Le cuivre au cœur de la transition énergétique du monde (PCNS)

Le cuivre compte assurément parmi les métaux les plus importants dans la voie de la décarbonation du monde, d’ici à 2050 si l’on s’en tient aux ambitions affichées par la plupart des pays industrialisés, selon un policy brief du Policy Center for the New South (PCNS).

Intitulé “Des promesses de la transition énergétique à la morosité macroéconomique : le cuivre à la croisée des chemins”, ce policy brief élaboré par Yves Jégourel, Senior Fellow au PCNS, indique que la transition énergétique repose en effet sur quatre chantiers fondamentaux au sein desquels le métal rouge joue toujours un rôle essentiel.

Il s’agit, en premier lieu, d’électrifier les transports routiers, c’est-à-dire de réduire progressivement le nombre de véhicules à moteur thermique au profit des véhicules électriques, explique la publication, notant que ceux-ci reposent, par définition, non seulement sur des technologies particulières imposant le recours aux batteries Lithium-ion (Li-ion) et donc à certaines ressources minérales, mais également sur une utilisation plus forte du cuivre.

La transition énergétique implique, en deuxième lieu, que le surcroît d’électricité ainsi généré par la fin des moteurs thermiques soit alimenté par des sources renouvelables ou bas carbone, incluant donc l’énergie nucléaire, poursuit-on.

Dans ce sens, l’auteur de la note fait savoir qu’à l’instar des batteries Li-ion, leur développement nécessite des matières premières spécifiques : le silicium pour les panneaux photovoltaïques, les terres rares ou le zinc (galvanisation) pour les éoliennes offshore, de manière non exhaustive et impose également d’utiliser davantage de cuivre dans le câblage principalement (collecteurs et distribution), mais également le générateur, les transformateurs de puissance, la boîte de vitesse.

S’agissant de l’offre, une analyse trop rapide pourrait laisser à penser que les risques de tension sur l’approvisionnement sont exagérés, estime M. Jégourel.

Et d’expliquer que les rapports de l’International Copper Study Group (ICSG) mettent notamment en lumière que le monde dispose, depuis 1960, de trente-huit ans de réserves disponibles au rythme de la consommation passée et présente, sans que ce chiffre n’ait fondamentalement évolué au cours des ans.

En raison des gisements découverts, des progrès technologiques dans l’extraction et le traitement du minerai, mais aussi de l’élévation tendancielle des cours, les réserves minérales ont en effet crû au cours des décennies passées, expliquant ainsi la stabilité d’une telle statistique malgré l’accroissement de la consommation.

Par ailleurs, à l’instar de celles de très nombreuses matières premières, la trajectoire des cours du cuivre répond à une multiplicité de facteurs, souligne le Senior Fellow, ajoutant que la forte “dépendance environnementale” et les perspectives de déséquilibre offre/demande de ce métal ne semblent pas s’être reflétées dans les prix du métal rouge depuis 2020.

Dans ce sens, la publication révèle que deux facteurs ont plus particulièrement joué sur la dynamique haussière ou baissière du métal rouge, à savoir l’intensité de la demande chinoise, intrinsèquement liée à l’état de santé du secteur immobilier de ce pays et à la pandémie de Covid et la valeur du dollar qui s’est fortement appréciée de mai 2021 à octobre 2022 sous l’effet d’une inflation persistante aux États-Unis (comme dans le monde) et du resserrement monétaire décidé, en conséquence, par la Réserve fédérale américaine.

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