France : Plus de 70 plaintes déposées contre le gouvernement

Reuters

La France commence à peine à voir le bout du tunnel de Covid qu’une liste de plaintes déposées contre le gouvernement voit le jour. Plus de 70 plaintes auraient été déposées par des médecins, des détenus, des élus ou des candidats aux élections municipales, auprès de la Cour de Justice de la République, l’instance habilitée pour juger les membres du gouvernement.

Plus de 70 plaintes auraient été déposées depuis le début de l’état d’urgence sanitaire contre le gouvernement français. Ces plaintes visent plusieurs membres pour leur gestion de la crise sanitaire dont les plaignants estiment avoir été victimes. Ainsi, la quasi-totalité des ministres est visée, à savoir le Premier ministre Edouard Phillipe, le ministre de la Santé Olivier Véran ainsi que sa prédécesseure Agnès Buzyn, ou encore le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner. Le président de la république lui, aurait été visé par quatre plaintes mais son immunité le protège durant toute la durée de son mandat. Les ministres seraient alors accusés de « mise en danger de la vie d’autrui, non-assistance à personne en danger et homicide involontaire ».

Les plaignants se sont basés sur l’article 223-7 du code pénal, qui stipule que « quiconque s’abstient volontairement de prendre ou de provoquer les mesures permettant, sans risque pour lui ou pour les tiers de combattre un sinistre de nature à créer un danger pour la sécurité des personnesest puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende ».

En effet, les propos controversés et contradictoires de certains d’entre eux, ont créé la polémique. C’est le cas d‘Agnès Buzyn, qui le 17 mars a déclaré : « Je savais que la vague de tsunami était devant nous. Le 30 janvier, j’ai averti Edouard Philipe que les élections ne pourraient se tenir, c’était une mascarade ». Pourtant en janvier, celle-ci-informait que le risque d’importation du virus en France était très faible. La polémique sur la question des masques a également été remise sur le tapis, ainsi que les cas de contaminations dans les prisons et lors des élections municipales.

Ces plaintes représentant un enjeu politique important, le Sénat a lancé une commission d’enquête, durant laquelle les ministres visés pourraient être auditionnés dans les semaines à venir.