Le président tchèque accuse la Turquie d’être un allié de Daech

Par Saad Bouzrou

Les propos du président tchèque interviennent quelques jours après que la Turquie a annoncé une opération conjointe avec l’Iran contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qu’Ankara considère comme une organisation terroriste.

Lors d’une visite, mardi 19 mars 2019, dans la région de Karlovy Vary, le président tchèque Milos Zeman a déclaré qu’il considérait la Turquie comme un « allié de fait » de Daesh, a rapporté l’agence de presse CTK.

«Pourquoi [les Turcs] attaquent-ils les Kurdes? Parce qu’ils sont de facto des alliés de l’Etat islamique [Daesh] », a déclaré le président, répondant à une question posée par l’un des participants à la réunion. «Il y a des informations selon lesquelles la Turquie, qui est membre de l’Otan et veut adhérer à l’UE, a joué le rôle d’intermédiaire lors de certaines opérations d’approvisionnement de Daech, alors que ce groupe terroriste occupait de vastes territoires en Syrie et en Irak. Il s’agissait notamment de l’exportation de pétrole et d’autres opérations logistiques».

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Le président tchèque a ensuite accusé son homologue turc Recep Tayyip Erdogan de mener une politique d’islamisation de son pays. «Ce n’est plus l’État laïc de [Kemal] Ataturk, mais un État qui professe une idéologie islamique. Il en découle logiquement qu’il est proche des radicaux islamiques et qu’il attaque les Kurdes», a affirmé Zeman.

Erdogan n’a pas encore commenté ces accusations, mais Ankara les a rejetées, mercredi 20 mars, par le biais de son ambassadeur à Prague.

Le mois dernier, Erdogan a annoncé que la Turquie était prête à lancer une opération contre les Unités de protection du peuple (YPG) soutenues par les Kurdes et par les Etats-Unis, qu’elle considère être affiliées au PKK, à Manbij, en Syrie.

Cependant, après des entretiens avec le président américain Donald Trump, qui a informé le gouvernement turc du retrait des troupes américaines de la Syrie, Erdogan a reporté ses plans, affirmant que l’offensive ne serait lancée qu’après le retrait complet des forces américaines.

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