Importations : l’Algérie tourne le dos à la France

Par Olivier DELAGARDE

Un an après la révision du cahier des charges pour l’importation de blé, destinée à briser le quasi-monopole des fournisseurs français, le changement est désormais acté pour l’Algérie : tourner le dos à ses partenaires historiques, privilégier ses commandes aux nouveaux « amis » russes et argentins.

Faute de savoir-faire national et comptant donc parmi les principaux importateurs de céréales au monde, l’Algérie a décidé de délaisser le grain français au profit de Moscou et de Buenos Aires. A l’automne 2020, c’est une modification du cahier des charges de l’Office algérien interprofessionnel des céréales (OAIC), qui avait revu à la hausse la norme du taux de grains dits « punaisés » (présentant des colorations du germe) dans les commandes importées. L’ancienne norme faisait alors obstacle à la production russe et ukrainienne. La grande bascule permettant l’accès aux marchés algériens s’est alors opérée durant le mois de décembre dernier. D’après les derniers chiffres connus en novembre 2021, l’Algérie représentait 29% des exportations de blé tendre français.

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Depuis et après avoir alimenté le pays depuis des décennies, le blé français est absent de toute commande de « l’ancien partenaire ». Mi-décembre, l’OAIC a passé une commande historique de 700.000 tonnes de blé en provenance donc de la Russie, de l’Ukraine ainsi que de l’Argentine. Exit le fournisseur le plus proche en terme notamment d’empreinte carbone : la France. En date du 3 janvier, seul un dernier navire en provenance du port français de Rouen était attendu à Oran, alors qu’en prévision du trafic maritime, cinq arrivent de Novorossiysk et trois de Taman, deux ports de commerce situés en mer Noire. Tandis qu’un autre provient d’Ukraine, un autre cargo est localisé en rade d’Oran battant lui, pavillon mexicain et s’apprêtant à livrer 33.000 tonnes de grain dur. Enfin, cette commande fait la part belle au blé argentin, alors que quatre navires ont d’ores et déjà servi l’Algérie entre le 30 décembre 2021 et le 3 janvier 2022.

Alors que le regard russe ainsi que celui des ses alliés se tourne vers l’Afrique, l’Algérie quant à elle, a choisit son camp, à tout le moins celui du négoce, prenant le pari de sa propre dépendance. Enfin et faisant le choix de fournisseurs des plus éloignés géographiquement, celle-ci démontre s’il le fallait, son peu de préoccupation écologique quant aux conditions de transports de ces marchandises. Pas plus que de leur coût par ailleurs. Logique.

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