Le 8 mars sous un regard nostalgique de ces militantes qui nous ont quittés

En cette journée du 8 mars où on a pris l’habitude de célébrer la femme, notre devoir est aussi de commémorer les figures emblématiques que le Maroc a perdues durant ces derniers mois. 

Le 30 novembre 2015, le pays a perdu une sociologue et écrivaine de renom. Une femme et une militante qui a marqué l’Histoire du Maroc a rendu l’âme à l’âge de 75 ans laissant derrière elle un nom synonyme de féminisme et de militantisme. Connue de son vivant pour son courage et sa volonté de changer les choses, Fatima Mernissi était l’une des féministes les plus influentes du monde arabe. Elle a laissé derrière elle de multiples ouvrages, qui traitent de la question des femmes musulmanes, dont le best-seller «Rêves de femmes, une enfance au harem». Ses ouvrages ont été traduits dans plusieurs langues, notamment l’allemand, le portugais et le japonais. Ce qu’elle écrivait, elle le pensait avec sincérité et avec le souci de contribuer à développer la société en montrant ce qui se trouvait de déplaisant autour d’elle. Ses œuvres sont exceptionnellement humaines et universelles. Les problèmes sociaux représentaient sans doute sa première préoccupation, mais elle les transposait sur le plan humain.

Ensuite et juste quelques semaines après, précisément, le 16 décembre 2015, la scène politique est endeuillée suite à la perte d’une femme emblème de l’honnêteté et de l’engagement, il s’agit bien entendu de la première femme marocaine nommée au poste de  conseiller de SM  le Roi, Zoulikha Nasri. Connue par sa rigueur dans le travail, Feue Zoulikha Nasri était une femme de terrain. Ayant accompli une carrière administrative à la direction des assurances, elle est nommée le 13 août 1997, par Feu SM le Roi Hassan II,  secrétaire d’état auprès du ministre des Affaires sociales chargée de l’Entraide nationale. Poste qu’elle conservera jusqu’en mars 1998. Elle a été l’une des quatre femmes à intégrer le gouvernement. Le 24 avril 1998, elle est nommée Chargée de mission au Cabinet Royal.
Le 29 mars 2000, Mme Zoulikha Nasri est nommée par SM le Roi Mohammed VI au poste de Conseiller de Sa Majesté et devient ainsi la première femme à occuper cette fonction. Sa disparition est un coup dur pour le champ politique.

L’année 2016, apportera son lot de deuil en terrassant la scène culturelle marocaine qui perd encore une fois une de ses artistes , mais cette fois-ci suite à une attaque terroriste à Ouagadougou. Leila Alaoui avait succombé à ses blessures le 18 janvier 2016. L’artiste se trouvait à Ouagadougou pour réaliser des photographies pour le compte d’Amnesty International. Née à Paris d’une mère Française et d’un père marocain, Leïla Alaoui a fait ses études secondaires à Marrakech avant de suivre des études en sociologie et de photographie documentaire à l’université de New York. Après avoir voyagé en Europe et en Amérique, elle s’était réinstallée au Maroc en 2008, mais vivait une partie de l’année en France et au Liban.
Leila Alaoui avait exposé ses œuvres aussi bien à New York, Dubaï qu’à Paris, notamment à l’Institut du monde arabe. Notons que l’artiste avait assisté à l’inauguration de son exposition à la célèbre Maison européenne de la photographie à Paris, une exposition intitulée Les Marocains. Le hasard tragique en a fait son ultime cadeau à son pays et à son peuple.


Trois femmes, des avant-gardistes qui ont marqué le pays, des femmes chevronnées, nous ont quittés à tout jamais.