La Mouche du Maghreb

L’Union du Maghreb arabe (UMA) célèbre ce 17 février, son 32ème anniversaire. Une occasion qui est censée représenter un moment historique durant lequel on marque une pause pour faire le bilan des réalisations et des progrès réalisés. Occasion aussi pour célébrer dans la joie et la liesse collective, la consolidation des liens de fraternité et d’amitié entre les pays membres, le degré de rapprochement, le niveau de développement de leurs échanges économiques, politiques et socio-culturels, qu’ils ont atteints grâce à une action commune infaillible…

Malheureusement, l’UMA et  au bout de ses 32 longues années d’existence se trouve encore sous le fardeau d’un bilan négatif qui s’alourdit d’année en année et demeure dans l’incapacité d’être à la hauteur des grandes attentes des États membres notamment l’édification d’un espace maghrébin intégré et un groupement économique régional fort.

Selon les données de la dernière édition de l’indice de l’intégration régionale en Afrique, publiée par la Commission économique des Nations unies pour l’Afrique (CEA-ONU), la Banque Africaine de Développement (BAD) et la Commission de l’Union africaine (CUA), l’UMA est «modérément intégrée», tandis que le Maroc est le pays africain le plus intégré dans le domaine macroéconomique se positionnant loin devant le second du classement.

C’est ce qui explique, sans doute, pourquoi les pays de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ont pu atteindre les 10% en termes de commerce intra-régional et 19% entre ceux de la SADC, alors que l’UMA stagne à moins de 3% en la matière, en dépit d’un tant soit peu d’évolution en termes de coopération économique intermaghrébine.


Et pour cause ? Le développement de la région est pris en otage des tribulations de la politique de certains de ses membres et particulièrement l’Algérie qui ne jure plus que par son attitude hostile et injustifiée envers le Maroc. Ce qui fait que les choses vont de mal en pis, au point que l’UMA ne représente plus aujourd’hui que l’épitaphe d’un être mort-né.

Réalité que Sa Majesté le Roi Mohammed VI a, plusieurs fois, déploré dans Ses discours, notamment celui devant les participants au 28ème sommet de l’Union africaine (UA) à Addis-Abeba, où le Souverain avait regretté que la flamme de l’UMA se soit éteinte «parce que la foi dans un intérêt commun a disparu».

Aussi, dans Son discours au premier Sommet arabo-européen, S.M. le Roi avait appelé l’UMA à jouer pleinement le rôle qui lui revient dans «le développement de nos relations avec le partenaire européen, en dépassant les écueils politiques et les différends bilatéraux qui entravent le processus de décollage et de développement».

Ces écueils, tributaires dans le cas d’espèce de la tension qui marque les relations entre le Maroc et l’Algérie en raison de la position hostile et anachronique du régime algérien à l’égard du Sahara marocain, ont été également pointés du doigt lors des derniers discours du Souverain.


La main tendue du Royaume

En rassembleur et en messager de la paix et de la fraternité le Roi Mohammed VI avait, à l’occasion du 43ème anniversaire de la Marche Verte, appelé l’Algérie à un «dialogue direct et franc» et avait proposé, à cet effet, la création d’un mécanisme politique conjoint de dialogue et de concertation dont le niveau de représentation, le format et la nature «sont à convenir d’un commun accord», et qui «devra s’engager à examiner toutes les questions bilatérales avec franchise, objectivité, sincérité et bonne foi».
Un appel franc aux voisins traduisant la ferme volonté du Maroc d’ouvrir une nouvelle page par le biais du dialogue autour des questions en suspens. Appel aussi à surmonter les différends, ouvrir les frontières et créer une dynamique qui facilitera la coopération, la complémentarité et l’intégration dans le cadre de l’UMA. Cette audacieuse initiative n’avait d’autre visée que celle de donner une nouvelle impulsion à l’action maghrébine commune afin de réaliser un développement global durable, qui garantira une vie digne aux peuples, de l’emploi aux jeunes et qui immunisera ces derniers contre les dangers de l’extrémisme et du terrorisme, tout en faisant d’eux des éléments constructifs pour un avenir maghrébin meilleur et pérenne.

Et la mouche du coche

Face à l’appel du Roi, le pouvoir algérien s’est encore montré sourd. Des critiques infondées et des propositions ubuesques giclaient de partout, défendant une thèse, qui montrait encore une fois, à quel point l’Algérie envie au Maroc son leadership, notamment à l’échelle continentale. Nul n’est la peine donc de se demander quelle mouche a piqué l’Algérie, puisque tout le monde sait qu’à part s’en mettre plein les poches, ruiner un pays et appauvrir son peuple, dont ils Président, malheureusement, la destinée, les généraux au pouvoir en Algérie n’ont d’autre occupation que d’attiser toute flamme de haine et d’animosité qu’ils croient capable d’occuper le Maroc et de l’éloigner de la défense de son intégrité  territoriale, l’éloigner de sa noble cause, le séparer de son Sahara.

  1. Ainsi et outre le fait de nuire à l’Algérie ou au peuple algérien, le pouvoir de ce pays porte préjudice aussi à toute la région du Maghreb arabe qui se voulait Grand au départ, mais qui, plus de 30 ans durant, ne s’est vu que reculer quand d’autres avancent, au point qu’en termes d’intégration économique, il demeure aujourd’hui la zone la plus faible. Une faiblesse qui fait perdre à chacun de ses pays 2% par an, du taux de croissance et affecte le PNB de 34%. Pourtant telle la mouche du coche, l’Algérie continue à s’exciter et à trop s’agiter mais inutilement puisque de la sorte son pouvoir ne rend services ni au pays, ni au voisin ni à la région toute entière.

Ainsi certaines gens, faisant les empressés,

S’introduisent dans les affaires :


Ils font partout les nécessaires, Et, partout importuns, devraient être chassés.
A dit Jean de la Fontaine, en guise de moralité dans sa fable «la mouche et le coche». En attendant donc que soient chassées les mouches, souhaitons un meilleur avenir à l’UMA.