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Le français, les maths et les sciences : trois talons d’Achille des élèves marocains

Le dernier rapport du Conseil supérieur de l’Education est tombé mardi comme un couperet. En effet, les résultats du Programme national d’évaluation des acquis (PNEA 2019), établi par ledit Conseil, renseignent et alertent en même temps sur les compétences des élèves marocains du primaire et du collège.

En dehors de l’arabe où les différents scores obtenus par les élèves marocains égalent ou dépassent la moyenne de 250, les scores obtenus en français, en mathématiques et en sciences sont nettement en deçà de la normale et deviennent, de toute évidence, matière à action, plutôt qu’à réflexion.

Six ans de retard en français

Commençons par la langue de Molière. Le rapport fait le constat qu’en sixième année primaire, « 41% des élèves n’ont pas acquis, au cours des années antérieures, les ressources linguistiques requises pour poursuivre les cours de français prescrits en 6ème année primaire et seuls 12% ont assimilé la totalité dudit programme ». Cela dit, près de la moitié des élèves marocains devraient compenser, à compter de cette année, le fardeau de six ans de retard en français pour repartir sur de bonnes bases linguistiques durant les années de scolarité restantes. Un travail de bénédictin !

Le rapport ajoute que « les résultats concernant le français montrent que 4% des élèves de la 6ème année primaire n’ont pu répondre à aucune question du test de français et 9% ont réussi un seul item alors que 28% ont réussi trois items. Ces derniers sont à peine capables de comprendre le statut des personnages dans un court texte narratif et le sens d’un mot dans son contexte textuel et, d’exprimer un rapport logique de cause. Ces acquis représentent à peine 8% du programme de français prescrit, soit sa partie la plus facile ».

Toutefois, « les écoles primaires privées devancent les écoles publiques urbaines en français avec un score de 293 contre 246 ». Soit 47 points de différence. Un écart abyssal, dirait-on, en l’état actuel des choses.

Le collégial sur les pas du primaire

La troisième année du secondaire collégial n’est pas en reste. « 76% des élèves ont assimilé moins de 21% du programme de français prescrit (…) et seuls 11% en ont assimilé plus de 91% ».

L’écart entre les performances dans les écoles rurales et les écoles urbaines publiques en français s’accroît en passant de 8 points en 6ème année primaire à 12 points en 3ème année du secondaire collégial, fait savoir le rapport, relevant que l’écart dans les scores entre l’enseignement privé et l’enseignement public urbain concernant le français s’accentue et « atteint 82 points à la fin du secondaire collégial contre 47 points à la fin du primaire ».

Echec aux maths

Le chapitre consacré aux compétences des écoliers marocains en mathématiques déduit clairement que la plupart d’entre eux, surtout ceux majoritaires des écoles publiques, ne sont pas des matheux. Selon les résultats de l’enquête, 48% des élèves ont assimilé moins de 23% du programme des mathématiques prescrit en 6ème année primaire et seuls 27% en ont assimilé plus de 88%.

« À la fin du primaire, les élèves des écoles privées performent relativement mieux en mathématiques (280) que ceux relevant des écoles publiques urbaines (246) », indique-t-on.

Presque le même scénario se joue en troisième année secondaire collégiale, où « 44% des élèves ont assimilé moins de 23% du programme des mathématiques et 12% seulement en ont assimilé plus de 85% ».

Une fois de plus, « l’écart en mathématiques entre les collèges privés et les collèges publics urbains a presque doublé en passant de 34 points à la fin du primaire à 66 points à la fin du secondaire collégial ».

Les sciences, dernière note d’amertume

Les sciences ne sont pas non plus le fort de la majorité des élèves marocains. En matière d’éveil scientifique au primaire, « 38% des élèves ont assimilé moins de 43% du programme de l’éveil scientifique (…) et 33% en ont maîtrisé plus de 84% ».

Quant aux Sciences de la vie et de la terre au secondaire collégial, le rapport note que « 47% des élèves ont assimilé moins de 38% du programme des sciences de la vie et de la terre prescrit en 3ème année secondaire collégiale et 24% en ont acquis plus de 55% », tandis qu’à la fin du secondaire collégial, « les collèges privés réalisent des scores en sciences de la vie et de la terre plus élevés que ceux des collèges publics urbains avec un score de 297 contre 247 ».

En physique-chimie au secondaire collégial, « 74% des élèves de la 3ème année secondaire collégiale n’ont pas acquis le niveau de compétences minimales requises pour la poursuite des études scientifiques au secondaire qualifiant », un chiffre qui est, en tout état de cause, de très mauvais augure pour l’avenir de cette matière.

Les auteurs du rapport, sans doute interpellés par l’hiatus existant entre les écoles publiques et privées, ont cette fois employé l’adverbe « largement » pour dire que « les collèges du secteur privé devancent largement ceux du secteur public urbain en physique-chimie avec un score de 303 contre 246 ».

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