Le président du groupe d’amitié France-Maroc devant la justice

Mustapha Laabid

Par Khadija Skalli

Le député franco-marocain Mustapha Laabid, président du groupe d’amitié France-Maroc, a comparu hier lundi 3 juin devant le tribunal correctionnel de Rennes pour « abus de confiance ». Le parquet a requis six mois de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité. Le tribunal rendra son verdict le 6 août prochain.

L’étau judiciaire se resserre autour du député franco-marocain Mustapha Laabid. Le président du groupe d’amitié France-Maroc a comparu hier lundi 3 juin devant le tribunal correctionnel de Rennes pour « abus de confiance », rapporte l’AFP. Il est accusé par le parquet d’avoir utilisé « à des fins personnelles » des fonds de l’association d’aide à l’insertion professionnelle « Collectif Intermède », financée uniquement par subventions publiques. Le député franco-marocain présidait cette ONG de 2006 à 2017.

Selon le parquet, le montant du préjudice présumé est de 21.930,54 euros. L’accusé aurait utilisé ce montant pour payer des repas dans des restaurants, pour financer des achats dans des magasins de sport, de vêtement ou encore des paiements de téléphonie et d’hôtels à Rennes, à Paris et à Marrakech.

Le député a reconnu une gestion « maladroite et approximative » des fonds de l’ONG. Il admet qu’il puisse y avoir « des négligences » et « des erreurs » dans la gestion. Une explication qui n’a pas convaincu le procureur. Ce dernier a souligné que ces « manquements réitérés » ne pouvaient être uniquement considérés comme des erreurs mais bien comme des « détournements volontaires ».


Ainsi, le parquet a requis six mois de prison avec sursis et cinq ans d’inéligibilité contre Laabid. Le tribunal rendra son jugement le 6 août prochain.

Pour rappel, cette affaire remonte à novembre 2017. Une enquête a été ouverte par la police judiciaire de Rennes suite à la note transmise par Tracfin, service de renseignement financier de Bercy, dans laquelle il souligne « des mouvements financiers suspects sur les comptes de l’ONG et de son président, Mustapha Laabid ».

Le député franco-marocain crie au « complot politique ». « Le signalement à Tracfin intervient quand mon client sollicite les urnes alors qu’on a rien eu à redire pendant 10 ans », martèle son avocat dans une déclaration au site web de France3.

Mustapha Laabid a été élu député de la République en marche de la République en marche de la 1re circonscription d’Ille-et-Vilaine, lors des élections législatives de 2017.