Les bacheliers, entre des vacances bien méritées et la préparation pour les grandes écoles

études supérieures

Par Bassma Rayadi

L’obtention du diplôme du baccalauréat constitue le couronnement de tout un parcours scolaire riche en acquis et en apprentissage, et le fruit des efforts déployés par des élèves persévérants, des enseignants rigoureux et des parents bienveillants. Une fois le précieux sésame en poche, les bacheliers, désirant célébrer leur réussite et profiter des vacances, se heurtent aux concours d’accès aux écoles supérieurs qui arrivent à grands pas.

Après avoir dépassé avec succès le dernier obstacle durant deux années de baccalauréat, la première se concluant par un examen régional et la deuxième aboutissant à l’examen national unifié, les bacheliers se trouvent dans l’angoisse, à réviser et à préparer de nouveau pour les concours des grandes écoles. En effet, l’admission dans un établissement d’enseignement supérieur s’avère le plus grand défi à relever pour les nouveaux détenteurs du bac, dans la mesure où le nombre de places est limité, les candidats étant nombreux et les concours très sélectifs.

Ainsi, un vaste choix de poursuite d’études supérieures s’offre aux bacheliers marocains : les facultés, les instituts ou encore les grandes écoles supérieures. L’accès à certains de ces établissements se fait par sélection sur dossier (EST, BTS, CPGE…) alors que l’admission dans d’autres s’effectue essentiellement par voie de concours (ENCG, ENSA, ENA, facultés de médecine…)

Enthousiastes d’envisager l’avenir avec confiance et espoir, les bacheliers commencent la nouvelle course d’envoi des dossiers et de préparation des concours d’accès aux grandes écoles qui leur donneront la possibilité de suivre des études dans leurs domaines de prédilection respectifs, tout en s’appuyant sur l’encouragement et le soutien de leurs parents et leurs familles, qui subissent autant de stress et de pressions que leurs enfants, et souhaitent les mener vers l’excellence.

“Fière de décrocher mon diplôme avec mention très bien, j’ai commencé la préparation à mes concours quelques jours après l’affichage des résultats, j’ai suivi des cours intensifs pour décrocher une place et réussir ces concours sélectifs, tels que les examens des facultés de médecine, de la médecine dentaire, de la pharmacie ainsi que de l’école nationale d’architecture et de l’école nationale des sciences appliquées”, dit Nada, jeune bachelière de 18 ans en sciences expérimentales, approchée par la MAP.


L’inquiétude de cette bachelière confirme qu’avoir une note de 17, voire même 18 sur 20 en moyenne ne garantit pas une place dans les grandes écoles, vu que le nombre des admis augmentent. En effet, un nombre total de 253.808 candidats de l’enseignement public et privé ont été admis aux sessions ordinaire et de rattrapage de l’examen national unifié 2019, selon le ministère de l’Éducation nationale, de la Formation professionnelle, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, avec un taux global de réussite de 77,96%, contre 71,96% en 2018, soit une hausse de 6%.

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L’année scolaire 2019 s’est soldé par un résultat exceptionnel, avec plus de 77% de réussite à l’examen du baccalauréat, et avec une première note de 19.40 sur 20 à l’échelle nationale, obtenue par un bachelier en sciences mathématiques dans la région de Rabat-Salé-Kenitra.

Par ailleurs, il est prévu qu’environ 250.000 étudiants intègrent les universités au titre de la prochaine rentrée universitaire, selon le ministère, en raison justement de la hausse du taux de réussite. Ce nombre croissant des étudiants met en question la capacité des bacheliers à exceller dans une évaluation où les concurrents se multiplient contre des places limitées. Par conséquent, plusieurs bacheliers, ayant décroché leur bac avec mention bien et très bien, n’arrivent pas à réussir leurs concours des grandes écoles et se trouvent face à un sort unique, rejoindre la faculté. Et pour s’en échapper, quelques-uns empruntent la voie des études à l’étranger.


Interrogé par la MAP, Zyad, étudiant en sciences politiques à l’université de Lille, a affirmé qu’il ne regrette surtout pas son choix, pour des raisons diverses, notamment en ce qui concerne la particularité de la formation qui n’est pas vraiment disponible au Maroc, à part celle d’excellence à l’université Mohammed V, faisant savoir qu’après l’obtention de son baccalauréat, il n’était pas le temps de penser aux vacances mais une période de stress et de perte dans les démarches complexes qui ont abouti à l’obtention de son visa.

Lamyae, quant à elle, rêvait toujours de devenir médecin. Son échec aux concours de la faculté de médecine malgré sa moyenne honorable l’a obligée à postuler ailleurs. En France, elle a pu s’inscrire à l’Ecole nationale supérieure d’architecture de Toulouse, mais a échoué de s’intégrer dans un environnement peu accueillant, a-t-elle déploré dans une déclaration à la MAP. Face à cette situation, la jeune bachelière a dû laisser tomber une année d’études et repasser, encore une fois, les concours au Maroc, où elle a finalement été admise à l’Ecole nationale d’architecture de Tétouan.

Un autre problème que rencontrent les bacheliers, en plus de la galère des préparations aux concours en pleines vacances, est l’orientation. C’est un exercice assez délicat qui exige une parfaite maitrise de son profil, des formations proposées et du parcours désiré.

Emprunter la voie de la réussite demeure l’objectif ultime de tous nos bacheliers qui ont déployé tant d’efforts et de patience pour surmonter les difficultés et relever les challenges. Ils donnent ainsi un message de ténacité et de persévérance à la société et aux générations montantes, et expriment une reconnaissance envers des parents qui n’ont épargné aucun effort pour leur garantir un soutien hors-pair.