L’affaire des puits rythme désormais le quotidien des Marocains

Par Bachir Abdallah

L’affaire Rayan continue de faire des remous. Dans les prochaines semaines, les autorités feront un inventaire du nombre de puits, en particulier dans les zones rurales, qui pourraient constituer une menace pour les résidents des zones rurales. L’accent est mis principalement sur les puits abandonnés ou non clôturés.

Cette décision fait suite à la tragédie dans laquelle un jeune Rayan est décédé la semaine dernière après être tombé dans un puits de 32 mètres de profondeur. Le jeune est tombé accidentellement dans le puits sec mardi dernier près de son domicile près de la ville de Tamrout dans la province de Chefchaouen. Le sauvetage a pris des jours car le puits était trop étroit pour que quiconque puisse descendre.
Le sort de Rayan a beaucoup retenu l’attention ces derniers jours. En dehors du Maroc, le monde entier a suivi l’opération de sauvetage sur les réseaux sociaux où toutes les opérations de sauvetage ont été en live streaming.

Suite à ce drame, les autorités ont été interpellées sur les réseaux sociaux pour agir contre la prolifération des puits abandonnés en milieu rural.
Malgré les interpellations des citoyens sur le sort des puits abandonnés, le creusement des puits reste encadré par la loi.

Lire aussi: Province de Chefchaouen: Inhumation de l’enfant Rayan

Dans un article publié par le quotidien Le Matin, il est fait état que « la loi n°36-15 relative à l’eau décline une liste d’infractions et prévoit plusieurs sanctions relatives au creusement des puits, notamment la fermeture des ouvrages réalisés sans autorisation assortie d’amendes, mais aucune ne porte explicitement sur les puits inexploités ou non sécurisés.». Par contre, le journal rapporte que le législateur dans « l’article 12 du décret n°2-97-487 a fixé les modalités d’octroi des autorisations. » Cependant, la Loi dans son paragraphe 15, explique que la décision d’autorisation doit fixer «les conditions de remise en état des lieux, à la fin des travaux de réalisation ou d’exploitation des ouvrages ou installations sur le domaine public hydraulique». En clair, l’autorité chargée de délivrer l’autorisation doit spécifier clairement les mesures à prendre par le propriétaire lorsqu’il aura fini d’exploiter son puits. C’est ce cas de figure qui a malheureusement conduit à l’accident de Rayan suivi de son décès.

Pourtant, la loi avait pris des garanties claires concernant les demandeurs qui n’auraient pas respecté les engagements. A ce titre, il est prévu pour chaque opération que « le propriétaire du puits signe une déclaration sur l’honneur, incluse dans la demande d’autorisation, à travers laquelle il s’engage à entourer l’ouvrage en cours d’exploitation d’une barrière de protection afin d’éviter les accidents et préserver l’eau contre les risques de pollution. » et c’est ce qui a manqué.

Un autre drame à Tifelt

Un enfant de 6 ans est mort lundi après être tombé dans un puits à plus de 40 mètres de profondeur. L’incident s’est produit vers midi lundi au Douar Sebt Dar Ben Hssein à Sidi Abderrazak, Commune de Tifelt (Province de Khémisset), rapporte Hespress.

Khalid jouait et est tombé sans être détecté dans le puits utilisé par les résidents locaux pour l’eau potable. Ce n’est qu’après que son absence a été remarquée et que la famille a lancé une recherche que son corps a été retrouvé dans le puits. L’enfant aurait souffert du syndrome de Down.
Avec l’aide des riverains, la gendarmerie a récupéré la dépouille. Le corps a été transféré à la morgue pour une autopsie. La gendarmerie a ouvert une enquête sur l’incident.

Melilla aussi…

Un migrant marocain pris au piège dans un gouffre du quartier Arroyo Mezquita, dans l’enclave espagnole de Melilla, a été secouru dimanche par les services d’urgence.
Le jeune homme a été piégé au fond du puits de 15 mètres de profondeur pendant six heures et a reçu de l’oxygène pendant les efforts de sauvetage.

L’opération de sauvetage a duré plusieurs heures car les sauveteurs ont eu du mal à atteindre la victime en raison de l’étroitesse du puits. A sa chute, il était difficile de savoir si la victime était vivante ou pas, ce qui a créé des supputations, note le journal.

Après quatre tentatives de descente, les secours sont parvenus à libérer la victime. Le déploiement d’une excavatrice convoquée n’a pas été nécessaire par la suite.

Selon le service d’information El Faro de Melilla, l’homme est tombé accidentellement dans le trou profond alors qu’il tentait d’échapper à la police. Avec trois autres jeunes, il a réussi à traverser illégalement le poste frontière près de Beni Ensar depuis le Maroc dimanche matin.
L’homme a subi plusieurs fractures et a été transporté à l’hôpital pour y être soigné.

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