L’agriculture, une résilience à toute épreuve en 2020

L’agriculture

Malgré une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent à laquelle s’est ajoutée une faible pluviométrie en 2020, le secteur agricole national a fait montre d’une résilience à toute épreuve au cours de cette année exceptionnelle, avec des exportations en nette hausse et une nouvelle campagne lancée sous de bons auspices.

En effet, la campagne agricole 2019-2020 a connu une hausse de 8% des exportations des produits agro-alimentaires (hors produits de la pêche) pour atteindre 39,5 milliards de dirhams (MMDH), alors que les produits maraîchers ont enregistré un volume de l’ordre de 1.416.000 tonnes, marquant une croissance de 12% en glissement annuel.

Tout en priorisant un approvisionnement régulier du marché national, les professionnels du secteur assuraient le bon déroulement des activités à l’export, en maintenant les équilibres à l’échelle de tous les maillons de la chaîne de valeur, depuis la production et jusqu’à la mise des produits sur les marchés d’exportations.

La campagne d’exportation des produits alimentaires agricoles 2020-2021, qui a débuté en septembre, poursuit ainsi sur cette lancée positive, en dépit des contraintes de la pandémie qui continue ses ravages à travers le monde. Dans l’ensemble, les exportations des produits alimentaires agricoles devraient enregistrer une croissance en volume durant cette campagne de l’ordre de 10% par rapport à celle de 2019-2020.

En outre, la campagne actuelle est confortée par une situation commerciale favorable sur les marchés internationaux pour les clémentines en particulier, et pour les agrumes de manière générale, comme en témoigne la hausse de 60% des exportations des clémentines au titre de la période allant du 1er septembre au 22 novembre 2020.


De son côté, le ministère de l’Agriculture, de la Pêche maritime, du Développement rural et des Eaux et Forêts a mis en place un programme d’assolement au titre de la campagne en cours qui porte sur une superficie de 5,8 millions Ha des principales cultures d’automne, avec une production prévisionnelle en mesure de répondre de manière suffisante aux besoins de consommation et des exportations jusqu’à mai 2021.

Durant cette année qui a vu le déclenchement d’une crise globale aux proportions dantesques, le marché national a été épargné des ruptures de stocks et des flambées de prix qui accompagnent de telles circonstances, grâce à un ravitaillement régulier en produits agricoles et d’origine animale tout au long de l’année où les professionnels ont su maintenir un calendrier régulier des programmes d’assolements.

Le mois de Ramadan où les habitudes de consommation des Marocains se voient complètement chamboulées s’est déroulé en 2020 en bonnes conditions grâce à une abondance de produits agricoles à des prix stables au grand bonheur des consommateurs dont les revenus ont fléchi suite aux contraintes économiques du confinement sanitaire.

Et c’est au crédit d’une stratégie sectorielle solide et perfectionnée au fil du temps, que l’on doit une telle résilience du secteur agricole même au plus fort de la crise qui a remis sur le devant de la scène les enjeux de la sécurité alimentaire dans un contexte de regain de protectionnisme et de souveraineté économique.


En effet, le Maroc s’est investi depuis 2008 dans un vaste chantier de développement agricole baptisé Plan Maroc Vert “PMV” dans l’objectif est d’imprimer au secteur une dynamique d’évolution harmonieuse, équilibrée et évolutive qui tienne compte de ses spécificités. Après un focus sur le développement d’une agriculture à forte valeur ajoutée et à forte productivité dans le cadre de son premier pilier, le PMV s’est tourné au titre de son deuxième pilier vers l’accompagnement solidaire de la petite agriculture ciblant entre 600.000 et 800.000 exploitants.

Ce plan ambitieux qui s’est porté pendant plus de dix ans au chevet des agriculteurs a été couronné par des réalisations à la hauteur des objectifs tracés. En effet, le secteur agricole a pu drainer entre 2008 et 2018 un investissement de 104 MMDH et le PIB agricole a connu une augmentation annuelle de 5,25% contre 3,8% pour les autres secteurs permettant de créer ainsi une valeur ajoutée supplémentaire de 47 MMDH.

Cette Success story est encore promise à un bel avenir avec le lancement au cours de cette année de la nouvelle stratégie de développement du secteur agricole, baptisée “Génération Green 2020-2030”, visant à consolider les acquis des dix dernières années, en priorisant l’élément humain.

Cette nouvelle stratégie, qui intervient en application des Hautes Orientations Royales, vient tracer les contours de la stratégie agricole du Royaume durant les dix prochaines années et s’assigne pour objectif de faire émerger une nouvelle classe moyenne agricole, ciblant 400.000 ménages dans le milieu rural, en plus de pérenniser l’appartenance de 690.000 ménages à cette classe.


Cette stratégie œuvrera à l’amélioration des revenus des agriculteurs, via la poursuite des efforts d’investissement, à la mise en place d’un nouveau système d’incitation orienté vers les jeunes, à la généralisation de l’assurance agricole, qui touchera 2,5 millions d’hectares, et à la mise en place d’un cadre spécifique pour permettre aux agriculteurs de profiter des services liés à la protection sociale, avec le concours du secteur privé.

Les récentes précipitations enregistrées depuis fin novembre viennent aussi redonner espoir aux agriculteurs. Elles seraient à même d’alléger le stress hydrique dont a souffert la campagne précédente qui a vu la production céréalière chuter de 57% en comparaison avec une année moyenne sous le Plan Maroc Vert.

( Avec MAP )