La cocaïne est plus disponible que jamais en Europe

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La cocaïne n’a jamais été aussi disponible en Europe, avec des saisies qui ont atteint un nouveau record en 2018 et une drogue de moins en moins coupée dont le prix reste stable, selon l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

Les “indicateurs suggèrent que la disponibilité de la cocaïne en Europe atteint un niveau sans précédent”, alerte cette agence européenne dans son rapport annuel publié mardi, qui se fonde sur des données collectées en 2018, l’année la plus récente disponible.

Les saisies de cocaïne y ont atteint un pic historique avec près de 181 tonnes interceptées, soit plus de 40 tonnes de plus qu’en 2017, année du précédent record. Le nombre de saisies (110.000) est lui aussi sans précédent.

En parallèle, le niveau de pureté de cette drogue augmente depuis dix ans, alors que son prix de revente au détail “reste stable”.

Consommée par 4,3 millions d’Européens en 2018, cette poudre blanche produite à partir des feuilles de coca, principalement en Colombie, en Bolivie et au Pérou, est la deuxième drogue la plus populaire en Europe, derrière le cannabis, et le premier stimulant illicite.


L’OEDT alerte sur son “rôle croissant (…) dans le problème des drogues” sur le continent, notamment car ce marché très convoité est un “facteur important” de violence. Et les groupes criminels “diversifient leurs tactiques”: certaines saisies de feuilles de coca suggèrent l’apparition de laboratoires en Europe pour y produire la cocaïne.

C’est en Belgique (53 tonnes), en Espagne (48 tonnes) et aux Pays-Bas (40 tonnes), pays dont les ports constituent les points d’entrée maritime historiques de la cocaïne en Europe, que les saisies ont été les plus importantes en 2018.

L’OEDT s’inquiète d’ailleurs de “l’infiltration par des groupes criminels organisés des chaînes d’approvisionnement logistiques, des routes maritimes et des grands ports”. Outre la cocaïne, l’organisme pointe “l’augmentation des saisies de grandes quantités (…) de résine de cannabis et, de plus en plus, d’héroïne acheminées par la mer”.

Le rapport montre également l’impact de l’épidémie de Covid-19 sur le marché des drogues. Si le confinement quasi général en Europe a fait chuter le transport aérien, “le trafic par voie maritime s’est poursuivi aux niveaux d’avant la pandémie”. En parallèle, “les consommateurs et les revendeurs se sont tournés vers les marchés en ligne du darknet, les plateformes des réseaux sociaux et les services de livraison à domicile”.


Avec AFP