La percée de l’OCP en Afrique

La percée de l’OCP en Afrique

Par Khadija Skalli

L’OCP poursuit sa conquête de l’Afrique. Le groupe marocain des phosphates multiplie ses projets dans plusieurs pays du continent notamment en Ethiopie, au Nigeria et au Ghana. Le groupe compte actuellement 12 filiales africaines.

L’OCP renforce sa présence en Afrique. Le groupe marocain des phosphates a récemment créé sa filiale OCP Ethiopia Fertilizers Manufacturing PLC. Cette entreprise, détenue à 50% par l’Ethiopian Chemical Industry Corporation, a pour vocation « d’élaborer des solutions durables et innovantes adaptées aux sols et cultures des différentes régions Ethiopiennes ».

Le 6 avril dernier, OCP EFM PLC a signé avec le ministère de l’Agriculture en Ethiopie un accord pour la reprise des 5 blending unités du pays ainsi que le contrat d’approvisionnement en engrais sur mesures (blended) au niveau de ces unités.

« Cet évènement marque un nouveau palier dans le renforcement des relations stratégique entre la république Fédérale d’Ethiopie et OCP», se félicite le groupe marocain des phosphates dans un communiqué.

L’Afrique est au coeur de la stratégie marocaine de coopération Sud-Sud.Le continent recèle en outre un énorme potentiel agricole.

Cette réalisation intervient dans le sillage du partenariat stratégique conclu en 2016 entre l’OCP et l’Ethiopie. Pour rappel, en marge d’une visite de SM Le Roi Mohammed VI à Addis-Abeba, le groupe marocain des phosphates a signé un accord avec le ministère de l’Industrie éthiopien pour la réalisation d’un mégaprojet industriel d’un investissement de 3,7 milliards de dollars. Il s’agit de la construction d’une plateforme intégrée de classe mondiale pour la production d’engrais en Ethiopie.

Ce projet nécessitera, dans une première phase, la mobilisation d’un investissement de 2,4 milliards de dollars. L’objectif étant de produire 2,5 millions de tonnes par an d’engrais d’ici 2022. Cette réalisation permettra à l’Éthiopie d’être «autosuffisante en engrais, avec un potentiel à l’export».

Cette première étape franchie, le partenariat OCP/ Ethiopie passe à la grande vitesse. La seconde phase du projet requiert un investissement additionnel de 1,3 milliard de dollars prévu à l’horizon 2025. L’objectif étant d’augmenter la capacité de production de l’usine « pour atteindre 3,8 millions de tonnes par an d’engrais ». Ce qui permettra au pays de répondre à la demande locale.

De nouveaux projets au Nigeria et au Ghana

L’OCP ambitionne de développer ses activités au Nigeria et au Ghana. Le groupe marocain des phosphates envisage de conclure un accord pour la construction d’une usine de production d’ammoniac au Nigéria, affirme Karim Lotfi Senhaji, directeur général de la filiale OCP Africa, dans une déclaration à l’agence de presse Reuters. Ce projet nécessitera un investissement global de 1,5 milliard de dollars et prévoit une capacité totale de production de 1 million de tonnes d’ammoniac.

Pour rappel, l’OCP a signé en juin 2018 avec le Fonds souverain nigérian «Nigeria Sovereign Investment Authority» un protocole d’accord pour la création d’une plateforme industrielle de production d’ammoniaque et des produits dérivés.

Un autre projet en cours au Ghana. Le groupe marocain des phosphates envisage de construire une usine au Ghana en 2020. Cette plate-forme permettra au groupe marocain d’être plus proche de ses clients et de répondre aux besoins des marchés africains en engrais sur mesure.

Le groupe prévoit également la création des unités de mélange dans plusieurs pays africains. Ainsi, cinq unités de mélanges seront installées en Éthiopie, trois autres au Nigéria, une au Ghana, une autre au Rwanda et enfin une autre installation de blending en Côte d’Ivoire. Côté investissement, chaque unité de mélange coûtera entre 8 et 12 millions de dollars. « Ceux-ci seront lancés en 2019 et nous espérons qu’ils seront opérationnels en 2020 », a déclaré le DG de OCP Africa.

Le groupe compte 12 filiales africaines. Toutefois, il prévoit de concentrer sa stratégie de développement sur ses activités en Éthiopie, au Nigéria, au Ghana, en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

La stratégie du groupe en Afrique

L’Afrique est au coeur de la stratégie marocaine de coopération Sud-Sud. Le continent recèle en outre un énorme potentiel agricole. D’où l’intérêt accordé à ce marché continental. Ces dix dernières années, le groupe marocain, détenu à hauteur de 95% par l’Etat, tisse sa toile en Afrique. L’OCP ambitionne de devenir la locomotive du développement agricole dans le continent. Pour cela, le groupe a mis en place OCP Africa. Celle-ci a créé 12 filiales sur le continent.

Pour répondre aux besoins de ses clients, l’OCP Africa a développé une stratégie qui repose sur 4 piliers dont l’agronomie et la R&D. L’entreprise propose d’abord des produits adaptés aux sols et aux cultures. Elle investit en outre dans des installations de blending d’engrais proches des zones de consommation afin d’assurer la disponibilité des produits adaptés.

L’OCP affiche de bons résultats financiers en 2018

Les résultats financiers de l’OCP sont dans le vert. Le groupe marocain des phosphates a enregistré un chiffre d’affaires de 55,9 milliards de DH, une hausse de 15% par rapport à 2017.
Cette performance a été principalement soutenue par la croissance des segments de l’acide phosphorique et des engrais, se traduisant par une hausse des volumes et des prix sur ces produits.
Les indicateurs pour la roche sont quant à eux restés stables. « Ces résultats positifs assoient la position du Groupe en tant que premier exportateur mondial d’engrais phosphatés, particulièrement en consolidant la position de leader d’OCP sur le marché de l’acide phosphorique et de la roche », se félicite le groupe.
L’EBITDA (bénéfice avant intérêts, impôts, dépréciation et amortissement) pour l’exercice 2018 a atteint 17,1 milliards de DH, en nette croissance comparé à 12,7 milliards de DH réalisés en 2017. «Notre stratégie continue de porter ses résultats et nous évoluons progressivement vers une demande d’engrais de plus en plus adaptés aux besoins des sols et des cultures avec un focus sur l’innovation et une approche orientée vers le fermier », se félicite Mostafa Terrab, Président-Directeur Général du groupe.
Quant à l’efficacité opérationnelle du Groupe, ainsi que la hausse des prix de vente, elles ont en grande partie neutralisé l’augmentation des coûts des matières premières et se sont traduites par une progression de 18% de la marge brute, à 37 181 millions DH, contre 31 604 millions DH un an plus tôt.

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