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La junte algérienne, via « El Djeich », définit et arrête la politique étrangère du pays

Par Taieb Dekkar

Il est aujourd’hui clairement établi que c’est la junte militaire algérienne qui est aux commandes de l’Etat algérien et que c’est bien elle qui définit et arrête la stratégie politique de ce pays, dans tous les domaines, dont la politique étrangère et de voisinage.

Ce n’est donc pas  la façade civile du pouvoir, qui n’est pas dans tous les cas, élue dans des conditions démocratiques honnêtes et transparentes, qui va démentir ce postulat. La politique étrangère n’est définie ni par le président, ni Messahel, ni Boukadoum et encore moins Lamamra, mais bien par une poignée de hauts gradés de l’armée qui, impitoyables, ont renvoyé en tôle une trentaine de leurs collègues, tous des Généraux, devant le tribunal militaire de Blida.
Les hauts fonctionnaires civils, au service de l’armée, n’ont qu’à s’abonner à la revue périodique de l’armée «El Djeich» pour se ressourcer et comprendre les préoccupations politiques de la junte par rapport à tous les dossiers de politique étrangère, La libye, la question du Sahara, le Sahel, le Maroc. Tout diplomate qui se respecte en Algérie doit absolument s’abonner à la revue El Djeich et recevoir son exemplaire régulièrement, parce que c’est dans ce document, qu’il va puiser sa recette face à l’actualité internationale.
Mais, il faut bien admettre que  Boukadoum dont on vantait la maitrise de plusieurs langues, et qui avait  autorisé sa collègue espagnole déchue, comme lui, à s’exprimer au nom de l’Algérie,  n’a pas été limogé pour incompétence, lui qui défendait inlassablement la cause présumée de l’Algérie sur la scène internationale.
Evidemment  Non !
 Aucun diplomate, qu’il soit Boukadoum ou autre, et quelle que soit sa stature, ne peut réussir ses plaidoiries sur le dossier du Sahara marocain, lorsque tous les pans de la société algérienne, politiques, économiques et sociaux se sont effondrés et que des vidéos nous transmettent tous les jours des séquences de pénuries alimentaires et d’eau potable, y compris dans la capitale, dans un pays membre de l’OPEP, qui a gâché –on ne sait pas comment- mille milliards de dollars en vingt ans, sous le mandat de celui qu’on surnommait  outrageusement «l’artisan» de la diplomatie algérienne.
 Et ce n’est certainement pas l’ancien diplomate algérien Lamamra, vice-premier ministre et ministre des affaires étrangères pour quelques semaines, avant la chute de Bouteflika, qui avait affirmé que le projet de son parrain était de construire «une démocratie à l’égal des grandes démocraties du monde »,  qui va revigorer à l’international l’image d’un pays en déliquescence, dont le discours démagogique et de propagande des années de plomb va  aujourd’hui convaincre la communauté internationale de la thèse éculée de l’Algérie sur le dossier du Sahara marocain.
La junte militaire algérienne, qui bénéficie de manière illimitée depuis l’indépendance du pays de la manne pétrolière, a montré sans le moindre doute que c’est bien elle qui définit la politique extérieure à l’égard du Maroc, qui figure en bonne place dans les éditoriaux d’El Djeich. La Pravda, comme se plairait à juste titre à dire un confrère marocain, décline un ensemble de contre-vérités concernant le Royaume, embrassant l’histoire, la question du Sahara.
 L’Algérie qui n’a existé que depuis 1830, revendique une histoire « millénaire » et en fabrique des passerelles, comme celle de Cheikh Bouamama qui, originaire de Ain Bni Mathar, est  inhumé à El Aioune Sidi Mellouk (région d’Oujda). Il compte des descendants dans l’armée et la diplomatie marocaines, alors qu’Alger en fait un héros algérien et avait même généreusement financé un grand film sur ses batailles contre la colonisation française.
 L’Algérie tente de reconstruire et de reconstituer son histoire, à partir de rien, pour remonter à l’An 104 avant Jésus Christ.
 C’est à ce titre qu’elle revendique le Couscous, la Tangia, le Kaftan Marocains etc.
*journaliste et écrivain

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