Investissements marocains à l’étranger : Cap sur le renforcement de la coopération Sud-Sud

Par Bachir Abdallah

De plus en plus d’entreprises marocaines investissent hors du Royaume. Parmi eux, avant tout, des banques marocaines, des sociétés de construction et immobilières et des prestataires de services financiers ainsi que des sociétés de télécommunications. Les investissements étrangers marocains ont augmenté de 68,1% à 4,2 milliards de dirhams en 2019, avant la pandémie du coronavirus. Depuis peu, compte tenu de toutes évolutions géopolitiques et économiques, où en sont les investissements marocains à l’étranger ?

En 2019, le plus gros investissement étranger marocain a été le rachat de Tigo Tchad par Maroc Telecom. Même si l’accord n’a pas révélé le prix d’achat du plus grand fournisseur de services de télécommunications du Tchad, la transaction à elle seule aurait dû représenter au moins la moitié de l’augmentation. Par ailleurs, le groupe immobilier Addoha a réalisé dans la même année des investissements dans l’immobilier moyen et haut de gamme en Côte d’Ivoire. Le groupe Addoha a ouvert une succursale à Abidjan pour sa filiale « Prestigia », spécialisée dans l’immobilier de luxe. C’est la deuxième agence en Côte d’Ivoire. Une succursale avait déjà été ouverte dans le cadre d’un projet lié à la construction d’appartements de luxe et de maisons de vacances dans la ville du Plateau.

Côté réglementation, c’est depuis des années que la réglementation des changes marocains s’inscrit dans une approche de libéralisation progressive et d’une simplification qui vise une intégration facile, rapide et souple de l’économie nationale au niveau international.

Cette réglementation des changes a connu une évolution considérable depuis les années 80, et a été couronnée en 1993 par l’adhésion du Maroc à l’article 8 du statut du FMI (Fonds Monétaire International), à savoir la libéralisation des opérations courantes, dont les importations des biens, leurs exportations, leurs transferts, les économies sur revenus… Ces opérations à partir de 1993 pouvaient être effectuées directement via le secteur bancaire sans aucune intervention de l’Office des changes.

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Le processus de libéralisation a continué dans la même dynamique de simplification et d’assouplissement. En 1996, pour la première fois, le Maroc a institué le marché des changes et la possibilité pour les banques d’échanger les devises entre eux. Mais c’est en 2002 que les places financières marocaines et les marchés ont commencé à utiliser les instruments de couverture et de réglementation. L’Office des changes a mis en place un arsenal juridique qui cadre avec les instruments de couverture dont l’objectif est de permettre aux opérateurs marocains et aux banques de la place de se prémunir contre les risques financiers tels que les risques des changes, les risques d’intérêt…

En 2007, c’est la première fois que le Maroc autorise l’ouverture des comptes capitaux pour les résidents ; ce qui a permis une possibilité aux sociétés marocaines résidentes d’effectuer des investissements à l’étranger. À partir de cette date, le Maroc avait autorisé les investissements à l’étranger avec des plafonds et des conditions

En 2010 a eu lieu le renforcement de l’ouverture des comptes capitaux pour les résidents avec une augmentation des plafonds tandis qu’un grand effort a été fourni aussi bien au niveau de la libéralisation de réglementation des changes qu’au niveau de la simplification de cette dernière en matière des textes, des circulaires de regroupement de façon à les rendre faciles, accessibles et lisibles aux opérateurs, investisseurs et banques de la place.

En 2022, un grand effort a été initié par l’Office des changes pour franchir une autre étape dans l’ouverture des comptes capitaux pour les résidents et cette réglementation a été également revue dans le sens de répondre aux recommandations des nouveaux modèles de développement d’une façon pour renforcer davantage l’insertion de l’économie nationale marocaine au niveau international.

Investissements marocains à l’étranger

Les investissements marocains à l’étranger ont commencé à partir de 2007 où le Maroc a autorisé ces investissements pour les sociétés résidentes sur le territoire avec un plafond de 30 millions de dirhams. Ce plafond a été atteint à 50 millions de dirhams pour l’ensemble des continents avec une exception pour le continent africain et qui était d’un plafond de 100 millions de dirhams. L’objectif était donc d’encourager la coopération Sud-Sud et l’installation des entreprises marocaines dans les pays africains.

En 2020, une nouveauté très importante a été introduite avec l’augmentation et l’harmonisation des plafonds, à savoir 200 millions de dirhams par an.

Aujourd’hui, les sociétés marocaines résidentes peuvent faire des investissements à l’étranger à hauteur de ce nouveau plafond. Bien sûr, la réglementation des changes précise plus ou moins trois conditions pour permettre à une entreprise de faire ce genre d’investissement. La première est une obligation d’avoir une comptabilité certifiée. La deuxième est que l’investissement à l’étranger doit avoir un lien direct avec l’activité de la maison mère résidente. La dernière condition qui s’avère aussi importante est qu’il faut avoir 3 années d’activités pour ces entreprises visant à faire ces investissements à l’étranger. Il suffit juste pour ces dernières de fournir certains documents à la banque de la place pour initier l’opération, à savoir le business plan, les statuts…

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