Klaxons symphonie

Klaxons symphonie

Par Hervé B. Pons

Vous vous souvenez de Lucky Luke, ce cow-boy de bandes dessinées, qui dégainait son révolver plus vite que son ombre ? Eh bien il existe une nombreuse catégorie d’automobilistes Casaouis qui ont la fâcheuse manie de klaxonner à l’unisson avant même que le conducteur du véhicule en faute se rende compte qu’il a peut-être commis une erreur…

Une fois assis face à leur volant, les automobilistes en question deviennent impitoyables. Ils ne tolèrent aucun écart de conduire de leurs semblables, ne pardonnent rien, sanctionnent tout à grands coups de klaxons, et semblent avoir plusieurs mains. Comment font-ils en effet pour tenir le volant, klaxonner, agiter leur bras hors du véhicule pour exprimer leur colère, et parfois même continuer une conversation téléphonique avec leur portable ?

Dès le premier coup de klaxon donné, derrière et autour d’eux, la symphonie commence. Plusieurs automobilistes, sans trop savoir exactement ce qui s’est passé, se mettent à klaxonner eux aussi de concert. Drôle concert. Et dans la cacophonie générale, personne ne comprenant le pourquoi et le comment d’un soudain embouteillage, le chaos s’installe.

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Entre temps, l’auteur du premier coup de klaxon, a trouvé une brèche dans le cafouillage. Il se faufile entre deux voitures, manque de renverser un motocycliste qui faisait du slalom dans la circulation, et disparaît, fuyant le désordre qu’il a provoqué sans trop se souvenir de la raison qui l’a emmené à klaxonner. Peu importe, il est pressé…

Et moi, au milieu de l’hystérie collective, j’essaie de résister à la tentation d’appuyer aussi sur mon klaxon. J’aspire et j’expire comme on m’a appris à le faire dans les moments de stress pour rester « zen ». Et je marque le numéro de la personne avec qui j’ai un rendez-vous important. « Désolé, je vais être en retard… ».

Mais je n’ai pas le temps d’en dire plus. Un énergumène dans sa voiture, juste derrière moi, se met à klaxonner comme un dément, parce que, selon lui, je m’amuse avec mon portable au lieu d’essayer de faire quelque chose pour avancer. Aussitôt, plusieurs autres individus se mettent à klaxonner pour me faire réagir, comme s’il était possible de le faire, coincé que je suis dans cette ce labyrinthe urbain.

Alors, qu’est que je fais, moi ? Eh bien j’oublie mon attitude « zen », et je me mets à donner des coups de klaxons pour leur répondre. Faut bien se défendre. Voilà, je suis en train de devenir un vrai Casaoui au volant. Tout s’attrape. Les virus, les bactéries, et les comportements insensés et ridicules de nos concitoyens.

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