Le Burundi expulse une équipe de l’OMS

Le Burundi a notifié le bureau africain de l’OMS de l’expulsion de son représentant ainsi que de trois experts engagés dans la lutte contre la pandémie, avant le 15 mai 2020. 

Le ministère « a l’honneur de porter à [votre] connaissance, que les personnes dont les noms repris ci-après sont déclarées ‘persona non grata’ et que, par conséquent, elles doivent quitter le territoire du Burundi avant le 15 mai 2020 », est-il écrit dans une lettre adressée au bureau africain de l’OMS. Il s’agit de toute l’équipe de l’OMS chargée d’appuyer le Burundi dans sa riposte contre la pandémie, à savoir le représentant de l’OMS, le coordinateur de la riposte contre le Covid-19, le chargé du programme contre les maladies transmissibles, et un expert en biologie moléculaire, qui sont concernés, rapporte l’AFP. 

Selon la même source, un responsable burundais anonyme a déclaré que le ministre de la Santé a exclu l’OMS dans la gestion de la crise, l’accusant d’ingérence importante.

Une gestion sanitaire critiquée
Alors que les rassemblements massifs se poursuivent sans qu’aucune mesure sanitaire ou de confinement ne soit prise, hormis la fermeture des frontières, le pays ne compte que 27 cas positifs et un décès. Ces chiffres ont valu des critiques de la part de l’opposition et de médecins, accusant le gouvernement de cacher la vérité. Ce dernier se défend en déclarant que son pays est placé sous une « protection divine » : « le Burundi est une exception, car c’est un pays qui a donné à Dieu la première place » déclarait le porte-parole du président. Selon l’organisation Human Rights Watch, en 2019, les autorités ont refusé de déclarer l’épidémie de paludisme, malgré l’enregistrement de 8,5 millions de cas.

En attendant, le Burundi, mais aussi d’autres pays africains, se préparent à des élections et les meetings se poursuivent malgré la pandémie. Des élections qui s’annoncent sous haute tension entre les oppositions, qui redoutent déja des scrutins truqués.