L’endettement des entreprises, principal risque pour le système financier français

Banque de France

L’endettement des entreprises, notamment dans le contexte de la crise économique consécutive à la pandémie du nouveau coronavirus, demeure “au premier rang” des risques qui pèsent sur le système financier français, a prévenu jeudi la Banque de France.

Si la deuxième vague et les mesures nécessaires à son endiguement ont un effet global moins important sur les entreprises, elles “accentuent encore” l’hétérogénéité et les divergences de trajectoire, en matière d’endettement net individuel, avec des perspectives de croissance très variables d’un secteur d’activité à l’autre, souligne la banque centrale dans son rapport semestriel sur l’évaluation des risques du système financier français.

En compliquant le remboursement des dettes contractées au printemps pour faire face au choc de trésorerie associé au premier confinement dans le sillage de la pandémie du Covid-19, “une reprise lente est de nature à dégrader fortement la situation financière des entreprises les plus fragiles”, note l’institution dans son rapport.

Un tel scénario, avec “une augmentation importante des défauts des sociétés non financières serait de nature à peser sur les résultats des banques, via une augmentation des pertes et provisions”, ajoute la Banque de France, notant que pour les ménages, “en cas de hausse marquée du chômage, leur solvabilité pourrait se détériorer”.

L’effondrement observé en mars a été effacé depuis et plusieurs indices boursiers ont renoué avec des niveaux records, mais “une dégradation marquée des prix d’actifs pourrait se matérialiser en cas de choc adverse”, prévient le rapport, qui relève en outre que la crise “renforce encore davantage le besoin d’une transformation numérique des institutions financières tout en constituant une nouvelle source de risques”.


L’évaluation revient ainsi sur “deux risques associés à la digitalisation, le risque cyber pesant directement sur les institutions financières, mais également – au travers d’un chapitre dédié –, en lien avec l’instauration de pratiques de télétravail plus généralisées et d’une montée en charge du commerce électronique de détail, les conséquences d’une dépréciation marquée de l’immobilier commercial sur la stabilité financière”.

( Avec MAP )