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La jeunesse, l’une des catégories les plus influentes au sein des sociétés dans le monde arabe

La jeunesse, l’une des catégories les plus influentes au sein des sociétés dans le monde arabe

La jeunesse, en dépit de la divergence de vues sur sa définition aussi bien aux niveaux national que régional et international, se veut l’une des catégories sociales les plus influentes au sein des sociétés dans le monde arabe, a souligné lundi à Marrakech, le secrétaire général du Conseil National des Droits de l’Homme (CNDH), Mohamed Sebbar.

Les changements d’ordre social, démographique, politique et culturel survenus dans le monde arabe ont eu pour effet de faire émerger les jeunes comme '’acteur nouveau’’ dans la dynamique sociétale enregistrée dans la région, a expliqué Sebbar à l’ouverture d’une conférence régionale de 4 jours, sur ‘’le rôle des jeunes dans la construction des sociétés tolérantes’’.

Et de poursuivre que cette frange de la société a joué un rôle majeur dans tous les mouvements sociaux ces dernières années, abstraction faite de leurs formes ou modes d’expression, notant que les jeunes ont eu un rôle d’encadrement à travers de nouvelles formes d’expression via les réseaux virtuels à même de faciliter le contact entre eux.

‘’Nous sommes devant des jeunes avec une conscience politique et porteurs de revendications politiques, économiques, sociales et culturelles qu’ils expriment parfois sans avoir recours aux institutions de médiation comme les partis politiques, les associations et les syndicats. Il s’agit d’une réalité nouvelle qui impose de nouveaux défis et interpellent la plupart des institutions quant à leur méthode d’organisation et de fonctionnement’’, a dit Sebbar.

Sur un autre registre, il a fait savoir également que la question de l’accès aux services de base est la pierre angulaire et le fondement de toute politique publique visant à intégrer les jeunes, notant que le CNDH insiste sur le droit des jeunes dans le processus de prise de décisions ainsi que sur l’importance de leur participation à la gestion des affaires publiques en lien avec les volets législatif et institutionnel ou encore des politiques publiques.

Et d’ajouter qu’il appartient aux jeunes de se rendre à l’évidence que la connaissance est une richesse à ne pas négliger et qu’il demeure une partie intégrante des compétences qui permettent non seulement un meilleur accès au marché de l’emploi, mais aussi de coexister et d’agir positivement vis-à-vis d’autrui, estimant que l’acquisition des valeurs de tolérance et de coexistence est une responsabilité collective, sachant que la tolérance se renforce avec la connaissance, l’ouverture, la communication, la liberté de la pensée, de la conscience, et de culte.

Sebbar a, dans la foulée, indiqué que le CNDH ne cesse d’insister sur la nécessité d’institutionnaliser la participation des jeunes à la concrétisation, la mise en application et l’évaluation des projets, programmes ainsi que des politiques publiques, outre la confection de systèmes intégrés dédiés aux jeunes et ce, à travers une approche systémique et un référentiel universel des droits humains associant les initiatives sectorielles et prenant en considération la situation des jeunes les plus vulnérables (les filles, jeunes en situation de handicap, les jeunes réfugiés….).

Mazen Chakoura, Représentant régional-adjoint pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord du Haut-commissariat aux Droits de ľHomme a, quant à lui, mis en avant l’ambition de consolider les droits de l’Homme notamment chez les jeunes, considérés comme étant la frange à faible représentation au niveau de la prise de décisions comme au sein des institutions législatives et exécutives.

Il a, en outre, insisté sur la nécessité d’inculquer la culture de la tolérance et de l’acceptation de l’autre à cette frange de la société, considérée comme pilier de l’avenir et un levier pour la réalisation des espoirs des sociétés, de leur développement et leur épanouissement.

→ Lire aussi : Un intérêt particulier doit être accordé aux catégories vulnérables et à la jeunesse dans la région arabe

Il a ajouté que ce conclave se veut l’occasion d’inciter les jeunes, à travers l’usage des réseaux sociaux, à contribuer à la diffusion du discours de tolérance, et l’édification de sociétés homogènes fondées sur le respect des droits et libertés, tout en les mobilisant pour lutter contre toutes les formes de xénophobie.

Le directeur de la jeunesse, de l’enfance, et des affaires féminines au ministère de la jeunesse et du sport, Othmane Gair, a relevé que la catégorie des jeunes connaît une croissance remarquable en raison de plusieurs changements démographiques survenus dans les sociétés et notamment, à travers les transitions démocratiques à même de faire des jeunes une frange importante dans le tissu social, avec un pouvoir de pression, d’action et d’influence sur les changements économiques, sociaux, politiques et institutionnels.

Et de faire remarquer que cette conférence vise à étudier les rôles et les positions des jeunes dans la consécration des valeurs de tolérance et ce partant, de la position qu’ils occupent au sein des sociétés dans le monde arabe et non seulement au niveau des changements politiques, sociaux et économiques.

Les jeunes se doivent de jouer un rôle primordial dans la consolidation des valeurs de tolérance, de coexistence, d'acceptation de l’autre dans un contexte marqué par la mondialisation et la montée des discours populistes et xénophobes entre les sociétés, a-t-il conclu.

Organisée par le Haut Commissariat aux Droits de l’Homme (HCDH), en partenariat avec le CNDH, cette conférence se tient en présence d’une cinquantaine de jeunes leaders issus des pays de la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord (MENA).

Elle fait partie d'une série d'activités initiées dans le cadre du projet «Protéger les droits des minorités religieuses au Moyen-Orient et en Afrique du Nord».

Cette rencontre, qui réunit de jeunes leaders, âgés de 18 à 35 ans, représentant le Maroc, l’Algérie, la Tunisie, la Libye, la Mauritanie, l’Egypte, le Bahreïn, le Qatar, le Koweït, l’Arabie Saoudite, le Sultanat d’Oman, l’Irak, la Jordanie, le Liban, la Palestine, la Syrie, les Emirats Arabes Unis et le Yémen, vise à renforcer le rôle de cette frange de la société dans la promotion de la tolérance, la lutte contre le discours de haine et dans le renforcement des droits des minorités dans la région MENA.

Elle s’assigne aussi pour objectifs d’encourager la participation civique et politique des jeunes et d’échanger les expériences et les bonnes pratiques en matière de promotion des droits des minorités.

Figure à l’ordre du jour de ce conclave, dont les travaux se baseront sur les résultats de l’atelier régional tenu en mai dernier à Tunis sur «le rôle des jeunes religieux dans le renforcement des droits de l’Homme dans la région MENA», l’organisation de plusieurs sessions portant notamment sur «Le renforcement des droits des minorités dans la région MENA», «La lutte contre le discours de haine» et «La consolidation du droit des jeunes à la participation à la chose publique».

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