Le CFCM appelle les mosquées de France à ne pas s’ouvrir aux cérémonies religieuses avant le 3 juin

Le Conseil français du culte musulman (CFCM) a appelé, samedi, les mosquées de France à ne pas s’ouvrir aux cérémonies religieuses avant le 3 juin prochain, après que le gouvernement a décidé de lever l’interdiction des rassemblements dans les lieux de culte, mise en place dans le cadre des mesures de lutte contre l’épidémie du coronavirus.

« Cette reprise doit être progressive et strictement encadrées par les règles et mesures de prévention édictées par le CFCM dans son site officiel », indique le Conseil dans un communiqué.

Depuis le début de la pandémie, le CFCM, principal interlocuteur des pouvoirs publics en France, s’est appuyé dans toutes ses décisions sur les recommandations des autorités médico-scientifiques et les décisions des pouvoirs publics, souligne Mohammed Moussaoui, président du Conseil.

« Le décret du 22 mai 2020 autorisant la reprise des cérémonies religieuses, ainsi que les Recommandations générales pour la reprise des cérémonies cultuelles, édictées par le ministère de l’intérieur, plaident pour une reprise progressive et strictement encadrée, avec la forte recommandation de différer cette reprise au 3 juin 2020 », insiste M. Moussaoui, qui préside également l’Union des mosquées de France (UMF).

Les « autorités médico-scientifiques qui n’auraient pas encore toutes les données nécessaires, n’émettront pas d’avis sur l’impact du déconfinement qui a débuté le 11 mai 2020 sur la situation sanitaire de notre pays », explique-t-il, en faisant observer que celle-ci reste « précaire malgré les améliorations constatées.

Dans ce sens, « le CFCM appelle les mosquées de France à ne pas s’ouvrir aux cérémonies religieuses avant le 3 juin 2020 », relève-t-on de même source.

Dans un communiqué publié dans la nuit de vendredi à samedi, le ministère de l’Intérieur a annoncé la publication d’un décret « dans les prochaines heures » autorisant la reprise immédiate des cérémonies religieuses en France, suspendues depuis plus de deux mois dans le cadre des mesures prises par le gouvernement pour lutter contre le Covid-19.

« Si l’objectif d’une reprise généralisée des cérémonies religieuses reste le 3 juin, il sera ainsi possible, dès la publication de ce décret, sous la responsabilité du gestionnaire du site et dans le respect des règles et obligations convenues avec les représentants des cultes, de célébrer à nouveau, progressivement, des offices », soulignait le département de Christophe Castaner dans son communiqué, notant que cette décision est le « fruit du dialogue riche et permanent que nous avons entretenus avec les cultes depuis le début de cette crise sanitaire ».

Cette décision intervient quatre jours après une décision du Conseil d’Etat demandant au gouvernement de lever cette interdiction, estimant que l’interdiction totale et absolue posée par le décret du 11 mai 2020, crée une « discrimination » entre les pratiquants et les non-pratiquants d’une religion ainsi qu’entre les Établissements de culte, interdits de recevoir du public, et les d’autres Établissements recevant du public, autorisés à recevoir moins de 10 personnes.

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