La France rend un hommage solennel à ses enfants martyrs

 

“Ceux qui sont tombés le 13 novembre incarnaient nos valeurs, et notre devoir est plus que jamais de les faire vivre. Nous ne céderons ni à la peur, ni à la haine. Et si la colère nous saisit, nous la mettrons au service de la calme détermination à défendre la liberté”.

C’est ainsi que François Hollande, président de la République, a entamé son discours poignant lors de la cérémonie émouvante qui a eu lieu, ce vendredi matin, dans l’enceinte des Invalides, monument historique, au coeur de Paris, où sont enterrées les grandes figures de l’Histoire de la France dont Napoléon.

Deux semaines après les pires attentats de son histoire, La France a rendu un hommage national troublant, aux 130 morts et aux 350 blessés des attaques barbares, en présence des familles des victimes, de la société civile et des ambassadeurs étrangers (les victimes sont issues de 31 pays).

L’émotion était à son paroxysme. Outre les membres du gouvernement, de nombreuses personnalités représentant l’ensemble de l’échiquier politique étaient présentes, notamment l’ancien président Nicolas Sarkozy, les ex-Premiers ministres Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin, François Fillon et la maire socialiste de Paris, Anne Hidalgo.


Une cérémonie forte et intense qui symbolise la solidarité du peuple français dans ces moments de deuil national auquel ont pris part  quelque 2.600 personnes. Cet hommage a été présidé par François Hollande, qui venait juste de rentrer de Moscou  où il a poursuivi, jeudi, ses efforts pour renforcer la coalition militaire internationale contre le groupe Etat islamique (EI), qui a revendiqué les attentats du 13 novembre.

Le président François Hollande a “promis solennellement” de “détruire l’armée de fanatiques” qui a commis ce massacre.
Toutefois, quelques familles des victimes ont décidé de boycotter la cérémonie, pointant du doigt le gouvernement socialiste et l’accusant de ne pas avoir réagi avec suffisamment de fermeté après la première vague d’attentats à Paris, en janvier, revendiqué alors par l’EI. Rappelons que 17 personnes avaient péri dans des attaques contre le journal satirique Charlie Hebdo, des policiers et un supermarché cacher.
Invités à s’associer à l’événement en brandissant le drapeau bleu-blanc-rouge à leurs fenêtres, peu de Français semblaient avoir répondu à l’appel, ce vendredi.

La cérémonie était retransmise, en direct, sur plusieurs chaînes de télévision auxquelles les autorités ont demandé de ne pas faire de gros plans sur les victimes et leurs proches.

La cérémonie était empreinte de sentiments profonds et d’émotion. Après une Marseillaise, l’hommage s’est ouvert sur une interprétation émouvante par trois femmes de “Quand on n’a que l’amour” du chanteur belge Jacques Brel.


Après, François Hollande a dénoncé “une horde d’assassins” ayant agi “au nom d’une cause folle et d’un Dieu trahi” rapporte l’AFP.

“C’est cette musique qui était insupportable aux terroristes. C’est cette harmonie qu’ils voulaient casser, briser, c’est cette joie qu’ils voulaient ensevelir dans le fracas de leurs bombes. Eh bien, ils ne l’arrêteront pas”, a dit le président de la République.

“Et comme pour mieux leur répondre, nous multiplierons les chansons, les concerts, les spectacles, nous continuerons à aller dans les stades et notamment au stade si bien nommé, le Stade de France, à Saint-Denis”, a poursuivi M. Hollande.

“Malgré les larmes, cette génération est aujourd’hui devenue le visage de la France”, a déclaré le chef de l’Etat en conclusion de son discours, où il avait souligné que les victimes “avaient tous les âges”, mais que “la plupart avaient moins de 35 ans”.


Christophe, 48 ans, Lola, 17 ans… La triste litanie des noms des victimes, fauchées à des terrasses de café ou dans la salle de concerts du Bataclan, a ensuite été lue en alternance par deux voix, une féminine et une masculine, devant une assistance debout.

Encore une fois, les Français se sont réunis autour de la musique pour montrer que l’amour du pays demeurera plus fort que le terrorisme.

 

Souad Mekkaoui est la Directrice de la Rédaction de « Maroc diplomatique ». Une passion pour l’écriture et un irrésistible désir de communiquer. Auparavant professeur de langue française, écrivaine et aujourd’hui journaliste en charge de « Maroc diplomatique » dans ses versions écrite et numérique, Souad Mekkaoui, auteure de Plus forte que la souffrance et Femmes au purgatoire, elle est aussi une femme engagée avec sa plume contre les abus de tous genres, sociétaux et moraux. Son style s’inspire de l’impertinence, il nous livre en revanche une vision pertinente des choses, il questionne…