des mesures sociales d’un coût évalué à 10 milliards d’euros et lancé un «Grand débat national» autour des principales questions sujettes à la contestation sociale.

Mais ce «Grand débat» ne semble pas faire l’unanimité et laisse sceptique une bonne partie de Français.


Samedi dernier comme celui qui l’a précédé, les «Gilets jaunes» ont mobilisé près de 84.000 manifestants dans toute la France, un nombre en nette hausse par rapport à celui enregistré lors des fêtes de fin d’année et qui laissait à penser que le mouvement commençait à s’essouffler.

Au lendemain de l’acte XI, les «foulards rouges» devraient défiler dimanche à Paris lors d’une «marche républicaine des libertés» pour faire entendre «la majorité silencieuse» et défendre «la démocratie et les institutions».