La Covid-19 ou la vie à trépas

pandémie

Par Rachid Boufous

Nous entamons la 27e semaine après le début du confinement en Mars.  Une moitié d’année que nous sommes ainsi tourmentés par un mal viral venu de l’Empire du Milieu. Cette pandémie a bouleversé nos vies, ses modes, ses codes et ses trains-trains…

Au mois de septembre, nous avons assisté à une rentrée chaotique, mal pensée, mal gérée. Les enfants commencent à décrocher, à force de leur imposer un distanciel scolaire inattendu.

Il aurait mieux fallu retarder cette rentrée d’un mois et reconfiner tout le monde durant la même période, le temps de faire baisser les chiffres de contamination qui ne cessent d’augmenter.

Il aurait mieux fallu, dès mars, mobiliser tous les systèmes de santé que nous possédons pour suivre les malades à domicile, en cabinet, en clinique privée, au lieu de choisir de recourir uniquement à une assistance publique initialement malade et qui se retrouve aujourd’hui débordée. Fatalement débordée…


La peur du mal viral a fait décrocher tout le monde de la vie réelle. L’horizon que nous espérions dégagé en juin, s’est soudain obscurci, par excès d’optimisme, par laxisme, par «jemenfoutisme».

Personne ne comprend plus rien à ce qui se passe. On parle de 2e, de 3e et même de 4e vagues déferlantes de cette Smutsia Pestis ou Peste du Pangolin.

Le nom pangolin vient d’un mot malais penggoling, signifiant « celui qui s’enroule ». Buffon a introduit en français les termes de pangolin dans le tome 10 de son Histoire Naturelle, en 1763.

Ce même Georges-Louis Leclerc, comte de Buffon est l’auteur de l’homérique citation : « le style est l’homme même », qui fit couler beaucoup de salive chez les journalistes et des sueurs froides chez les hommes d’État.


Oui, les hommes d’État justement, totalement désarmés face à la situation actuelle, hésitant entre brandir le bâton de la nécessaire distanciation ou l’espoir famélique d’un hypothétique vaccin. Et pourtant, je n’aimerais pas être à la place d’un décideur par les temps qui courent, tant la décision quelle qu’elle soit, entreprise de gré ou de force, sera inévitablement critiquée.

L’humanité s’essouffle à force de tâtonner : les scientifiques ne savent rien et tâtonnent, les politiciens improvisent et nous-mêmes, regardant tout ce beau monde et contraints de passer malgré nous, en mode « demerdentiel » …

Le dernier espoir qu’on nous vend est le vaccin miraculeux et sensé nous sortir de la pandémie. Tout le monde s’y met, des milliards de dollars engloutis, pour un résultat qui semble de plus en plus hypothétique, à l’approche de l’hiver et des mutations prévisibles du mystérieux virus.

Alors plus personne ne croit en rien, même l’espoir d’un lendemain meilleur a été remisé dans les combles, avec les images d’Épinal et les poupées Barbie de notre enfance…


Alors naissent et prospèrent les terribles théories du complot : virus échappé d’un laboratoire tantôt chinois, tantôt russe, américain ou israélien. On aurait inventé ce virus pour dominer le monde. On dit que le futur vaccin contiendrait des nanoparticules qui nous pisteraient partout, jusqu’à la fin des temps. Toutes ces théories abracadabrantesques, comme dirait le Grand Jacques, seraient risibles et dénuées de sérieux si des politiciens, bien en vue n’avaient pas pris à leur compte la propagation de ces fake news.

Bref, en ce début d’octobre, 27e semaine d’hébétude, de platitude et surtout d’incertitude quant à notre avenir universel, nous ne pouvons que prendre notre impatience en grippe, dans le secret souhait de trouver enfin un remède qui nous fasse passer à autre chose au lieu de vie à trépas…