La « loi anticasseurs » divise la classe politique en France

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La loi anticasseurs qui doit être votée ce mardi à l’Assemblée nationale divise la classe politique et crée des dissensions y compris au sein de la majorité.

Plusieurs députés de La République en marche (LRM, majorité) ont fait savoir qu’ils allaient s’abstenir voire voter contre cette proposition de loi qui vise à prévenir les violences dans les manifestations.

Les députés mettent en cause tout particulièrement l’article 2 du texte, qui prévoit la possibilité pour les préfets de prendre une interdiction administrative de manifester à l’encontre de toute personne qui « constitue une menace d’une particulière gravité pour l’ordre public ». Selon eux, cette proposition de loi laisse un trop grand pouvoir aux préfets au détriment des juges.

L’examen de cette controversée proposition de loi avait été entamé mardi dernier par l’Assemblée nationale et avait donné lieu à des débats souvent houleux au sein de l’hémicycle. Le texte, adopté en première lecture au Sénat, a vu l’introduction de pas moins de 90 amendements.

Introduite suite aux débordements ayant marqué la mobilisation des «Gilets jaunes», cette proposition de loi prévoit notamment la création d’un fichier national des personnes perçues comme «dangereuses» pour l’ordre public et la mise en place de fouilles aux abords des lieux de manifestations.


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Le texte propose également l’introduction comme nouveau délit le fait pour des personnes d’arriver masquées sur les lieux de manifestations.

Réclamé par des syndicats policiers, ce texte est cependant critiqué sur certains aspects par des magistrats et des associations qui craignent une restriction de la liberté de manifester.

« Cette proposition de loi “n’est pas une loi antigilets jaunes” ou “antimanifestations”, avait tenu à rassurer le ministre français de l’Intérieur Christophe Castaner. Elle “doit permettre à ceux qui le souhaitent de manifester dans des conditions normales, sans peur et sans penser qu’en manifestant ils sèmeraient la peur”, a-t-il dit dans des déclarations rapportées par les médias du pays.


Le 7 janvier dernier, au lendemain des violences qui avaient émaillé une énième mobilisation des «Gilets jaunes», mouvement de contestation contre la politique sociale et fiscale de l’exécutif, le premier ministre français Edouard Philippe avait annoncé l’intention de son gouvernement de durcir les sanctions contre «les casseurs» et les manifestations non déclarées et de renforcer le dispositif de sécurité.

«Aujourd’hui, si l’on veut défendre la liberté de manifester (…) il faut faire évoluer notre droit et compléter notre dispositif législatif», avait-il alors déclaré.