Intelligence artificielle : Pour le meilleur OU pour le pire ?

Intelligence artificielle : Pour le meilleur OU pour le pire ?

Dossier réalisé par Souad Mekkaoui

«Que puis-je faire pour vous ? Allez-y je vous écoute… De­mandez-moi par exemple : quelle est la date d’aujourd’hui ? Quand est mon prochain rendez-vous ? Est-ce qu’il y a du vent ? Réveille-moi dans huit heures. A quelle heure se lève le soleil à Paris ? »

C’est ainsi que vous parle Siri dès que vous appuyez, pendant deux secondes, sur le bouton principal de votre iPhone et que vous le relâchez. Cette applica­tion informatique de commande vocale, développée par la société américaine Apple et qualifiée d’assistant personnel intelligent, est une interface homme-ma­chine qui repose sur la reconnaissance vocale. L’utilisateur peut donc s’expri­mer normalement et Siri répond aussi le plus normalement possible dans un lan­gage naturel plus ou moins décalé. Il est vrai qu’il ne peut encore tenir une vraie conversation, comprendre des subtilités fines de la langue naturelle comme le ferait un être humain et qu’il est facile de le piéger puisque les, limites de son vocabulaire apparaissent très vite. Mais la révolution technologique est donc une réalité qu’on ne peut plus contourner. Par une simple phrase, on peut connaître la météo, programmer l’alarme, se faire rappeler ses rendez-vous, etc;

Peu importe ce que vous voulez faire, Siri peut s’en charger à votre place. Il suffit de demander. Deman­dez-lui d’envoyer un message sur votre iPhone, de diffuser votre série TV pré­férée sur votre Apple TV et il s’exécute. Bref, là où il y a du digital, il y a (aura) de l’intelligence artificielle. Et donc comme monsieur Jourdain qui fait de la prose sans le savoir, nous, nous utili­sons de l’IA sans en être conscients, ne serait-ce que par les chatbots auxquels nous avons accès 24H/24, 7j/7 pour être informés, conseillés ou tout sim­plement pour nous divertir.

Désormais, vous n’êtes plus obligé de connaître l’itinéraire de votre destina­tion, vous pouvez vous rendre partout et n’importe où sans connaître au préalable l’adresse, Waze le fait pour vous. N’est-ce pas là des utilisations anecdotiques quotidiennes qui confirment, bel et bien, qu’on ne peut plus échapper à l’Intel­ligence artificielle, au moment où elle échappe à tout le monde, allant même jusqu’à troubler le sommeil des experts en la matière ? Cette utopie transhuma­niste, certains pensent qu’elle deviendra réalité dans le courant de ce siècle et nous y sommes déjà.

Au motif de toutes les avancées auxquelles nous assistons, on accepte l’idée qu’un jour, peut-être, on pour­rait fabriquer une nouvelle espèce, mi-homme mi-machine. Qui sait ? D’où la nécessité de dessiner une cartographie des promesses et des dangers de l’intel­ligence artificielle.

D’ailleurs et malgré toute la perti­nence des réflexions éthiques sur ces questions, cela n’empêche pas un pays comme la Chine de devenir le labora­toire d’un monde futuriste inquiétant et imprévisible, grâce à l’intelligence artificielle, loin de toute convention internationale et de toute sauvegarde des libertés individuelles. Aussi les États-Unis prennent-ils le train et se lancent dans une course avec l’empire céleste pour affirmer leur supériorité capacitaire dans ce domaine. Quel rôle jouerait alors l’Europe ? La France ?

L’intelligence artificielle en débat

A l’ère où les intelligences s’ar­rachent le vedettariat, et où les Etats se disputent les coopérations en matière d’intelligence artificielle, celle-ci entre en force dans les sociétés. Elle est déjà partout et ce n’est qu’un début. Elle fait les grands titres des Unes et suscite autant d’interrogations que d’espoirs ou d’appréhensions. Entre fascination et inquiétude, l’intelligence artificielle ne laisse personne indifférent. Elle tient le haut du pavé, depuis quelques mois, et fait l’objet du débat le plus im­portant de notre époque. Alors qu’en 2015 le marché de l’intelligence artifi­cielle pesait 200 millions de dollars, on estime qu’en 2025, il s’élèvera à près de 90 milliards de dollars.

Quand le débat s’arrache entre l’homme et la machine

 

Jouer aux échecs, aux cartes ou à Candy crush est un divertissement qui ne nécessite pas qu’on se pose la question : on joue contre qui ou plutôt contre quoi? Peu importe notre rival. On joue, on gagne ou on est battu et on passe. Mais là l’intelli­gence artificielle vient de franchir une nouvelle étape dans sa maîtrise du langage humain.

Or, il y a de cela quelques jours, plus exactement, le 11 février dernier, IBM donnait à voir un duel iné­dit entre un homme et …une machine ! L’indétrô­nable champion du monde des débats, Harish Na­tarajan, finaliste du World Debating Championship 2016, devait affronter une intelligence artificielle gavée de données sur un thème particulièrement complexe à savoir « l’Etat doit-il subventionner les écoles maternelles ? ». Et le moins que l’on puisse dire est qu’il … s’en était sorti avec des sueurs face à Project Debater, son interlocuteur métallique qui a fait montre d’érudition redoutable. Celui-ci s’était adressé à l’orateur en lui disant : « Il paraît que vous détenez le record du championnat du monde des débats, mais vous n’avez jamais affronté une machine. Bienvenue dans le futur ». De quoi déstabiliser le meilleur des débatteurs.

Au moment où l’un ne pouvait compter que sur sa mémoire et son art oratoire, l’autre, élaboré dans les labos d’IBM en Israël était muni de milliards de textes et piochait dans plusieurs milliards d’élé­ments de langage pour former des phrases com­plètes, convaincre le public et battre son concur­rent.

La bataille était rude. Mais bien que la machine ait pu présenter un argumentaire brillant, elle s’était montrée, des fois, décalée par rapport aux réponses de son rival, de sang et de chair, qui avait pu mettre le public de son côté et gagner, face aux neurones synthétiques.

En tout cas, ce qu’il faut retenir, c’est que Project Debater est désormais capable de débattre de su­jets complexes défiant en cela les meilleurs orateurs humains et les spécialistes des joutes verbales.

Il y a lieu de se demander si l’intelligence artificielle est vraiment intelligente. Pourrait-elle remplacer un avocat à l’avenir ? Les choses changeront-elles d’ici quelques années ? Le robot mettra-t-il KO l’homme lors de débats ? Seul le temps nous le dira mais les experts d’IBM sont persuadés que l’IA aidera certainement les humains dans la prise de décision prochainement en leur permettant notamment de comprendre le problème sous toutes ses facettes.

 Harry Shum, Executive Vice-Pre­sident AI & Research de Microsoft dé­crit la situation dans des propos ré­alistes et satiriques à la fois. « Bien sûr qu’il faut aimer l’IA ! Après tout, qu’est-ce que l’opposé de l’intelligence artificielle ? La stupidité naturelle » dit-il.

Ce monde bleu des chiffres et des calculs infinis, et ces gigantesques bases de données nous dépassera pro­bablement bientôt. Nos voitures et nos maisons peuvent être télécomman­dées à distance et ce qui relevait, il y a de cela juste quelques années, de la science-fiction commence à constituer, désormais, notre réalité. Et si, il y a quelques années encore, l’IA n’était pas à la portée de tous vu qu’elle exigeait des expertises pointues et des moyens conséquents, aujourd’hui, l’intégration de l’IA dans toutes les applications est devenue facile et largement démocrati­sée.

Aujourd’hui donc, séminaires, col­loques, conférences, tables rondes, tout tourne autour de la révolution IA, cette technologie en plein développement qui fascine et inquiète, à la fois, à tel point que certains se voient dans l’obli­gation de tirer la sonnette d’alarme quant au danger qu’elle représente, tel­lement elle n’a pas de limite et donc in­contrôlable. Mais c’est quoi donc cette notion qui révolutionne le monde ?

L’intelligence artificielle (IA, ou AI en anglais pour Artificial Intelligence) consiste à mettre en oeuvre un certain nombre de théories et de techniques visant à permettre aux ma­chines de simuler une forme d’intelli­gence réelle (humaine). C’est à propre­ment parler de programmes capables de performances, habituellement, asso­ciées à l’intelligence humaine, ampli­fiées par la technologie. Ainsi, de la fa­culté d’apprendre progressivement, de raisonner, à la capacité d’interagir avec l’homme, en passant par l’amélioration continuelle des performances, l’intel­ligence artificielle investit différents domaines et parvient même à identifier les mots dans un échange oral comme le ferait un être humain ou presque.

Vous avez dit intelligence artificielle ?

C’est dans les années 1950, année fondatrice de l’IA, que le mathéma­ticien Alan Turing soulève l’idée de doter les machines d’une forme d’in­telligence, dans son livre Computing Machinery and Intelligence. Depuis, des réseaux de neurones artificiels sont mis en place par les grandes entre­prises dans le monde de l’informatique telles que Google, Microsoft, IBM, Apple, Facebook, etc. Groupes infor­matiques, PME, grandes entreprises, acteurs du secteur public, industriels, tous sont passés à l’intelligence arti­ficielle. Cette révolution est rendue possible par une quantité de data abon­dante combinée à une forte puissance informatique en plus d’algorithmes ré­volutionnaires.

L’IA se retrouve ainsi implémen­tée dans un nombre grandissant de domaines d’applications grâce aux données, à la manière de les exploiter puis à la capacité à apprendre, sachant que l’intelligence artificielle s’ins­pire des processus cognitifs humains. Ainsi, l’explosion de la puissance de calcul des machines a fait basculer l’IA, dans les années 2010, d’un clas­sique de science-fiction à une réalité de plus en plus proche, devenue enjeu scientifique majeur. Janvier 2018, lors du célèbre test de lecture de l’Université de Stanford, l’IA marque encore le point et dépasse les humains dans l’exercice de lecture et de compré­hension.

Toutefois, le cerveau artificiel est loin d’atteindre la complexité de l’en­céphale humain, explique les neurobio­logistes.

Le défi majeur serait donc : comment garder le contrôle sur des intelligences dont on se dit qu’elles finiront par nous surpasser ? Aujourd’hui, les GAFAM dominent le monde. Les transfor­mations dont on parle c’est déjà au­jourd’hui car la Chine n’attend pas elle, elle classe et fiche ses citoyens qu’elle reconnaît automatiquement dans la rue. Normal, ne dispose-t-on pas, au­jourd’hui, de milliers de microproces­seurs miniaturisés ? Du coup, on peut obtenir des capacités supra humaines de stockage de l’information et de trai­tement statistique des données. En plus, pour résoudre un problème complexe, c’est plus simple en le divisant en plu­sieurs sous-problèmes, avec une intelli­gence artificielle assignée à chacun.

Cette technologie perfectible a pour­tant commencé à bouleverser nos mo­des de vie, et va continuer à le faire dans le futur, avec l’arrivée program­mée des voitures autonomes, des robots chirurgiens, des algorithmes avocats ou des majordomes virtuels.

C’est dire que nous entrons dans le monde de la surveillance généralisée des cerveaux humains et aucun secteur n’y échappe plus.

De nombreuses entreprises utilisent, dès à présent, l’intelligence artificielle pour devenir plus productives, plus efficaces et plus innovantes.

Les métiers au rythme de l’intelligence artificielle

 

A quoi ressemblera l’usine de l’avenir ? Certaine­ment pas à ce qu’elle est aujourd’hui. En choi­sissant d’être dans l’air du temps et de s’inscrire dans l’ère de la digitalisation, les entreprises auront d’autres critères de sélection en matière de recru­tement et bien des métiers disparaîtront pour être remplacés par des robots.

Le cas de la France

Selon le think tank Institut Sapiens, cinq métiers semblent plus menacés que les autres par l’Intelli­gence artificielle et l’automatisation. Ils pourraient disparaître dans le courant du XXIe siècle.

Le rapport avise en premier les employés de banque et d’assurance qui sont les plus menacés selon l’Ins­titut Sapiens. Leurs effectifs sont passés de 356.000 en 1986 à 221.000 en 2016 soit une diminution de 39 %. Il prévoit une véritable extinction rapide d’ici 2038 à 2051.

Le métier de comptable aura aussi du plomb dans l’air puisque, depuis quelques années, la tendance est à l’externalisation du métier. L’étude prévoit une extinction entre 2041 et 2056 dès que des logiciels s’acquitteront des tâches comptables sans avoir re­cours à l’homme.

Depuis 1986, le nombre des secrétaires n’a cessé de diminuer, passant de 765.000 à 560.000 en 2016. Leur extinction est ainsi prévue entre 2053 et 2072.

Quant aux caissiers et aux employés de libre-ser­vice, le rapport projette une extinction du métier à 2050 au plus tard 2066. D’ailleurs la courbe est dé­croissante depuis les années 2000 en faveur des caisses automatiques dans les supermarchés.

Les ouvriers de la manutention, eux, seront amenés à trouver autre chose à faire d’ici 2071 ou 2091. Des géants comme Amazon ambitionnent d’automatiser leurs entrepôts le plus tôt possible.

Et ce sont plus de 2 millions de personnes qui sont concernées par ces métiers.

Par ailleurs, d’autres métiers « futuristes » jusqu’à il y a quelques années gagneront du terrain parmi nous certainement notamment des roboticiens pour améliorer l’autonomie des robots et faciliter leur inté­gration dans notre espace quotidien.

En tout cas, force est de constater que les boulever­sements induits par l’IA seront tels qu’il sera impos­sible de maintenir le même état des choses pendant longtemps et surtout de les appliquer à tous les en­vironnements.

 A titre d’exemple, que ce soit en in­dustrie du textile ou dans l’industrie alimentaire, l’intégration de l’intelli­gence artificielle se fraie son chemin aisément, pour des gains opérationnels, des risques réduits et une maintenance améliorée ; et la productivité s’en targue.

Néanmoins, une machine a besoin, pour penser, des données que seuls des individus dotés d’intelligence peuvent y introduire. Force est de se demander si à l’avenir, des puces électroniques en silicium pourront avoir les mêmes propriétés que le cerveau humain et si l’intelligence artificielle pourra imiter le cerveau humain qui fonctionne grâce à cent milliards de neurones, connectés entre eux par un million de milliards de synapses. Du moins, arrivera-t-on un jour à séparer la conscience du corps et la loger dans une machine ?

L’Intelligence artificielle : divers usages et un potentiel infini

 

 La reconnaissance vocale bat son plein grâce à des as­sistants virtuels qui peuvent désormais transcrire des pro­pos formulés en langage na­turel et traiter les requêtes de différentes manières (synthèse vocale, traduction instantanée ou autre).

Les images n’ont plus de se­cret pour l’IA. Celle-ci peut au­tomatiquement reconnaître le contenu de l’image et la clas­ser en fonction de critères dé­terminés. Certains algorithmes ne se contentent plus de re­connaître des images, mais se montrent capables de les produire et de donner des yeux aux machines.

Un message perçu comme indésirable est systématique­ment et efficacement filtré grâce aux algorithmes.

Diagnostics médicaux, chat­bots, traduction automatique, facility management, finance algorithmique, banques, as­surances, maintenance pré­dictive, voitures autonomes, assistants personnels, robots industriels, jeux vidéo, maîtrise de la consommation d’énergie, smart building et même sur le terrain militaire, la technologie émergente de l’IA bouleverse tous les secteurs et devient un allié de taille. D’un simple chabot générique, elle est au­jourd’hui un vrai système de gestion incontournable

 Faut-il se méfier de l’intelligence artificielle?

Smartphones, automobiles, maisons, commerce, santé et même en justice, l’IA est une réalité dans bien des aspects de la vie quotidienne. Progrès ou cau­chemar ? D’aucuns s’enthousiasment, y voient un nouveau champ de progrès pour l’homme et mettent en avant les nombreux services que va rendre l’IA dans la santé (prédiction des cancers, gé­nétique), le transport (voiture autonome, drones), environnements Informatiques pour l’Apprentissage Humain (EIAH), le spatial (robots sur Mars ou d’autres planètes), les banques (avec le robot-ad­visor), les services de relation clients (chatbot) ou le marketing (assistants per­sonnels).

D’autres, par contre, s’inquiètent de l’arrivée de robots intelligents, des­tructeurs d’emplois, voire d’une intel­ligence artificielle consciente qui rem­placerait l’humanité. Aujourd’hui, et loin des auteurs ou réalisateurs de films de science-fiction dont les scénarios prévoient des catastrophes entre les hu­mains et les machines, des spécialistes s’insurgent.

En effet, des géants, figures respec­tées de la sphère technologique, comme Alphabet, Amazon, Facebook, IBM et Microsoft, ainsi que des personnalités

En quête d’âme soeur ? L’IA choisira pour vous !

 

 Les applications de ren­contres se dotent d’intel­ligence artificielle et pour­raient connecter, sans perdre de temps, des âmes «compatibles» via leurs smart­phones. L’amour n’aura plus besoin de pré pour naître mais tout simplement d’algo­rithmes et de codes. Objec­tif ? Reproduire les processus de la pensée humaine lors de la recherche d’un partenaire, ce qui permettra peut-être de trouver ainsi l’âme soeur plus facilement. Bref, les sites de rencontre brandissent leur atout indéfectible pour rappro­cher «les âmes». Comment intervient donc l’IA dans la connexion des coeurs ? Elle devrait aider (ou du moins essayer) à gagner un temps précieux dans la recherche de son prochain partenaire, en fonction des profils et des pré­férences personnelles.

Peut-être même que d’ici peu, l’IA pourra prévoir la durée de la réussite d’une relation avant que celle-ci ne commence.

 comme Stephen Hawking et Elon Musk, n’ont pas hésité à exprimer leurs craintes quant aux progrès exponentiels de cette révolution technologique. À bien des égards, il s’agit d’une nouvelle fron­tière, qui concerne tout autant l’éthique et l’évaluation des risques que les nou­velles technologies. Alors, quels sont les sujets qui troublent le sommeil des ex­perts en intelligence artificielle qui laisse entrevoir, à terme, un dépassement des capacités humaines ? Steve Wozniak, compagnon de Steve Jobs dans le lan­cement d’Apple, va beaucoup plus loin en prédisant un « futur effrayant », dans lequel les humains pourraient être trans­formés en « animaux domestiques » ou « écrasés comme des fourmis » par les robots qu’ils auront créés.

Donc face aux défenseurs de l’IA, il y a ceux qui brandissent le revers de la médaille. Elle servirait aussi à des buts moins louables, comme la surveillance généralisée, mise en place en Chine. Des experts internationaux sonnent l’alarme sur les risques d’une utilisation mal­veillante de l’intelligence artificielle par « des États voyous, des criminels ou des terroristes ». Faut-il rappeler les agisse­ments coupables de Cambridge Analy­tica, cette société qui en manipulant des données personnelles volées à Facebook, aurait contribué à la victoire de Donald Trump aux Etats-Unis ? La vie privée s’en trouve alors menacée. D’autant plus qu’elle peut être beaucoup plus dangereuse si on pense au « haking ». Des robots ou des voitures autonomes connectés en réseau et envoyés au sein de la population sont susceptibles d’être « hackés ».

Par conséquent, il est probable que les progrès de l’intelligence artificielle pourraient renforcer la cybercriminalité mais aussi conduire à des utilisations de drones ou de robots à des fins terroristes, dans les prochaines décennies.

C’est pourquoi un rapport d’une cen­taine de pages a été rédigé par 26 experts spécialistes en intelligence artificielle, en cybersécurité et robotique pour appeler les gouvernements à mettre en place des mesures pour limiter les menaces poten­tielles liées à l’IA, sachant qu’il y aura toujours un pays, un laboratoire, une armée, qui fera ce qui est interdit. Par ailleurs, 116 chefs d’entreprise ont signé une lettre ouverte prévenant l’ONU des dangers des robots-tueurs.

Sur le plan économique, la grande peur c’est que l’IA tue les emplois, avec les conséquences qu’on imagine. Il est vrai que ses défenseurs nous expliquent qu’elle créera autant d’emplois qu’elle en détruira mais on a du mal à le croire. Elle pourrait détruire des millions d’emplois, en remplaçant les chauffeurs par des véhicules autonomes ou les avocats par des algorithmes. C’est ce qu’avancent régulièrement des études plus ou moins alarmistes. En 2014, le cabinet Roland Berger a ainsi publié une étude selon laquelle la robotisation menacerait 42% des emplois et pourrait en détruire 3 mil­lions, en France, d’ici à 2025.

En mai 2017, les universités d’Oxford et Yale ont publié un calendrier des années où l’IA va surpasser l’humain, et sera donc susceptible de le remplacer. Selon diverses prévisions, quasiment tous les métiers seraient menacés. En 2062, les IA seront en mesure de réaliser toutes les tâches humaines plus efficace­ment que nous.

L’intelligence artificielle, l’exploit des temps modernes

Si de nombreuses personnalités du monde high-tech comme Stephen Hawking, Bill Gates et Elon Musk ma­nifestent leurs craintes quant à l’invasion de l’IA et pointent les risques éthiques d’une IA rendue trop autonome, d’autres scientifiques, par contre –des transhu­manistes- nourrissent des espoirs aux couleurs métalliques ; et estiment que ,probablement, si la transition se fait de manière correcte et progressive, on re­gretterait, forcément, le temps perdu et passé par l’homme au travail afin que celui-ci puisse vivre.

Pour eux il n’y a pas lieu d’avoir peur d’une machine qui tourne selon des pro­grammes pré-établis et exécute les tâches qu’on lui donne.

Au contraire, l’intelligence artificielle peut débloquer d’incroyables possibili­tés dans tous les secteurs, y compris la médecine et l’éducation. Utilisée à bon escient, elle représente une très belle op­portunité économique et sociale.

Selon eux, il est clair que l’intelligence artificielle (IA) va transformer le monde tel que nous le connaissons au cours des dix prochaines années. Mais elle est loin de représenter une menace pour l’huma­nité. Et la perspective d’un « Terminator» qui déciderait de supprimer les humains n›a aucune chance de se réaliser. Tel est le message qui ressort d’une passion­nante conférence organisée par l’univer­sité de Stanford, sous le titre « Artificial Intelligence and Life in 2030 ».

Elle permettrait, entre autres, de réali­ser toutes les tâches ménagères. Peut-être même qu’à l’avenir les intelligences ar­tificielles pourront avoir une apparence humaine pour le contact social. Sur un autre plan, elles faciliteraient les dépla­cements. Mieux encore, elles le feront à la place de l’Homme. D’ailleurs, il existe déjà des véhicules pouvant se déplacer seuls, munis de caméras et de capteurs.

Le hic c’est qu’une erreur technique n’est pas à écarter dans la programma­tion des robots. Ce qui pourrait être fatal dans certains cas.

En tout cas, le train de la révolution est en marche. Et tous les secteurs se préci­pitent pour le prendre. Les moyens co­lossaux en recherche et développement déployés, depuis plusieurs années, par les GAFAM et IBM assurent une avance considérable aux sociétés américaines, principalement dans la Silicon Valley.

Le monde est en effervescence tech­nologique et nos habitudes quotidiennes risquent d’être chamboulées. Avec la technologie Mobileye (rachetée par In­tel pour 15 milliards de dollars) Tesla a ouvert le bal des voitures autonomes, pilotées par des IA. Les autres construc­teurs n’ont pas tardé à lui emboîter le pas. Le monde de la Santé, quant à lui, est révolutionné par le projet Deep Lear­ning de Google qui peut diagnostiquer un cancer plus vite que les oncologues.Watson d’IBM a établi, quant à lui, un nouveau diagnostic d’une forme rare de leucémie et proposé un traitement qui s’est avéré efficace. Avec les smart­phones nous avons l’embarras du choix entre les performances de Siri d’Apple, Cortana de Microsoft, Magic live de Huawei et bien d’autres assistants per­sonnels vocaux qui nous accompagnent.

Le monde de la presse n’échappe pas non plus à l’Intelligence artificielle. Des robots journalistes sont de plus en plus employés. Ils informent sur le temps qu’il fera, affichent les résultats bour­siers et donnent le compte-rendu des rencontres sportives surtout le week-end.

Bref, on est à l’ère de l’invasion des algorithmes.

Où en est le Maroc ?

 Parler d’intelligence artifi­cielle au Maroc est encore précoce vu l’état actuel des choses, du moins pour la ma­jorité des entreprises. Le pays est encore en phase de pré­paration d’un terrain propice. Pour cela, les entreprises tra­vaillent sur la digitalisation de leurs données afin d’en faciliter l’accès et l’analyse. Et c’est ce qui enclenchera, par la suite, l’implémentation d’un système d’intelligence artificielle.

Cela dit, plusieurs secteurs s’apprêtent à accueillir la ré­volution technologique qui nécessite leur digitalisation avant de passer à la robotisa­tion notamment les banques, les assurances, les opérateurs télécoms, l’industrie en plus du secteur public. D’ailleurs, la banque et l’assurance s’y mettent déjà en implémentant des programmes d’intelligence artificielle dans leurs sys­tèmes. Du coup, la demande en termes de profils plus qua­lifiés et appropriés à savoir des d’ingénieurs et des mathéma­ticiens augmentera certaine­ment, à l’avenir. L’heure sera donc aux robots et à ceux qui en maîtrisent l’usage.

Toutefois le rythme reste lent et la tendance mondiale, elle, va en flèche.

 

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