Grève de trois jours des médecins et pharmaciens de la santé publique en Tunisie

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Les médecins, médecins dentistes et pharmaciens de la santé publique en Tunisie observent, à partir de ce lundi, une grève générale de trois jours, en signe de protestation contre “la dégradation de leur situation sociale et sanitaire”.

D’après le secrétaire général du syndicat des médecins, médecins dentistes et pharmaciens de la santé publique, Noureddine Ben Abdallah, “la grève concerne tous les médecins exerçant dans les centres de santé de base, les hôpitaux locaux, régionaux et hospitalo-universitaires, les médecins spécialistes de la santé publique et les médecins dentistes, pharmaciens et médecins temporaires, contractuels et contrôleurs”.

Dans des déclarations à la presse, Ben Abdallah a fait savoir que “tous les services de santé seront suspendus y compris vaccination contre le coronavirus (Covid-19) et le prélèvement d’échantillons à l’exception des services des urgences et de dialyse avec le port du brassard rouge durant la grève”.

Le même responsable a affirmé que ce mouvement intervient après l’échec de la réunion de négociation, tenue samedi avec la partie gouvernementale consacrée aux différentes revendications professionnelles dans le secteur.

Le responsable a fait savoir que la partie syndicale a constaté “un manque de sérieux de la part du gouvernement dans le traitement des revendications professionnelles des médecins, et pharmaciens de la santé publique”, soulignant que l’infrastructure sanitaire qui est “au bord de l’effondrement” a été sous-estimée par l’autorité de tutelle.


Parmi les principaux points de discorde figurent la révision du décret gouvernemental fixant le cadre général du régime des études et des conditions d’obtention des diplômes, ainsi que la création d’une prime des pandémies et la titularisation des médecins temporaires.

Plusieurs ONG, dont le Forum tunisien des droits économiques et sociaux et “Oxfam”, avaient lancé, en octobre dernier, une campagne intitulée “Le corona tue, l’austérité tue encore plus” pour réclamer la fin d’une “politique meurtrière en matière de santé”.

Selon l’étude d’Oxfam sur les inégalités en Tunisie, en raison des politiques d’austérité budgétaire, la part de la santé dans le budget de l’Etat tunisien n’a pas cessé de baisser, passant de 6,6 % en 2011 à 5 % en 2019 et à 5,5 % en 2021.

Cette “situation alarmante” du secteur de la santé publique en Tunisie est aggravée, selon la secrétaire générale du Syndicat des médecins, médecins dentistes et pharmaciens hospitalo-universitaires (SMMDPHU), Ahlem Behadj, par le phénomène de la migration des médecins qui s’est accru au cours de la dernière période.


Environ 80% des nouveaux diplômés du secteur médical sont partis travailler à l’étranger en 2019 et 70% des médecins de famille ont exprimé leur intention de quitter le pays.

( Avec MAP )