Le besoin de liquidité des banques s’accentue en 2019

banques

Le besoin de liquidité en dirhams des banques s’est accentué en 2019 pour la deuxième année consécutive, tandis que les crédits ont augmenté de 4,5% et les dépôts de 2,9%, selon Bank Al-Maghrib (BAM).

Ainsi, le coefficient d’emploi (rapport entre les crédits et les dépôts) a augmenté de 2 points pour atteindre 98%, indique BAM dans la 16ème édition de son rapport annuel sur la supervision bancaire au titre de l’exercice 2019, notant que ce ratio, ajusté des certificats de dépôts, s’est maintenu à 91% d’une année à l’autre.

“Dans ce contexte, BAM a réduit le taux de la réserve monétaire de deux points à 2% et maintenu ses opérations d’injection de liquidité, notamment à travers, les avances à 7 jours, dont le volume a légèrement baissé de 3% à 65 milliards de dirhams (MMDH) à fin 2019, tandis que les refinancements au titre des prêts garantis par des créances sur les TPME sont restés au même niveau, soit 2,3 MMDH”, fait savoir le rapport.

Quant à l’encours de refinancement auprès de la Banque centrale, il représente 4,8% du passif du secteur bancaire. Cette part varie selon les banques de 0,5% à 10%. L’encours moyen quotidien des emprunts à blanc sur le marché interbancaire a reculé de 6,5% à 7,6 MMDH en 2019.

Ledit rapport fait également ressortir que la situation nette des banques sur le marché des repos, hors opérations avec Bank Al-Maghrib, a dégagé une position nette prêteuse de 24,4 MMDH, contre 16,4 MMDH en 2018, sous l’effet conjugué de la hausse des valeurs reçues en pension de 6,8 MMDH et de la baisse des valeurs données en pension de 1,1 MMDH.


En complément aux ressources clientèle et interbancaires, les titres de créance émis ont progressé de 21,3%, représentant 5,3% des ressources des banques contre respectivement 6,7% et 4,6% l’année dernière. Ainsi, les titres ayant une maturité supérieure à 2 ans représentent 47% du total contre 53% pour les titres de maturité inférieure à 2 ans, alors qu’elles représentaient 43% et 57% en 2018. De leur côté, les dettes subordonnées, d’une maturité plus longue, ont augmenté de 9% à 47,6 MMDH.

Au total, les emplois des banques sont constitués à hauteur de près de 44% d’emplois à court terme et 56% à moyen et long terme, contre respectivement 45% et 55% en 2018. Leurs ressources sont composées, quant à elles, à hauteur de 57% de ressources sans échéance, 21% de ressources à court terme et 22% de ressources à moyen et long terme.

Les actifs liquides et réalisables des banques, constitués notamment des valeurs en caisse, des dépôts auprès de Bank Al-Maghrib, des opérations interbancaires, des Bons de Trésor et des certificats de dépôt, ont totalisé, à fin 2019, un encours de 177 MMDH, en hausse de 8,7%. La part de ces actifs dans le total des emplois s’établit à 12,5%.

Côté liquidité en devises, les ressources, évaluées en contrevaleur dirhams, cumulent 63 MMDH en 2019. Ces liquidités se composent essentiellement d’emprunts de trésorerie et financiers (62%) et de dépôts à vue (30%). Pour leur part, les emplois en devises totalisent, en contrevaleur dirhams, 116 MMDH et sont essentiellement sous forme de prêts de trésorerie et financiers accordés aux établissements de crédit (30%), des financements en faveur des clients (22%) et enfin des dépôts auprès des correspondants étrangers (11%).