“Les dérapages de Ban Ki-moon compromettent sérieusement les efforts onusiens vers une solution”

 

La récente visite du secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, à Alger et à Tindouf, a été particulièrement décevante pour tous ceux qui espèrent voir ce conflit résolu, en premier lieu les milliers de familles sahraouies séquestrées dans les camps de Tindouf, et, de ce fait, porte sérieusement atteinte aux efforts onusiens visant une solution à ce différend artificiel, écrit l’ancien diplomate américain et spécialiste de la région, Robert Holley.

La visite de Ban à Alger et à Tindouf a été un événement singulièrement mauvais pour tous ceux qui espèrent voir ce conflit résolu, en premier lieu les milliers de familles sahraouies qui ont été séparées par ce conflit. La visite n’a servi ni les Sahraouis ni la cause de la paix et de la sécurité dans le Maghreb“, déplore M. Holley dans une contribution publiée sur le site de “www.moroccoonthemove.com“.

En utilisant le terme “occupation” pour qualifier le recouvrement par le Maroc de son intégrité territoriale, le secrétaire général semble “sérieusement déphasé par rapport aux tenants et aboutissants du dossier du Sahara” et, partant, porte un coup dur à la neutralité de l’ONU en tant qu'”élément essentiel pour remplir le rôle d’intermédiaire honnête et impartial en vue de faciliter les négociations entre les parties“, souligne-t-il.

Au lieu d’engager de franches discussions avec les dirigeants de l’Algérie et du polisario sur la nécessité d’un véritable compromis pour parvenir à une “solution politique mutuellement acceptable” et sur le nécessaire recensement des populations des camps, en recommandant le réalisme plutôt que la propagande, et en soulevant la question du détournement massif, bien documenté au demeurant, par l’Algérie et le polisario de l’aide humanitaire destinée à ces populations, la visite du secrétaire général de l’ONU a marqué un “échec épique”, déplore encore l’ancien diplomate américain.


M. Holley, qui avait visité les camps en tant que diplomate, a évoqué le caractère “désuet” de la voie référendaire, en tenant à rappeler que le Conseil de sécurité n’a fait aucune mention de cette option depuis 2003.
L’expert américain rappelle, à cet égard, que le Conseil de sécurité ne cesse d’appeler à une solution politique négociée, insistant que le responsable onusien devait œuvrer à déclencher une dynamique en faveur de cet objectif.
M. Ban devrait par ailleurs, poursuit M. Holley, lire les rapports du HCR, du Programme alimentaire mondial et de l’Office de lutte anti-fraude (OLAF) de l’Union européenne qui ont tous mis à nu le détournement par l’Algérie et le polisario de l’aide humanitaire destinée aux populations des camps.
Ce que l’ONU doit faire, souligne-t-il, c’est de mettre un terme à ce “vol” à une échelle industrielle plutôt que de convoquer une conférence de donateurs.