L’ambassadeur du Brésil et la convergence avec le Maroc pour construire un modèle de partenariat

brisil

Par José Humberto de Brito Cruz

 Le 7 septembre, comme une date célébrée communément, la Fête nationale du Brésil a été marquée, à Rabat, par une cérémonie conviviale voire familiale, par une réception à laquelle ont pris part membres du gouver­nement, ambassadeurs accrédités, univer­sitaires, différents représentants de la so­ciété civile et des médias, des personnalités diverses. Un moment d’exaltation de l’amitié maroco-brésilienne, qui a offert à l’ambassa­deur du Brésil, M. José Humberto de Brito Cruz, l’occasion de prononcer un discours majeur. Cette allocution constitue un docu­ment précieux, il retrace l’évolution récente du Brésil et plaide pour l’approfondissement des relations de partenariat entre nos deux pays. Nous publions ci-dessous le texte inté­gral de ce discours.

C’est avec plaisir que je vous donne la bien­venue à cette résidence du Brésil. Je vous remercie à tous et à toutes d’être venus prendre part à notre fête nationale.

Aujourd’hui, le 7 Septembre, c’est le jour où nous, Brésiliens, au Brésil et partout dans le monde, cé­lébrons notre indépendance comme pays, établi en 1822.

Presque deux siècles après ce moment historique, le Brésil est, aujourd’hui, un pays évidemment très différent, un pays qui s’est modernisé, un peuple qui est fier de sa liberté et qui a confiance en l’avenir, un peuple qui peut, en outre, être fier de ses relations pacifiques de respect, d’amitié et de coopération avec tous les pays du monde.

Dans quelques semaines, exactement, nous aurons, au Brésil, des élections générales pour la présidence de la République, les postes de gouverneurs des États, le parlement, ainsi que les assemblées provinciales. ce sera un moment fort de la démocratie, plus de 147 millions de Brésiliens pourront participer au vote. globalement, plus de 28 mille candidatures ont été présentées aux différents niveaux d’organisation po­litique.


Nous serons cette année plus de 500 mille à déposer nos bulletins de vote à l’étranger. Moi-même je le fe­rai, comme tous les autres Brésiliens qui sont inscrits, au siège de notre chancellerie, à Hay Riad. l’ambas­sade du Brésil est très fière de participer à ce grand effort démocratique.

Nul n’ignore qu’au cours de ces dernières années, le Brésil a traversé un certain nombre de situations qui ont présenté des défis importants au fonctionne­ment de notre système politique. L’ordre du jour du débat politique brésilien est riche et complexe. À part les thèmes traditionnels – comme l’opposition entre gauche et droite, entre progressistes et conservateurs, plus ou moins d’intervention de l’État dans l’écono­mie d’impôts, entre autres, on a aussi toute une nou­velle dimension de débat qui résulte d’un processus sans précédents dans notre histoire de lutte contre la corruption.

Sans aucun doute, le Brésil vit, à l’heure actuelle, un moment de renouvellement de sa vie nationale. mais ce qui est le plus important, et le plus positif pour mon pays, c’est que nous le faisons en utilisant le meilleur instrument jamais inventé pour la solution et le dépassement des différences d’opinion et des conflits d’intérêt : l’instrument de la démocratie, dans le cadre de l’État de droit et de la pleine liberté d’expression, d’organisation et de participation politique.

Comme chacun le sait, la démocratie n’est ja­mais facile. Le grave épisode d’hier – l’attentat contre un candidat à la présidence de la Répu­blique, évènement qui heureusement n’a pas eu des conséquences fatales, mais qui est très grave tout de même – nous rappelle l’importance des institutions libres comme le plus puissant anti­dote contre le poison de la violence politique.


D’ailleurs on peut dire vraisemblablement que nous n’avons pas eu une bonne semaine. Je vou­drais profiter de cette occasion pour remercier, publiquement, les expressions de solidarité que nous avons reçues de plusieurs amis à la suite de la tragédie de l’incendie qui a ravagé notre Musée na­tional à Rio de Janeiro, il y a à peine une semaine. c’est une perte irréparable pour le Brésil, pour notre culture, et j’ose dire pour le monde entier.

Mesdames et messieurs,

Notre fête d’aujourd’hui est aussi l’occasion par­faite pour que j’exprime toute ma reconnaissance aux autorités marocaines pour le travail que nous menons ensemble pour le développement de nos relations d’amitié et de coopération.

Cette année, la visite du Chef de gouvernement du Maroc au brésil a confirmé l’excellence de notre dia­logue au plus haut niveau.


En novembre 2017, nous avions déjà réussi à relan­cer le dialogue entre Mercosud et le Maroc vers un accord de libre échange qui pourra permettre une aug­mentation importante des échanges commerciaux. Il faudra poursuivre ces efforts et faire de nouveaux pas en avant. Et on compte avancer aussi dans le domaine des investissements.

Nous avons approfondi les contacts entre les deux parlements, tout particulièrement avec le début des travaux des groupes d’amitié Brésil-Maroc du sénat brésilien et de la chambre des conseillers, qui se sont réunis à Brasilia et qui ont adopté un programme de travail ambitieux.

Cette année, l’Académie du Royaume du Maroc a consacré sa séance annuelle à l’Amérique latine. Et c’était un honneur pour nous que, par initiative de l’académie du royaume, ce cycle de discussion ait été ouvert par un Brésilien, l’ancien Président Fernando Collor de Mello.

Jamais le nombre de touristes brésiliens au Maroc n’a été aussi élevé. En 2017, plus de 45 mille de mes compatriotes ont visité le maroc, et le chiffre ne fait qu’augmenter chaque année. cela produit des résul­tats non seulement sur le plan économique, mais aussi dans le promotion d’une meilleure connaissance réci­proque entre les deux peuples. C’est ce qui explique qu’on ait déjà des vols directs entre Casablanca et Sao Paulo, ou entre Casablanca et Rio, chaque jour de la semaine. Des deux côtés, les touristes peuvent voya­ger sans besoin de visa.


Le Brésil et le Maroc construisent ensemble un nouveau partenariat, ancré sur l’idée d’un voisinage atlantique, sur une profonde affinité diplomatique. Cela se manifeste aussi dans l’intérêt porté à la coopé­ration culturelle. Je suis très content des candidatures présentées cette année par des étudiants marocains pour faire des études universitaires au Brésil.

Et je profite de l’occasion pour annoncer que nous organisons un très beau concert de musique brési­lienne, le 3 octobre, à la Bibliothèque nationale, avec la chanteuse Fabiana Cozza, l’une des plus brillantes interprètes de la samba de l’actualité. Vous serez les bienvenus.

Mesdames et messieurs,

Je vous ai parlé d’un processus de renouvellement politique au Brésil. La signification d’un tel renouvel­lement est d’autant plus évidente que le Brésil, pays en développement, doit continuer à faire face – et cela avec l’urgence qui s’impose – aux défis de la crois­sance économique, de la justice sociale, l’éducation, la santé ou la protection de l’environnement.


La conscience de l’urgence de ces défis est présente aussi dans nos relations avec nos amis, comme c’est le cas du Maroc.

Nous suivons avec le plus grand intérêt les efforts menés par le Maroc pour son développement et pour la prospérité et le bonheur de son peuple. Récemment, Sa Majesté le Roi du Maroc a parlé de l’importance qu’il accorde à la création des postes d’emploi pour les jeunes. C’est un défi que nous partageons et qui, comme l’a souligné Sa Majesté, est directement lié aux efforts dans le domaine de l’éducation et la for­mation professionnelle.

Le Brésil, où à peu près 1,5 million de jeunes entrent au marché de travail chaque année, doit, lui aussi, trouver un modèle de développement qui puisse assurer les opportunités pour les jeunes.

C’est une illustration parfaite des thèmes qui nous rapprochent et qui créent des opportunités pour un apprentissage mutuel et pour la coopération entre les deux pays.


Et c’est sur cette note que j’aimerais conclure cette allocution, avec cette idée qu’un apprentissage ré­ciproque est peut-être le meilleur fruit d’une belle amitié, dans ce cas particulier, la belle amitié entre le Brésil et le Maroc.

Merci Beaucoup.

Encore un instant de votre attention, pour un mes­sage plus personnel. Comme je le dis toujours, moi-même et ma famille, nous sommes très contents d’être au Maroc, un pays qui nous a accueillis chaleureu­sement. Je tiens donc à exprimer mes remerciements très sincères pour cette hospitalité marocaine, et aussi ma reconnaissance à toute l’équipe de l’Ambassade, de la Chancellerie et de la résidence Souissi.