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La diplomatie royale, un cas d’école ou comment construire une vision dans une géopolitique agitée

Par Yassir Lahrach (*)

Une puissance chinoise toujours à la recherche de son allégation face à un difficile, voire même irréalisable, achèvement de la route de la soie, une projection russe conquérant craintivement du terrain au Moyen-Orient, une Turquie qui rampe subtilement et une dramatique suffocation de l’Union européenne, déjà brutalement affectée par le Brexit.

Et en face de ces ruses diplomatiques et ces stratagèmes politiques, la première puissance mondiale (Etats-Unis d’Amérique) observe, modestement et humblement, tel un docte Spationaute éclairé, les galaxies, les satellites, les sondes spatiales, ainsi que les mobilités et les impulsions des étoiles. Les plus-values d’une diplomatie exemplaire consistaient, tout simplement, à étouffer des crises ou à régler des litiges, de la manière la plus pacifique, sans pour autant enfreindre le droit international et ses majestueuses pratiques.

Il n’était point question de médiatiser des conflits naissants ou mineurs, voir même de recourir à des fakenews pour souffler un vent favorable au refroidissement, à l’étouffement ou à la propagation des braises. Tout se faisait, selon les us et coutumes diplomatiques, telles qu’universellement reconnues et dignement honorées. Sauf qu’au XXIème siècle, la diplomatie vit une véritable crise universelle, où ses nobles pratiques se retrouvent, pour bon nombre de pays, complétement battues en brèches.

Mais fort heureusement, le Royaume du  Maroc , grâce à la remarquable perception diplomatique, lumineuse et perspicace de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, a réussi à développer un réseau diplomatique de taille et surtout de qualité, mais aussi à embellir l’image du pays à l’international, par l’exemplarité de sa politique étrangère, en parfaite harmonie entre diplomatie et force armée, jonglant, sagement, « entre puissance douce et puissance forte », pour reprendre la terminologie de Joseph Samuel Nye, analyste, théoricien des relations internationales et président du groupe nord-américain au sein de la Commission Trilatérale.

Rien de miraculeux car le souverain a joué un rôle déterminant dans l’ouverture du Maroc au monde et dans la consolidation de son prestige actuel de véritable puissance, remplissant ainsi la fonction d’Ambassadeur africain et planétaire, avec une ardeur unique, un savoir-faire original et une intelligence inouïe.

Un Monde entremêlé, à la recherche de son équilibre

Il y a près de soixante-dix ans, avant même la destruction du mur de Berlin à l’automne 1989, l’équilibre bipolaire reposait, essentiellement, sur la terreur atomique et sur une course aux armements, acquiesçant une cristallisation des rapports de force et un traçage des sphères d’influence. Aujourd’hui, cette configuration est désormais caduque où la crise sanitaire et le développement des nouvelles technologies de la communication et de l’information, les batailles informationnelles et les cyberattaques opérées au niveau de l’espace numérique prennent le devant.

Les Etats traversent présentement une terre inaudible et imperceptible entre le monde d’hier et celui de demain car les disjonctions historiques ont brouillé les représentations géopolitiques habituelles, lesquelles ne sont plus d’actualité. Les multiples défis, auxquels les différentes sociétés se sont entremêlées, ontprouvé l’existence d’insuffisances aigues du multilatéralisme, surtout quand il est question de faire face aux crises globales.

Quels sont les secrets de ce chamboulement universel ?

Il y en a tellement, les uns aussi plausibles que les autres, que tous les scénarios à retenir demeurent valables. Ce qui est, par contre, sûr et certain, c’est que l’ONU et ses enceintes spécialisées sont, constamment, à la recherche de leur crédibilité alors que, jadis, c’était leur principale raison d’être. Ces Instances internationales régaliennes, que je comparais souvent, à des parlements démocratiques, risquent d’être vouées à l’échec, comme si la constitution d’un Gouvernement universel semblait être en quête de la majorité.

Seulement et personne n’oserait le nier : les USA restent, sans condition, la première puissance mondiale, épaulée par ses fidèles alliés, dont fait partie, incontestablement, notre cher pays. Nonobstant, ce qui reste réconfortant pour la communauté internationale, c’est que ce déséquilibre passager des relations internationales, embrassant une crise pandémique sans précédent, est sur le point de retrouver son cours normal.

La diplomatie entre raison, droit et éthique

Jouer des lois extraterritoriales, se divertir avec les mots, exploiter l’insécurité, manipuler les corrompus, impressionner et disposer de l’art de communiquer : ce sont là les meilleurs coups qui permettent à un pays de monter en puissance ou autrement dit, quelques stratégies sur lesquelles une Diplomatie chevronnée s’appuierait pour s’imposer dans l’échiquier des relations internationales mais à condition que cela se fasse en toute légalité. Une équation qui semble malaisément résolue mais que le Royaume estparvenu, radieusement, à résorber.

Comme disait François-René de Chateaubriand dans son livre célèbre « Mémoires d’Outre-Tombe » : « il faut de l’inspiration pour enfanter un projet et de la volonté pour l’achever ». En effet, la politique étrangère du Maroc, sous le règne de Sa Majesté le Roi Mohammed VI s’est dotée de sa propre marque. Actuellement, dans de prestigieuses universités, à travers le monde, des enseignants, des conférenciers et des spécialistes de haut niveau, en matière de relations internationales, trouvent le grand confort et l’énorme plaisir d’illustrer leurs interventions et leurs débats par l’exemplarité de la Diplomatie Royale, laquelle lutte, en toute sagesse et de manière acharnée, pour la paix et la sécurité mondiales, la promotion du développement en Afrique, l’émancipation de la souveraineté étatique, une augmentation des investissements à l’étranger ou encore pour une croissance équilibrée dans les échanges internationaux, tout en faisant référence à la stature internationale et au leadership de Sa Majesté le Roi Mohammed VI qui contribuent à la stabilité régionale, africaine et internationale.

Diplomatie et Science dans un resserrement des liens

A l’aune de la pandémie de Covid-19, la diplomatie royale a démontré sa forte capacité à raffermir ses liens avec la science, dans le but d’améliorer la gouvernance, de promouvoir la souveraineté sanitaire et de répondre avec efficacité aux défis globaux, qu’ils soient politiques, économiques, sociaux, scientifiques, sécuritaires ou encore climatiques.

Cette diplomatie a également encouragé la recherche, en fixant des objectifs politiques communs, donnant naissance à une diplomatie computationnelle, scientifique et artificielle.

Concernant la pensée computationnelle, celle-ci s’attache à la résolution d’énigmes, à la fécondation de doctrines ou même au discernement des postures humaines, sur la base, principalement, de concepts fondamentaux de l’informatique théorique. Dans cette lignée est née la Diplomatie computationnelle ayant pour principaux objectifs l’amélioration de la compréhension des enjeux globaux par le développement d’un nouveau cadre théorique des relations internationales, l’usage de nouveaux algorithmes et le recours à la puissance de calcul mobilisable pour déployer des dogmes.

C’est ce qu’avait prédit cet ancien secrétaire d’Etat suisse au Département fédéral des affaires étrangères, Michael Ambühl, en énonçant que c’est  «grâce à des méthodes quantitatives telles que l’optimisation mathématique, la théorie des jeux et les statistiques, l’ingénierie de la négociation contribuera à résoudre des problèmes complexes. Le langage mathématique permet d’accroître la logique des négociations et de désamorcer les conflits émotionnels sous-jacents».

* Docteur en droit/Expert en Intelligence économique/Analyste en stratégie internationale

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