La France pointe le doigt sur l’Iran pour son complot à la bombe et s’empare d’actifs

La France pointe le doigt sur l’Iran pour son complot à la bombe et s’empare d’actifs

La France a déclaré mardi qu'il n'y avait aucun doute que le ministère iranien des Renseignements était à l'origine d'un complot visant en juin à attaquer un groupe d'opposition exilé près de Paris. Ce dernier a saisi des avoirs appartenant aux services de renseignements de Téhéran et à deux Iraniens.

Le durcissement des relations entre Paris et Téhéran pourrait avoir de lourdes conséquences pour l’Iran puisque le gouvernement du président Hassan Rouhani compte sur les capitales européennes pour sauver un accord sur le nucléaire de 2015 après que les États-Unis se soient retirés et aient réimposé des sanctions sévères à l’Iran.

"Derrière tout cela se trouvait une longue, détaillée et minutieuse enquête de nos services (de renseignement) qui nous a permis de conclure, sans aucun doute, que la responsabilité incombait au ministère iranien du renseignement", a déclaré une source diplomatique française.

La source, parlant après que le gouvernement ait annoncé le gel des avoirs, a ajouté que le vice-ministre et directeur général du renseignement, Saeid Hashemi Moghadam, avait ordonné l'attaque et que Assadollah Asadi, un diplomate basé à Vienne et détenu par les autorités allemandes, l'avait mise en action.

Le ministère est sous le contrôle du guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei. "Nous nions une fois de plus les accusations contre l'Iran et demandons la libération immédiate du diplomate iranien", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Bahram Qasemi, cité par l'agence de presse d'Etat IRNA.

L’incident était un complot "conçu par ceux qui veulent nuire aux relations de longue date de l’Iran avec la France et l’Europe", at-il déclaré. Le complot visait une réunion du Conseil national de la Résistance iranienne (CNRI) basée à Paris en dehors de la capitale française. L’avocat du président américain Donald Trump, Rudy Giuliani, et plusieurs anciens ministres européens et arabes ont assisté au rassemblement.

Cela s'est révélé après l'arrestation d'Asadi, un diplomate accrédité en Autriche, en Allemagne, deux autres personnes détenues en Belgique avec des explosifs et une autre en France. Lundi, un tribunal du sud de l'Allemagne a statué que le diplomate pourrait être extradé vers la Belgique.

"Nous ne pouvons accepter aucune menace terroriste sur notre territoire national et ce complot nécessitait une réponse ferme", a déclaré la source diplomatique.

Gel des actifs ciblés :

Lors d'une conférence de presse à Washington, la porte-parole du département d'État américain, Heather Nauert, a évoqué l'action française et a déclaré qu'il était évident que "personne n'a probablement ressenti le terrorisme émanant de l'Iran peut-être plus que - enfin, les Syriens - qui l'ont ressenti plus des Européens."

Les avoirs gelés visaient Asadi et Moghadam. Une unité des services de renseignement iraniens a également été prise pour cible. Le gouvernement français n'a donné aucun détail sur les actifs en cause, décrivant ses mesures comme «ciblées et proportionnées». La source diplomatique a déclaré que le gel des avoirs couverts et des moyens de financement en France, bien qu'aucun individu à ce stade ne possède d'actifs dans le pays.

«Nous espérons que cette affaire est maintenant terminée. Nous avons pris des mesures et indiqué ce que nous devions dire », a déclaré la source, suggérant que Paris cherchait à tourner une page de la question. La France avait averti Téhéran de s'attendre à une réponse ferme au bombardement contrarié et aux relations diplomatiques de plus en plus tendues.

Le président français Emmanuel Macron et le ministre des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian ont parlé de cette question à leurs homologues iraniens à l’Assemblée générale des États-Unis après avoir demandé des explications sur le rôle de l’Iran. Un mémorandum interne du ministère français des Affaires étrangères publié au mois d'août disait aux diplomates de ne pas se rendre en Iran, a révélé l'agence Reuters, citant le complot à la bombe de Villepinte et le durcissement de la position de l'Iran à l'égard de l'Occident.

Paris a également suspendu la nomination d'un nouvel ambassadeur en Iran et n'a pas répondu aux nominations de Téhéran aux postes diplomatiques en France. Bien que n'étant pas directement liée au complot, la source diplomatique a déclaré qu'un raid de la police française sur un centre religieux musulman chiite mardi avait pour objectif d'envoyer également un signal à l'Iran.

La détérioration des relations avec la France pourrait avoir des conséquences plus larges pour l'Iran. La France a été l'un des plus ardents défenseurs de la sauvegarde de l'accord sur le nucléaire de 2015, qui a vu Téhéran accepter de limiter son programme nucléaire en échange d'une levée des sanctions économiques. L'administration Trump a déclaré s'attendre à ce que de nouvelles sanctions pénalisent durement l'économie iranienne.

→ Lire aussi : L’Iran confirme avoir tiré des missiles contre des rebelles kurdes en Irak

Reuters

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