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La France “n’entend pas adhérer” au Traité d’interdiction des armes nucléaires

La France “n’entend pas adhérer” au Traité d’interdiction des armes nucléaires, entré en vigueur vendredi, a déclaré la porte-parole du Quai d’Orsay.

“La France n’a pas participé aux négociations de ce traité et elle n’entend pas y adhérer” a-t-elle souligné lors du point de presse électronique quotidien du ministère, soulignant que ce traité “ne nous lie pas et ne crée aucune obligation pour la France”.

Les membres de l’Alliance atlantique ont exprimé collectivement, le 15 décembre 2020, leur opposition à ce traité, a rappelé la porte-parole.

Selon elle, il s’agit d’un texte “inadapté” au contexte sécuritaire international, soulignant qu’il “ne contribuera ni à abaisser les tensions croissantes, ni à faire face efficacement à la prolifération des armes de destruction massive qui le caractérisent”.

Le traité “ne permettra l’élimination d’aucune arme nucléaire” et il “n’est assorti d’aucun mécanisme de vérification clair ou rigoureux”, a-t-elle relevé, faisant observer que le texte “fragilise” le traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), “pierre angulaire” du régime de non-prolifération.

Et d’ajouter que la politique de sécurité et de défense de la France, tout comme celle de l’Alliance atlantique et d’autres partenaires proches, repose sur la dissuasion nucléaire, qui vise à protéger la France de toute agression d’origine étatique contre ses intérêts vitaux, d’où qu’elle vienne, et quelle qu’en soit la forme, et de prévenir la guerre.

Elle est strictement défensive, limitée aux seules circonstances extrêmes de légitime défense, et repose sur le principe de stricte suffisance, a précisé la porte-parole, rappelant que son pays a déjà pris des mesures concrètes et substantielles de désarmement nucléaire.

Le Président Emmanuel Macron a formulé dans son discours du 7 février 2020 des propositions “réalistes” pour faire avancer, étape par étape, le désarmement nucléaire. “Celui-ci ne se décrète pas. Il se construit”, a-t-elle encore insisté.

La porte-parole du Quai d’Orsay a rappelé, en ce sens, l’attachement de la France au TNP qui propose une approche “réaliste et partagée” du désarmement, faisant observer que Paris “travaillera avec tous les Etats parties à un succès de la 10e Conférence d’examen du TNP prévue en août prochain”.

L’entrée en vigueur de ce texte, premier traité multilatéral de désarmement nucléaire en plus de deux décennies, a été saluée notamment par le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Adopté par la Conférence sur le désarmement en 2017 à Genève, son entrée en vigueur a été rendue possible le 25 octobre dernier après sa ratification par un cinquantième Etat, le Honduras.

(avec MAP)

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