La promotion des médias traditionnels tributaire d’un modèle de régulation capable d’accompagner la révolution numérique

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Les médias traditionnels, qui travaillent toujours conformément à un cahier des charges qui dessine les contours de leur fonctionnement, sont confrontés à une nouvelle réalité marquée par l’apparition de nouveaux acteurs comme les blogueurs et les journalistes citoyens qui ne sont soumis à aucune ligne éditoriale, et profitent de plateformes de diffusions universelles.

Les modes de consommation ont également évolué, chaque génération usant d’outils nouveaux issus de facteurs sociaux, économiques et politiques. Entre les années 50 et 80, la radio et la télévision ont été les médias les plus influents, tandis que Facebook, YouTube, Twitter et Snapchat sont désormais des outils qui parlent davantage aux jeunes et qui ne peuvent plus être ignorés.

Ces médias nouveaux sont au cœur de plusieurs débats, notamment en raison de leur capacité, désormais reconnue, à influer sur l’opinion publique, contrairement aux médias traditionnels qui sont appelés à refaire leur retard en adoptant une nouvelle approche à même de surmonter les défis de l’ère numérique.

L’espace occupé par la radio, la télévision et la presse écrite se réduit comme une peau de chagrin en raison du développement continu de la technologie numérique et des modes de production et de diffusion de l’information, ce qui nécessite la mise en place de nouveaux portails d’information en phase avec la nouvelle donne, conformément à ce qui a été fait par les médias occidentaux, qui ont investi dans de nouveaux secteurs pour compenser l’hémorragie des revenus publicitaires.

Ils se sont également lancés dans de nouveaux produits journalistiques interactifs et continuellement actualisés, en plus de la mise en place d’un contenu varié de publicités et de jeux numériques.

Il est donc important de mettre en place des portails d’informations officiels dédiés à la diffusion des informations et des actualités afin de contenir le flux incessant d’informations non vérifiées et de fake news. Dans le souci de répondre à ce fléau, la MAP avait lancé un nouveau service intitulé “SOS Fake News” pour faire face à ces nouvelles calomnieuses.

Voilà pourquoi, il est important de réglementer les médias à l’ère du numérique et d’assister les médias traditionnels pour développer leurs outils, en vue de réaliser une transition sans heurt vers le numérique.

De nombreuses voix s’élèvent désormais appelant à légiférer pour encadrer le champ médiatique marocain, compte tenu de l’importance des défis à relever en raison de l’évolution numérique, tant au niveau de la souveraineté que sur le plan démocratique et économique.

La conférence organisé par la Haute autorité de la communication audiovisuelle (HACA) à Rabat sous le thème: “la régulation des médias dans un environnement numérique, mobile et social: impératifs d’adaptation et enjeux de refondation” a montré que les décideurs étaient conscients de l’importance de conformer les pratiques politiques et publiques avec la réalité imposée par les nouvelles technologies, en vue de protéger les intérêts nationaux et éviter les menaces que renferme cette transformation.

Dans ce sens, la présidente de la HACA, Mme Latifa Akharbach a indiqué que les sociétés expriment de plus en plus une demande de régulation eu égard aux multiples effets culturels, démocratiques, sociétaux et économiques de la communication digitalisée et globalisée, soulignant la contribution des régulateurs à la réflexion autour de l’adaptation de la régulation des médias à l’ère numérique.

Les régulateurs, de par leur mandat spécifique et avec leurs outils propres, se posent des questions d’intérêt général: comment préserver les individus, les sociétés, et la communauté humaine globale des risques de manipulation, de la mise en danger du vivre-ensemble, de l’atteinte à la dignité humaine, de la limitation du libre arbitre du citoyen, de la diffusion du discours de haine et de la violation de la vie privée, etc“, a estimé Mme Akharbach, ajoutant que les pouvoirs publics se tournent aussi vers les régulateurs, lesquels “ne peuvent être un recours efficace que si leur autonomie est préservée et respectée“.

Les autorités de régulation doivent donc insister sur la mise en place d’un modèle de régulation renouvelé à même d’accompagner la nouvelle donne numérique et de promouvoir la liberté d’expression, les valeurs démocratiques, le pluripartisme et le vivre-ensemble.