La leçon d’al Hoceima : le tribut payé à la vérité

Sans être pour autant définitivement apaisée – tant s’en faut !- la situation qui prévaut désormais dans la province d’al-Hoceima n’est plus effervescente comme elle le fut pendant les derniers mois. Elle est manifestement marquée par une relative accalmie qui invite à une pause de raison, voire à une sérénité nécessaire. Les instructions royales à l’endroit des forces de sécurité pour qu’elles se retirent des lieux de la contestation publique, son engagement à faire aboutir à la fois les chantiers structurants et l’enquête portant sur les retards y afférents, participent d’une nouvelle dynamique qui vient clôturer un cycle de l’histoire convulsée d’une région qui nous est chère.

Nous étions nombreux à désespérer face à cette montée des périls, accompagnée d’une débandade de la Raison et d’une logorrhée de discours et d’invectives. Evidemment il est plus facile de se livrer à la violence ou aux affrontements que de raison garder ou d’en appeler au dialogue.

Manifestations revendicatives, à coup sûr, elles ont été non moins surement détournées à des fins d’instrumentalisation. Quand les jeunes d’al-Hoceima marquaient une « pause » ou tempéraient leurs ardeurs belliqueuses, c’étaient des légions – du 18 Septembre notamment –  qui sortaient dans les rues en Espagne, en Hollande et en France au motif qu’il fallait – à des milliers de kilomètres du Maroc –  entretenir la flamme de la révolte avec l’objectif illusoire de créer les conditions d’un « printemps rifain » voire d’un irrédentisme régionaliste, d’inciter des centaines de jeunes de moins de 15 ans à sortir lancer des pierres contre les forces de l’ordre.

La haine de soi

La haine de l’autre, du pauvre policier venu de Tiznit ou de Timahdite pour assurer son service au milieu d’une foule hostile, pour respecter le jeûne du Ramadan loin de sa famille et de ses enfants, pour conserver vaille que vaille sa patience et son sourire au milieu du…gué !

La haine de l’autre, c’est à coup sûr la haine de soi…S’il fallait une illustration évocatrice de cette dure banalisation de la violence, ce sont cet incendie déclenché alors que les policiers dormaient dans leurs chambres, ensuite ces pompiers accourus à leur secours mais empêchés d’accéder aux appartements que ces policiers occupaient et qui sautaient des fenêtres pour sauver leur peau…Une image d’autant plus humiliante qu’elle discréditaient davantage les manifestants qui montraient-là leur aveuglement et l’irrespect inhumain face à un corps d’Etat.

L’amazighité, la spécificité linguistique, le fantasme d’une identité rifaine, un certain particularisme affiché à tours de bras, le brandissage à des fins plus que provocatrices du drapeau amazigh, cette irascible détermination à prendre en dérision les représentants du gouvernement, du parlement et de l’Etat, ce déni de la règle et de la loi pouvaient-ils, franchement, continuer ad vitam aeternam ? On a vu l’illustration la plus éloquente du brouillamini et de la confusion de certains prétendus intellectuels qui, tour à tour, ne sachant sur quel pied danser ont pris fait et cause – tout à leur honneur d’ailleurs – pour les leaders de la contestation !

Répression, tortures, violations ….

On les a vus aussi – c’est de bonne guerre –  prendre position unilatéralement contre l’Etat et ses institutions sécuritaires, charger celles-ci et les accabler de toutes les vilénies, reprenant de vieux slogans et des mots comme « répression », « violations des droits de l’Homme », « tortures », « Etat totalitaire » et tutti quanti… Un tel excès de langage, relevant davantage de la méprise que de la vérité, destiné à fourvoyer l’opinion internationale, corroborant aussi la haine des adversaires du Maroc à l’étranger, ne peut résister à l’examen dès lors que la réalité des arrestations des auteurs de troubles – à commencer par celle de Nasser Zefzafi et de ses complices immédiats- a prouvé leur implication dans les agressions et les violences, passibles de la Loi.

Or, la Loi est au-dessus de toutes et de tous ! Personne n’en échappe. Pas plus les responsables des négligences ayant mis en péril le programme de développement de la province lancé à Tétouan en 2015 par S.M. le Roi que les meneurs des troubles ayant suivi le tragique accident qui a coûté la vie à Mouhcine Fikri  le vendredi 28 octobre 2016, que bien entendu aussi tous ceux qui, ne mesurant pas la gravité des choses, tentent d’instrumentaliser la crise du Rif à des fins politiques.

Jamais explosion sociale n’aura été récupérée politiquement avec autant de cynisme que celle d’al-Hoceima : les associations étrangères hostiles au Maroc, les Etats et gouvernements ne se résolvant toujours pas à ce que notre pays constitue une « exception » – qui ne veut rien dire – dans la vague meurtrière des soulèvements, les médias, radios et télévisions qui font de la crise du Rif leurs choux gras et se réjouissent d’ores et déjà du spectre de l’effondrement, les charognards campés dans leur antimarocanisme, et ces chaines de télévision étrangères se grinçant les dents contre le parquet de réjouissance à chaque feu déclaré ou chaque malheur annoncé dans le monde…

Le devoir de l’Etat, surtout démocratique, est évidemment de promouvoir les libertés et de protéger les institutions, les biens publics et les citoyens. Aussi prosaïque et simple qu’elle semble,  cette double détente assignée à sa mission est le socle de son existence. Sur les deux exigences nodales, l’Etat ne saurait être faillible sous peine de disparaître. Dans la crise d’a-Hoceima, nous avons constaté que beaucoup et non des moindres, plutôt que de respecter cette double contingence, ont préféré n’y voir qu’un aspect et un seul qui caresse dans le sens du poil : celui de la « répression » ! Ils prennent ainsi le dispositif démocratique du bout de la lorgnette, celui qui arrange le discours des contestataires et de ceux qui les soutiennent mordicus

Un claquement de doigts compulsif

Quelques esprits bien pensants n’ont pas hésité, dans un claquement de doigts terrifiant, à demander ni plus ni moins la démission du gouvernement, surfant sur un populisme de mauvais aloi, oubliant que le Maroc vient tout juste d’en constituer un nouveau après avoir attendu plus de 6 mois…Les réseaux sociaux ont servi de caisse de résonance à cette condamnation sans appel de l’Etat et de ses forces de sécurité, une véritable curée , disons une débauche de post, de textes, de vidéo, alimentée en interne et à l’extérieur du Maroc, a été déversée sur cette galaxie universelle qu’est l’Internet, transformé en un puissant vecteur.

Le comble, c’est que la violence numérique contre le pays, le notre en l’occurrence, relayée en interne est restée unilatérale. Quand bien même les rares images de policiers agressés, blessés gravement, emportés dans un état comateux dans les hôpitaux, eurent donné la preuve de la provenance des agressions, c’est quasiment un black-out qui a caractérisé leur publication sur les réseaux…L’évidence crevait les yeux pourtant : les policiers étaient agressés, Zefzafi a bel et bien violé un lieu de culte au moment – ce qui n’est pas le moindre crime – de la prière d’al-Joumouâa, certains instigateurs ont poussé des enfants à l’affrontement avec la police, d’autres se sont faits les complices de la presse étrangère, lui livrant vidéos, renseignements et autres « armes » pour nous attaquer !

Et pourtant, certains rhéteurs et magiciens du Net, convertis en militants antimarocains, moralisateurs en n’en plus finir, ne se fatiguent jamais d’avoir toujours raison, ne s’accommodent finalement point de la vérité qui est d’abord celle d’une immense souffrance partagée par nous tous, appelée al-Hoceima ! Et pour le développement de laquelle le Maroc tout entier est mobilisé, Roi, gouvernement, parlement, secteurs public et privé, société civile et autres partenaires sensibles à l’injustice qui a frappé la région. L’enquête diligentée pour situer les responsabilités de chacun dans le retard de mise en œuvre du programme royal de développement, nous éclairera à coup sûr et nous fera dévoiler les tenants et aboutissants de cette gabegie collective….

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