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Les Belges dimanche aux urnes pour élire leurs représentants locaux

Les Belges dimanche aux urnes pour élire leurs représentants locaux

Les Belges sont attendus, dimanche, aux urnes pour élire leurs représentants au titre des communales de 2018, un scrutin local à enjeu national, marquant le début d'une année électorale intense dont le moment phare sera le méga scrutin du 26 mai de l’année prochaine : fédérales, régionales et européennes.

Au total, quelque 8.135.774 électeurs – y compris les étrangers qui peuvent aussi voter à condition de justifier d’une résidence permanente de 5 ans minimum - devraient se rendre aux bureaux de vote ouverts à travers la Belgique pour renouveler pas moins de 581 conseils communaux.

Le scrutin concerne 19 communes à Bruxelles, 5 provinces et 308 municipalités dans la région flamande, 9 districts dans la ville d'Anvers, en plus de 5 provinces et 262 communes dans la région wallonne.

Dans les communes dites à facilités linguistiques de Fourons, Comines-Warneton et de la périphérie de Bruxelles, les échevins (adjoint au maire) et les membres des centres publics d'action sociale (CPAS) sont élus directement. Si le vote est obligatoire en Belgique, plus d’un Belge sur trois assure néanmoins qu’il n'irait pas voter s'il n'y était pas obligé, selon les résultats d’un sondage publié cette semaine.

Il ressort de cette enquête que les Flamands seraient enclins à 63 % à se rendre aux urnes pour les communales et à 64 % pour les législatives.

Pour les Bruxellois, 62 % effectueraient leur devoir citoyen pour les communales et 64 % pour les législatives, tandis que les Wallons sont légèrement en retrait par rapport aux autres régions : ils ne seraient que 58 % à voter aux législatives et 59 % aux communales.

Conscient de l’enjeu de cette échéance, les partis belges, toutes sensibilités confondues, avaient annoncé la couleur dès la rentrée politique en s’engageant dans une campagne offensive pour convoiter notamment les voix des indécis.

Qu’il s’agisse de gagner du terrain, confirmer ou renforcer une position, les programmes politiques rivalisaient pour convaincre les Belges attendus aux urnes, pour ce premier rendez-vous électoral de l’année.

→ Lire aussi : Manifestations en Belgique contre la réforme des retraites

Sans prétendre vouloir influencer l'organisation des prochaines échéances, le Premier ministre Charles Michel avait énuméré, lors du Conseil des ministres de la rentrée, les principaux dossiers sur la table du gouvernement. A commencer par la mise en œuvre du "Jobs Deal", mécanisme phare de son mandat visant à pourvoir les emplois en pénurie, en plus des questions de la sécurité et de la défense ou encore la poursuite de la concertation avec les bourgmestres (maires) et les gouverneurs afin de prendre en compte le phénomène de la transmigration.

Alors que les libéraux du MR évoquent la possibilité d’un gouvernement Michel II, les performances réalisées au niveau local, à l’occasion des communales, seront un véritable test autant pour les partis de la majorité qui seront attendus sur leur bilan, que pour ceux de l’opposition voire les petites formations qui ne rateraient logiquement pour rien une telle occasion pour pointer les insuffisances de l’action gouvernementale, y voyant une aubaine pour faire avancer leurs idées.

Parmi les principaux protagonistes, le parti DéFI - Démocrate fédéraliste indépendant abordait cette échéance locale avec un message clair aux électeurs : "Donnez le signal le 14 octobre. Ne votez pas par habitude, parce que vous connaissez quelqu’un… Non, les communales peuvent être le signal d’une volonté de changement profond dans la gestion publique".

Même son de cloche auprès des Verts d’Écolo qui appellent à "changer de cap politique, rapidement" en misant sur le développement durable, alors que le Parti socialiste (PS) plaçait sa campagne sous le signe de "l’antithèse" pour dénoncer les "régressions sociales" issues des réformes de la coalition.

Pour leur part, les humanistes du CDH tablent sur les communales pour imprimer une dynamique citoyenne à même d’éviter le désastre, au moment où l’opposition radicale, dont le PTB (extrême gauche) et le PP (extrême droite), perce dans les sondages.

De leur côté, les nationalistes flamands de la N-VA, le plus grand parti de Flandre (nord) mais troisième formation au niveau local, aspirent à établir le rôle de leur parti en tant que leader à l’issue du scrutin du 14 octobre, en maintenant notamment son pouvoir à Anvers. Le CD&V reste jusqu’ici le premier parti au niveau local en Flandre, suivi de l’Open VLD.

Dès son lancement, la campagne se profilait, de l’avis des observateurs, aux allures de celle de 2014 avec la N-VA qui ne cachait pas sa préférence pour la poursuite d’une coalition de centre-droit, sinon une négociation vers le confédéralisme dans le cas où les socialistes seraient incontournables. Ces derniers espèrent plutôt évoluer avec leurs alliés francophones potentiels vers une majorité alternative si le CD&V retourne sa veste, avec une certaine préférence pour "une alliance PS-Ecolo-Défi" en vue des élections communales d'octobre et des législatives de 2019.

En promouvant cette alliance, présentée comme une "coalition du progrès", le PS se détourne du CDH, à l'origine de son exclusion du gouvernement wallon à l'été 2017.

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