Hausse des carburants : le gouvernement comprend la colère des Français, affirme maintenir le cap fixé

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Au lendemain d’une mobilisation inédite en France contre la hausse du prix des carburants, à l’initiative des “gilets jaunes“, un mouvement citoyen né sur les réseaux sociaux, le Premier ministre Edouard Philippe s’est exprimé, dimanche soir, pour affirmer comprendre ‘’la colère, la souffrance des Français’’, mais que son gouvernement allait ‘’tenir le cap’’ et maintenir la taxe carbone décriée.

Le cap que nous avons fixé, nous allons le tenir. Ce n’est pas quand ça souffle qu’il faut changer de cap“, a affirmé sur France 2 le chef du gouvernement, tout en assurant avoir “entendu de la colère, mais aussi de la souffrance“.

J’entends ce que disent les Français, mais je vois le cap, je n’en change pas et j’essaye de trouver les bonnes solutions pour intégrer ce que les Français ont dit et je crois qu’ils veulent plus d’accompagnement dans leur vie quotidienne, dans leur vie réelle, et c’est ce que nous allons faire“, a-t-il dit.

Le mouvement des ‘Gilets jaunes’ s’est exprimé de façon très claire, (…) mais je dis aussi qu’un gouvernement qui changerait de pied en permanence, qui zigzaguerait au gré des difficultés, il ferait ce qu’ont fait beaucoup trop de gouvernements par le passé et il ne conduirait pas la France là où elle doit être conduite“, a-t-il insisté.

Le chef du gouvernement a dit comprendre le “ras-le-bol fiscal” des Français et assuré que le taux de prélèvements obligatoires aurait baissé à l’issue du quinquennat.


Réagissant aux actions menées tout au long du week-end (blocages et barrages des routes), Edouard Philippe a regretté des scènes, qui par endroit, ont relevé de l’anarchie.

En France, la liberté de manifestation est garantie, mais la France, ce n’est pas l’anarchie. On a vu hier des scènes qui relevaient de l’anarchie, même si je ne met pas tout le monde dans le même sac“, a-t-il déploré.

Le mouvement des “gilets jaunes” avait appelé à bloquer samedi routes et points stratégiques à travers la France en vue de faire pression sur le gouvernement pour revenir sur la hausse des taxes sur les carburants.

Selon le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner, la mobilisation de samedi a réuni 287.710 manifestants répartis sur 2.034 sites occupés.


Dans des déclarations rapportées par les médias du pays, il a fait état d’un mort, une manifestante de 63 ans percutée par une conductrice prise de panique, et plus de 400 blessés dont 14 gravement y compris parmi les forces de l’ordre. Selon le ministre, les dégradations ont été nombreuses lors de cette mobilisation, rapportant l’interpellation de 282 personnes.

Mercredi dernier, le premier ministre avait réitéré sa décision de maintenir la taxe carbone, “un enjeu considérable” et une mesure qui figure parmi les engagements du président Emmanuel Macron, tout en annonçant des mesures destinées à atténuer les effets de la hausse des prix des carburants sur les ménages modestes.

Parmi les mesures annoncées, le doublement de la prime à la conversion qui s’élève actuellement à 2.000 euros et l’élargissement du chèque énergie.

Au 1er janvier 2019, les taxes sur le gazole doivent augmenter de 6,5 centimes d’euro par litre et celles sur l’essence de 2,9 centimes.


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