Kaid Saïd : terrorisme et absolutisme, deux figures jumelles d’un stipendié algérien

Par Hassan Alaoui

Tout est donc passé, dira le Sage…La visite de Macron en Algérie que l’on a voulu flamboyante, la 8ème édition de la CICADE à Tunis sur fond de bassesse et de cynisme, le retour aux vestiaires amer pour les uns et d’immenses interrogations sur l’avenir pour tout le monde. Nous voici ramenés à nos vrais décors. D’aucuns ont cru nous annoncer la mort du Maghreb, ou plutôt du Grand Maghreb, or depuis quand a-t-il réellement existé hors sa caricature ? Et « Grand » par rapport à quoi ? Ses fondateurs, en le créant un 17 février 1989 et le lançant sur les chapeaux de roue balcon de la municipalité de Marrakech, faisaient œuvre de repreneurs d’un projet qui avait existé en avril 1958 sous forme d’épure à la faveur d’une conférence des militants des Etats d’Afrique du nord encore sous le joug colonial. Les représentants de l’Istiqlal, de l’UNFP, du FLN algérien et du Destour tunisien, réunis à Tanger, avaient décidé de coordonner leurs actions et s’engageaient à constituer un ensemble géopolitique – à l’époque virtuel – qui jetait les bases de ce qu’on appellera le Maghreb, ou même le « Maghreb des peuples ».

Le mot d’ordre n’était rien d’autre que le soutien à la guerre de libération du peuple algérien et la décolonisation des territoires sous domination  coloniale. Aucune idéologie politique précise n’était invoquée ni servait de support programmatique à ces partis nationalitaires qui avaient en commun d’être des pays musulmans, de parler la même langue arabe, d’être colonisés pour quatre d’entre eux par la France. On serait tenté de dire que dans l’épreuve coloniale, l’unité maghrébine a certes bel et bien existé. En revanche en temps de paix et quand les uns et les autres avaient arraché leur indépendance, la discorde s’était installée d’un bout à l’autre de cette vaste contrée partant du Nil jusqu’à l’Atlantique. Tous, plus ou moins s’identifiaient dans le même combat unitaire, quand bien même ils avaient opté pour un modèle de gouvernance et d’appartenance, capitaliste et libéral pour le Maroc , la Tunisie et la Mauritanie, socialiste pour l’Algérie et la Libye à partir du coup d’Etat de Kadhafi en septembre 1969.

Cahin caha, ce « Maghreb » informe, une épure et un dessein inachevé marchait comme un cautère sur une jambe de bois. Mort de sa propre mort à peiné crée, ses fondateurs désespéraient en effet de le voir – ne serait-ce qu’aux yeux des peuples des cinq pays-  donner l’illusion d’un groupement organique qui tienne le pas. Les fondateurs de l’UMA ( Union du Maghreb Arabe) que furent le Roi Hassan II, Zine al-Abidine Benali, Ould Taïya, Chadli Bendjedid et Mouâmar Kadhafi avaient été les porteurs de ce projet qui irénique qui après le dsécès de Mohammed V, Hassan II, Bourguiba, Ben Bella et Mokhtar Ould Daddah reprenaient à leur compte.

Le chemin que la Tunisie a pris depuis la disparition du président Benali aura été tortueux, pour ne pas dire catastrophique. On ne jugera point les choix successifs faits par le peuple de Tunisie, mais d’une révolution du Jasmin à une dictature autocratique, le modèle tunisien a vite fait de brûler les étapes pour tout bouleverser. Kaid Es-Said, visage émacié d’un pur et dur, la langue de salve, a procédé par éliminations. Le professeur de droit qui s’est accaparé le pouvoir en Tunisie il y a deux ans à la faveur d’un ras-le-bol populaire, qui s’est taillé le costume d’un parangon de la vertu, en même temps qu’il a instauré une dictature césaro-papiste, maître d’un tête-à-tête avec lui-même. « Irrégulière, absolue, arbitraire et oppressive » ! Ce sont-là les quatre caractéristiques d’un pouvoir dictatorial comme l’incarne le « règne » d’un Kaïd Es-Saïd qui a confectionné sa petite dictature et règne comme un Souverain illégitime.

Le président tunisien est un tartuffe, mélancolique et aigri ! Son alignement sur l’Algérie, on ne l’a que trop dit, s’inscrit dans la culture de bassesse et de l’opportunisme ingrat. On ne se lamentera pas ici, allant répétant le soutien que le Maroc n’a cessé de témoigner au peuple tunisien, qui va du soutien à la lutte anti-covid, à la lutte anti-terroriste, à la présence réelle et physique du Roi Mohammed VI à Tunis auprès des frères tunisiens, au lendemain des graves attentats ayant fragilisé le pays,  au soutien constant du peuple marocain à ces derniers depuis Habib Bourguiba, etc…L’ingratitude étant la marque de Kaïs Es-Saïd, celle-ci s’accompagne ici de l’ignorance obstinée, elle-même inscrite dans l’hostilité primaire envers le Maroc, envers la Monarchie comme tout chîite , valet de l’Iran, islamo-fasciste caché…

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