La Peur au temps du Corona…

corona

Par Rachid Boufous

Hier jeudi 12 mars, restera dans la mémoire d’une bonne partie des humains du globe. Le président américain a interdit l’entrée de son pays, durant un mois au moins, à 400 millions d’européens et à tous les étrangers ayant séjourné en Europe durant les 15 derniers jours.

Par ailleurs le président français a décidé de fermer toutes les crèches, écoles, universités dès lundi prochain jusqu’à nouvel ordre. Après la Chine où le coronavirus est apparu, d’autres pays comme l’Iran, la Corée du Sud ont été lourdement atteints. En Europe c’est l’Italie qui est gravement atteinte et ce pays est à présent totalement fermé.

La chancelière allemande, quant à elle, prédit que 50 a 70% de la population de son pays sera atteinte par l’épidémie de ce virus dangereux. Beaucoup d’autres pays interdisent l’entrée sur leur territoire de tous les humains venant de pays à risques . Le Maroc n’est pas en reste. Après avoir suspendu les lignes aériennes et maritimes avec l’Italie et l’Algérie, voici qu’il en fait de même avec l’Espagne, et dès aujourd’hui avec la France.

Toutes ces mesures semblent être prises afin de confiner au maximum les populations et éviter au virus Covid-19 (nom scientifique du CoronaVirus) de se répandre. Et il semblerait qu’on ne soit qu’au début de la pandémie. Car les mesures de confinement finiront par englober les avions, les bus, les trains, les trams, les taxis qui seront tôt ou tard mis à l’arrêt, partout sur le globe. C’est la seule solution trouvée à ce jour pour enrayer la progression de ce virus d’une nouvelle ère. Personne ne sait comment il est apparu, et personne ne sait non plus comment s’en débarrasser.


On suppose, on suppute, on subodore, mais en fin de parcours on n’en sait fichtre rien. Toutes les Big Nations, les Big Pharma, les Big Data, les Big Army ne peuvent rien contre un virus mesurant quelques nanomètres et qui a réussi à mettre à genoux tous les Big de la planète.

On incrimine trop facilement la Chine, et on oublie que toutes le nations civilisées faisaient le pied de grue à Pekin, à Wuhan ou à Shanghai pour que les communistes chinois acceptent de fabriquer leurs babioles, jouets, ordinateurs, smartphones, habits, voitures ou médicaments, à très faibles coûts…

La Chine convenait au monde tant qu’elle était l’usine de ce monde. Mais tout d’un coup, la Chine devint peu recommandable quand le foyer du virus y est trouvé. Le chinois est devenu l’espèce à éviter de croiser, car synonyme de mangeur de chauves-souris et de pangolins, assaisonnés de gingembre, de poudre de rhinocéros ou de coulis de tête de serpent…

Tout ce que le monde civilisé refuse de manger, les chinois le mangent, car les chinois mangent tout ce qui vit sur terre. Il y aurait encore les dinosaures ou les mammouths, qu’ils seraient cuits à la plancha ou servis à la broche sur les étals de l’empire du milieu. Tout cela a l’air d’outrer nos consciences proprettes et bien aseptisées, mais que dire de ces nations où il est de bon temps de boire la pisse de chamelle, de manger les couilles de taureaux, les langues de bœufs, les pattes de vaches ou les cervelles d’agneau ou de singe…?


Non ce n’est pas là qu’il faut chercher la cause de cette épidémie. Il faut la chercher dans notre mode de vie, dans notre civilisation contemporaine, basée sur un consumérisme à outrance, un enrichissement sans retenue; sans avoir une once de compassion pour les faibles, les pauvres, les vieux, les déshérités ou les damnés de la terre…

Nos vies sont à présent régulées par des dates de péremption pour ce que nous avalons, des obsolescences de machines programmées pour être changées le plus régulièrement possible, des voitures qui ne durent pas plus de cinq ans sinon elles ne sont plus amortissables, une frénésie de déplacements, de voyages, d’achats, de gaspillages en tous genres…

Maintenant que l’humanité est SupraMega développée, qu’on envoie des sondes sur Mars ou plus loin, scruter l’univers, que l’homme a fabriqué des armes pour s’autodétruire entièrement et définitivement, plus de 100.000 fois, que nous possédons tout ce qui a de l’intérêt sur terre comme ce qui n’en a pas; nous avons omis de mettre assez d’argent dans ce qui compte le plus pour nous tous : LA SANTÉ …

Oui, on se rend compte, un peu tard, que les avions supersoniques, les sous-marins insubmersibles, les cuirassés titanesques, les missiles sol air et sol, les chars d’assauts sophistiqués et les drones ultramodernes, ne nous servent pas à grand chose, quand il nous manque des lits d’hôpitaux, des appareils respiratoires, du matériel de réanimation ou tout simplement du personnel médical, en nombre suffisant…


Et voilà qu’une minuscule boule puante, portant une couronne dentée d’acides ribonucléiques nous rappelle que malgré notre puissance herculéenne et notre domination de l’univers connu, nous ne sommes rien du tout.

Elle a été finalement le meilleur révélateur de la faiblesse de nos structures de santé, de l’incompétence de nos gouvernant à gérer une crise pandémique, de l’incohérence des savants et autres chercheurs qui ne trouvent décidément rien du tout pour nous sauver…

Oui, ce virus a démontré que nous sommes incapables de savoir raison garder et de ne pas céder à la panique. Tous les gouvernements du globe ont joué avec la santé de leurs ressortissants en ne prenant pas assez au sérieux cette épidémie, dès son déclenchement. On parlait de ce virus dès fin décembre et tous les gouvernements ont minimisé son impact. On se disait que ce n’était qu’un truc banal qui ne touchait que les chinois, peuple bizarre qui mange des trucs tout aussi bizarres. Et puis, une fois que le virus a franchi la frontière chinoise et qu’il s’est répandu comme les antiques fléaux tels que la peste ou le choléra, ce fut la panique totale, la fuite en avant, la fermeture hâtive, précipitée et intempestive des ports et des aéroports.

Tant pis pour celles et ceux, touristes ou Hommes d’affaires qui se retrouvent, du coup, bloqués de l’autre côté des frontières. Tant pis pour les étudiants qui sont mis dehors par leurs campus et universités, fermés, et qui n’ont pas où aller et qui ne peuvent même pas retourner dans leurs pays d’origine. On ferme tout, on se confine, on se cloître, on se cadenasse, on s’enferme à quadruple tour en espérant que l’horrible vibrion ne vienne pas nous narguer dans les tréfonds de nos maisons douillettes.


Et bien sûr le pendant de tout cela, dès que les annonces de confinement ont été faites sans préavis, place à la panique généralisée, irrationnelle et dangereuse de milliers de citadins qui se ruent sur leurs caddies, dévalisant les étals des supermarchés de tout ce qui est non périssable : conserves, riz, farine, pattes… On fait aussi le plein d’eau minérale, de gels hydroalcoolique, d’aseptisants ménagers et surtout de papier toilettes, comme si la peur du Coronavirus allait donner, à toutes et à tous, une interminable et sévère diarrhée carabinée…

Et c’est en cela que les gouvernants du monde entier sont apparus irresponsables et manquant, un tant soit peu, à leur devoir de pondération.

Par leurs discours catastrophistes, anxiogènes et un tantinet irresponsables, ils ont grandement contribué à l’installation de cette peur panique qui est en train de faire plus de dégâts que le virus lui-même…

Alors si les gouvernants ne savent pas comment s’y prendre, il est du devoir des citoyens de prendre les choses en main, de ne pas paniquer, de ne pas céder à la peur, de ne pas se ruer sur le étals des commerces.


Ce n’est pas la fin du monde, mais plutôt la fin d’un monde. Au sortir de cette crise, qui finira par passer, avec ou sans gel hydroalcoolique, on sera amenés à changer beaucoup de nos habitudes de vie, de modes de consommation, de mode de travail, de rapports avec nos gouvernants. Ce virus aura certainement plus d’influence sur l’avenir de l’humanité que toutes les théories politiques, économiques ou religieuses, réunies.

L’aube d’une nouvelle ère humaine perce au firmament, sachons y être vigilants et surtout, restons solidaires entre nous, c’est la meilleure réponse que nous avons face à ce mal qui est en nous tous : LA PEUR…