Le public européen sous le charme du “Sahara Blues” du groupe marocain Doueh

Sahara Blues

Le public européen a été invité, vendredi soir, à faire une immersion dans l’univers magique du “Sahara Blues” du groupe marocain Doueh, dont la musique aux influences multiples est ancrée dans le patrimoine traditionnel hassani dans toute sa splendeur.

Le prestigieux Palais des beaux arts (Bozar) a vibré à cette occasion aux rythmes entraînants de cette formation novatrice dont le style musical est un métissage de sonorités blues, rock et folk, qui évoque les paysages féeriques du Sahara marocain au cœur des dunes et des oasis.

Originaire de Dakhla, ce groupe familial mené par le talentueux guitariste Baamar Selmou a livré une prestation sensationnelle devant un public conquis par cette fusion de sons à la fois puissante et subtile.

Costumes sahraouis, danses traditionnelles, guitares électriques et arrangements rock, tous les ingrédients étaient réunis pour servir aux spectateurs, venus nombreux, un cocktail savoureux et coloré.

Conciliant tradition et modernité, les membres de Doueh ont gratifié le public, lors de ce concert, de quelques uns des plus beaux vers de la poésie hassanie qu’ils ont agrémentés de sons intenses et hypnotiques.


Ces morceaux ont été magistralement interprétés par la charismatique chanteuse du groupe, Halima Jakani, qui, avec sa voix puissante et envoûtante, sa spontanéité sur scène et ses pas de danse traditionnelle exécutés avec grâce et raffinement a littéralement subjugué l’assistance.

Le guitariste Baamar Selmou a, quant à lui, marqué les esprits avec son jeu électrique qui réinvente le son sahraoui en puisant avec maestria dans la musique occidentale.

Généreux et communicatifs, les membres de la formation Doueh sont très vite entrés en communion avec le public, partageant avec lui leur bonne humeur et leur joie de faire une musique universelle tout en mettant en avant leur identité marocaine avec fierté.

Cette énergie communicative et contagieuse a inondé la salle, tout au long de la soirée, pour le plus grand bonheur d’un public en transe, se délectant d’une expérience musicale aussi explosive que réjouissante.


N’hésitant pas à bousculer les codes musicaux, Doueh mise sur la créativité et l’originalité pour signer des compositions époustouflantes. Pour sa collaboration avec le groupe Cheveu, trio de garage-rock français underground sur l’album commun “Dakhla Sahara Session”, la formation Doueh avait remporté en 2017 à Paris le prix des Indès, dédié à la musique indépendante européenne.

Cet album qualifié par les spécialistes de “sound-clash entre deux univers situés à des années-lumière dans la galaxie musicale”, a été présenté à l’occasion d’une grande tournée européenne organisée dans les plus grands festivals européens, dont les Eurockéennes de Belfort, le Dour Fest en Belgique, le Roskilde au Danemark (plus important festival des pays scandinaves), en passant par la scène de l’Institut du Monde Arabe à Paris ou celle de la fête de l’humanité.

Il a également fait l’objet d’un accueil extrêmement positif de la part de la presse internationale. Il a ainsi été qualifié de “magistral” par le journal français Libération ou encore de “fantastique” par le site américain “Vice”.

Organisée par le Centre nomade des Arts “Moussem” et le Palais des beaux arts, avec le soutien de l’ambassade du Maroc en Belgique, cette soirée a été également marquée par la prestation du groupe du blues touareg “Terakaft” originaire du nord du Mali.


A l’instar du groupe mondialement connu “Tinariwen”, cette formation transmet à merveille la dimension hypnotique et rythmique du blues sahraoui avec des sons du désert bruts et libres, où se retrouvent des influences du rock et de la musique traditionnelle touarègue.

Dans une déclaration à la MAP, le directeur de Moussem Mohamed Ikoubaan a souligné que cette programmation exceptionnelle est un hommage à la créativité des fils du sahara, relevant que la similitude des rythmes et des répertoires de ces deux groupes mondialement connus, l’un venu du Mali et l’autre de la ville marocaine de Dakhla, transcende les frontières politiques et géographiques pour donner lieu à une communion et une complémentarité culturelle parfaite.